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Le corps « technologisé »

Le séminaire « Sensori-motricité, intersensorialité et réalité virtuelle », organisé le 26 janvier 2018 à l’Université Grenoble Alpes, se propose d’étudier comment la technologie modifie la perception du monde jusqu’à constituer des imaginaires spécifiques.  

Du Paléolithique au transhumanisme

Les premiers outils en pierre remonteraient au Paléolithique. La découverte du feu et son contrôle représentent un tournant dans l’évolution du genre humain. Depuis l’homme n’a cessé d’inventer des techniques, de les modifier, de les développer, pour améliorer son existence. Aujourd’hui on utilise le terme « technologie » pour désigner notamment « la technique moderne et complexe » (dictionnaire Larousse).  

Depuis plusieurs années, les chercheurs réfléchissent sur le rapport entre corps et technologie. Et si l’outil n’était plus un prolongement du corps mais en devenait un constituant ? Des courants de pensées – le transhumanisme, le post-humanisme – envisagent l’augmentation de l’humain par les sciences et la technologie. Avec pour but d’accroître ses capacités physiques, psychiques et intellectuelles. Et d’agir sur la maladie, le vieillissement, la mort. On parlerait alors de post-humain. Ces perspectives suscitent des controverses dans l’univers médiatique et le milieu universitaire, cristallisées principalement sur les problématiques et les dangers de telles ambitions.  

Corps et prothèses

Mais il existe une autre dimension moins étudiée de la recherche sur cette possible hybridation corps/technologie : les technologies à visée thérapeutique, utilisées pour assister le corps. Telles que les prothèses, fauteuils électriques, assistances informatiques et robotiques, implants ou avatars. Et c'est justement l’objet d’étude de ce séminaire « Sensori-motricité, intersensorialité et réalité virtuelle », proposé par Marie-Agnès Cathiard et Patrick Pajon, deux enseignants-chercheurs de l’Unité Mixte de Recherche Litt&Arts / Université Grenoble Alpes. Comment envisager les perceptions et la motricité d'un corps "désintégré", puis "réparé" par une greffe ou le port d'une prothèse ?

Ce séminaire compose – avec trois autres séances de séminaires et un colloque programmés dans plusieurs villes de France entre décembre et juin – le cycle « Corps et prothèses : vécus, usages, contextes », initié par plusieurs institutions. Un cycle qui propose d’aborder la réalité du terrain : en termes de vécus, ressentis, témoignages, expériences singulières des usagers, des soignants, des ingénieurs et des chercheurs. Tout en la croisant avec une réflexion théorique sur les enjeux et les dérives de ce « bricolage » du corps humain. Car il n’est pas question d’en écarter le caractère dangereux et le questionnement éthique. L’objectif de ce cycle est de mieux connaître et comprendre cette expérience du corps hybride à travers différentes disciplines (sociologie, anthropologie, philosophie, médecine…) et différents angles d’attaque (les usages, les frontières, les représentations…).  

Cette journée organisée à Grenoble sera une occasion de rencontres et d’échanges avec les acteurs de terrain – universitaires, ingénieurs, praticiens. Elle est ouverte à tous. Si cette thématique de l’humain augmenté vous intéresse, venez y réfléchir avec nous !

>> Lieu : Grande salle des colloques, Bâtiment Stendhal (Bât. G, 4e ét.), Domaine universitaire de Saint-Martin-d'Hères

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jan. 26 2018