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GreenIT.fr veille sur les TIC durables

Rencontre avec le Corençais Frédéric Bordage, fondateur du site GreenIT.fr sur les technologies de l’information (TIC) durables.

Déchets électroniques, métaux lourds, production de gaz à effet de serre (GES)… Les technologies de l’information (TIC), sont en partie responsables de la crise écologique actuelle. Les chiffres (1) sont éloquents : les TIC représentent 2% des émissions de GES dans le monde. La fabrication d’une puce électronique de 2 grammes nécessite environ 2 kg de matières premières et 30 kg d’eau. Un français produit environ 14 kg par an de déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE) à titre personnel et 10 kg dans le cadre de son activité professionnelle… Et la liste est encore longue !

Mais si elles constituent un des problèmes, les TIC sont peut-être aussi une partie de la solution. C’est ce que soutient Frédéric Bordage, ancien développeur et journaliste, qui conseille depuis 4 ans des entreprises et institutions comme l’Ademe, Generali, Leroy Merlin, Total, la Commission européenne ou encore Inovallée dans le domaine des TIC durables. Pour accompagner son activité, il a créé en 2004 le site GreenIT.fr qui propose des articles (bonnes pratiques, réglementation, actualité…), un agenda, des formations, des offres d’emploi… Avec 250 000 visiteurs uniques par an et environ 40 contributeurs, le site est devenu le rendez-vous incontournable des professionnels du domaine. Rencontre.

Frédéric Bordage, le fondateur de GreenIT.fr

Qu’est-ce qui se cache derrière l’expression TIC durable ou Green IT ?

On regroupe les thèmes clés des TIC durables en deux grands domaines d’action : la réduction de l’empreinte écologique, sociale et économique des TIC (gestion des DEEE, efficience énergétique, éco-conception des équipements et des logiciels, empreinte carbone des systèmes d'information, etc.) et les logiciels au service du développement durable (achat responsable, pilotage de la stratégie développement durable de l’entreprise, suivi de la conformité réglementaire, réduction de l’empreinte carbone de l’entreprise, etc.).

Pourquoi avez-vous lancé un site sur cette thématique ?

En tant que journaliste, j’étais frustré de ne pas pouvoir écrire sur ces thématiques quand je travaillais pour Les Echos ou 01 Informatique avant 2004. A l’époque, les TIC durables n’étaient pas encore dans l’actualité. Suite à un accident de parapente, j’ai décidé de changer de vie et notamment de me réorienter professionnellement en me consacrant uniquement à cette thématique qui m’est chère, par conviction.

Votre blog a maintenant 8 ans. Quel est le secret de sa longévité ?

GreenIT.fr est un blog 100% bénévole, pour lequel je dépense du temps et de l’argent. Mais il est devenu un blog de référence sur le sujet parce que je l’ai ouvert aux autres professionnels du domaine (expert, consultants…) qui relisent les articles ou contribuent, notamment l’ingénieur en électronique et informatique Olivier Philippot. De plus, je veille à ce que les colonnes du blog soient exemptes de promotion et qu’on reste sur le fond de la problématique.

Comment répartissez-vous vos nombreuses activités ?

En tant qu’expert sur les TIC durables, je propose essentiellement du conseil à plusieurs niveaux. J’apporte mon expertise aux institutions comme l’Afnor (je suis membre du comité d’orientation stratégique), l’Ademe (j’adapte leur méthode bilan carbone aux systèmes d’information) ou encore la commission européenne (projet Prime Energy IT notamment). Du côté des collectivités et des grandes entreprises, je propose des audits et des plans d’action concernant les TIC durables.

En parallèle, je consacre, en moyenne, un jour et demi par semaine à la communauté. J’écris des livres, je donne des conférences et des formations ou je m’occupe du blog. J’ai également participé au lancement de l’Alliance Green IT en France, une instance représentative qui permet de garantir aux institutions et collectivités que les partenaires avec lesquels elles travaillent soient sérieux, et qu’elles ne se font pas avoir par du green-washing. L’Alliance propose notamment un programme de formation certifiante en France, Belgique et Suisse. A Grenoble, c’est la société Green IT Addict qui se charge de la délivrer pour l’instant.

>> Notes :

  1. Ces chiffres sont tirés du « Guide pour un système d'information éco-responsable » écrit par Frédéric Bordage et téléchargeable sur le site du WWF

>> Pour aller plus loin :

  • Le site EcoInfo du CNRS qui compte plusieurs ingénieurs grenoblois parmi ses rédacteurs
  • Le site Green Code Lab sur le développement logiciel durable : 

>> Illustrations : southgeist (Flickr, licence cc), GreenIT.fr

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