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Appel à communication - Colloque Impermanences
Résumé
Ce colloque international et interdisciplinaire qui se tiendra les 22 et 23 octobre 2026 invite chercheurs, artistes, praticiens et professionnels de l'espace à explorer la notion d'impermanence comme condition constitutive - et non plus exceptionnelle ou accidentelle - de tout espace habité, à toute échelle, du territoire à l'édifice. Prolongeant la dynamique du séminaire international « Rythmologies »1 (2021) qui s’appuie sur l’axe de recherche éponyme2, il propose de décentrer le regard porté sur le rythme pour interroger les mises en vis-à-vis entre pensée et action, contrôle et attente, prédictions et possibles.
La réflexion s’organisera autour de deux journées thématiques :
👉 Jour 1 - Saisir l'impermanence : notions, représentations, situations ;
👉 Jour 2 - Faire avec l'impermanence : lieux, pratiques, postures.
Retrouvez toutes les informations sur le site du colloque Impermanences.
1 MSH-Alpes, Laboratoire de Recherche en Architecture (LRA - ENSA Toulouse), Laboratoire de sociologie urbaine (LASUR EPFL), Laboratoire de Psychologie et NeuroCognition (LPNC - CNRS, UGA, USMB), AIGF , ENA Tétouan, réseau thématique Chronotopia.
2 Axe de recherche Rythmologies de la MSH-Alpes par Luc Gwiazdzinski et Christian Graff.
Argumentaire
En 2021, le collectif de chercheurs à l'origine du séminaire international « Rythmologies »
faisait un double pari : celui de l'interdisciplinarité et celui du rythme, entendu au sens de «
manière de fluer » (Benveniste, 1966), comme clé de lecture et d'écriture des mondes en
mouvement. Soixante communications et deux ouvrages plus tard, le pari est tenu : des
centaines de personnes de tous les continents ont assisté aux conférences et débats, plusieurs
thèses, recherches, réseaux et publications sont nés de ces croisements entre espace et temps.
Ce colloque invite à aller plus loin par la notion d'impermanence, qui décentre la focale des
rythmes pour interroger les mises en vis-à-vis entre pensée et action, entre contrôle et attente,
entre prédictions et possibles. Il s'agit de dépasser la métaphysique du stable qui prévaut
encore dans les disciplines de l'espace et du territoire, pour s'inscrire dans une approche du
mouvant et du fluctuant face à un monde imprévisible et incertain. L'impermanence est ici
entendue au sens de « caractère de ce qui ne dure pas », appartenant à toute chose. Le
colloque ne cherche pas à produire une énième définition de la notion, mais à explorer ses
conceptualisations et ses mobilisations dans des situations et des cultures disciplinaires
variées. Elle n'existe pas en opposition à la permanence : elle est une notion en soi,
indépendante, libre. Les disciplines de l'espace sont interpellées autour d’une proposition :
appréhender l'impermanence comme condition constitutive de tout espace habité, à toute
échelle - du territoire à l'édifice.
L’impermanence est posée comme paramètre premier de la pensée de l'espace, des conditions
d'habitabilité et des possibilités d'habiter. Elle n’est plus une exception, un accident, mais le
socle même de la réflexion. Ce changement de paradigme ouvre des horizons encore peu
explorés pour penser et agir autrement. L'impermanence permet de sortir d'une pensée duale,
en ouvrant aux possibles, voire en trouvant une forme paradoxale d'assurance dans le
changement - en écho au « paradoxe de l'enracinement » chez Simone Weil (1949). En
l'inscrivant dans les champs de la philosophie, de la sociologie, de l'art et de l'architecture, et
dans toutes les disciplines qui abordent l'espace, le colloque vise à repérer et documenter le
rôle de l'impermanence dans ce qui est et ce qui peut être. Dans un contexte de montée des
incertitudes, le colloque veut explorer l'impermanence comme valeur ajoutée pour
comprendre la complexité des territoires du XXIe siècle. Il interroge les figures et les
agencements éphémères, instables et temporaires, en rappelant que tout est en constante
évolution, changement et transformation - le sens même de la vie. Considérer l'impermanence, c'est apprendre, au cœur d'un présent épais, à bien vivre et à bien mourir ensemble - une nécessité éthique à la fois universelle et intime (Haraway, 2016). A l’image de Descartes qui « se forme une morale par provision » (Discours de la méthode, 1637), il s'agit aussi d'agir sans pouvoir suspendre l'action ad vitam aeternam, tout en sachant qu'un meilleur reste toujours possible.
Contributions attendues
Les contributions théoriques ou pratiques à l’appel à communications sont attendues autour des thématiques de sessions suivantes :
💡 Session 1 : Impermanences et incertitudes en expériences - situations et vécus
💡 Session 2 : Impermanences en puissance - récits et imaginaires
💡 Session 3 : Accueillir l'impermanence ? Quelles postures pour la fabrique urbaine et
architecturale ?
💡 Session 4 : Impermanences, expérimentations et improvisations
💡 Session 5 : Fragilités, liens et proximité (Être près)
💡 Session 6 : Incertitudes, urgences et confiance (Être prêt).
Toute contribution autre sera examinée.
Consignes pour la soumission des propositions
Les propositions de communication sont à envoyer à l’adresse impermanences-colloque@sciencesconf.org en précisant la session visée et les informations suivantes :
✒️ Les noms et affiliations des auteurs et co-auteurs (nom, prénom, statut, institution) ;
✒️ Une notice biographique de 50 mots par auteur ;
✒️ Un résumé de 300 mots précisant la problématique, l'approche (cadre conceptuel et méthodologique envisagé) et, le cas échéant, les premiers résultats ou pistes de réflexion
Chaque proposition sera évaluée par le comité scientifique du colloque.
Date limite de soumission : 3 septembre 2026
Réponse aux auteurs : 10 septembre 2026
Dates du colloque : 22 et 23 octobre 2026
Retrouvez l'appel à communication complet sur le site du colloque Impermanences ou dans l'appel à communication joint à cette page.
Comité scientifique
Aysegül Cankat (AE&CC, ENSAG), Clara Caroff (AE&CC, ENSAG), Thibault Cassagne (LRA, ENSAT), Luc Gwiazdzinski (LRA, ENSAT)
Bibliographie
Amphoux P. (2022), « Vers un urbanisme de l’incertitude ». Raison présente, (222), 49-58.
Bachelard G. (2007), L'air et les songes : essai sur l'imagination du mouvement, Paris, Corti.
Bachoux J.L. (2009), Journal de mon jardin zen, Paris, Desclée de Brouwer.
Barel Y. (1979), Le paradoxe et le système, Grenoble, PUG.
Benveniste É. (1966), Problèmes de linguistique générale, Paris, Gallimard.
Berdoulay V., Soubeyran O. (2020), L'aménagement face à la menace climatique. Le défi de l'adaptation, Grenoble, UGA.
Callon M., Lascoumes P., Barthe Y. (2001), Agir dans un monde incertain. Essai sur la démocratie technique, Paris, Seuil.
Cankat, A. (2016), « Du tout à l’ensemble, une pensée en système pour le projet », in Ville, Territoire, Paysage, Saint Etienne, Publications de l’université, p. 248-255.
Cheng F. (2009), Le livre du vide médian, Paris, Albin Michel.
Coccia E. (2020), Métamorphoses, Paris, Payot & Rivages.
Dufourmantelle A. (2014), Éloge du risque, Paris, Payot & Rivages.
Graff C., Gwiazdzinski L. (dir.) (2024), Flux et rythmes à l'épreuve des territoires, Paris, Rhuthmos.
Haraway D. J. (2020), Vivre avec le trouble, Vaulx-en-Velin, Les éditions des mondes à faire.
Michon P. (2013), Rythme, rythmanalyse, rythmologie, Paris, Rhuthmos.
Queysanne B. (2022), Sur la projettation, Paris, Caryatide.
Reghezza-Zil M., Rufat S. (2015), Résiliences : sociétés et territoires face à l'incertitude, aux risques et aux catastrophes, Londres, ISTE Editions.
Sauvanet P., Wunenburger J.-J. (dir.) (1996), Rythmes et philosophie, Paris, Kimé.
Schnapp A., 2015, Ruines. Essai de perspective comparée, Dijon, Les presses du réel.
Segapeli S. (2014), « Pour une théorie des impermanences », Le Philotope, n°10, p.7.
Soubeyran O. (2015), Pensée aménagiste et improvisation. L'improvisation en jazz et l'écologisation de la pensée aménagiste, Paris, Éditions des archives contemporaines.
Thépot, P. et al. (2015), Feedback, Gangemi.
Weil S. (1949), L’enracinement, Paris, Gallimard.
Younès C. (2014), « L'événement existentiel. Pour une théorie des impermanences », Le Philotope, n°10, p.17.
Lieux
Maison des Sciences Humaines (MSH Alpes), 1221 Rue des universités, 387610 Gières (Domaine Universitaire)
Maison de la Création et de l’Innovation (MACI), 339 Avenue Centrale, 38400 Saint-Martin-d’Hères (Domaine universitaire)
Partenaires
Maison des Sciences Humaines Alpes, Labex Architectures, AE&CC, ENSA Grenoble, Maison de la Création et de l'Innovation, LRA, ENSA Toulouse
