Comment "faire métropole" ?

Publié par Jean-Pierre Charre, le 26 juillet 2017   2.1k

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Depuis la création, en 1966, par 21 communes, du Syndicat Intercommunal d'Études des Problèmes d'Urbanisme de la Région Grenobloise (SIEPURG), la coopération entre les collectivités de l’unité urbaine grenobloise a évolué. Elle a récemment connu une extension spatiale et une modification statutaire considérables. En 2014, la communauté d’agglomération est passée de 28 à 49 communes et 450 000 habitants ; en 2015, elle a accédé à la qualité de métropole et vécu les transferts de compétences afférents.

Cela pose la question de son identité, support de la solidarité. Or, la métropole grenobloise est traversée par une double transition :

  • de l’urbain au rural,
  • de la plaine à la montagne.

De la ville à la campagne

Le passage de la ville à la campagne est inévitable, une métropole s’organisant habituellement autour d’une ville-centre. Un transect urbain le résume.

Il illustre, en profil et en plan, la différenciation des paysages, depuis le cœur de ville (hauts immeubles encadrant une rue plantée d’une seule rangée d’arbres), jusqu’à la zone naturelle (prairies, forêts, eaux courantes), en descendant les degrés d’urbanité et montant les degrés de ruralité, qui définissent le péricentral, le suburbain, le rurbain, le rural.

La distanciation progressive par rapport au centre et la différenciation globalement concentrique des zones, s’accompagnent de modifications des fonctions, des sociétés, des façons de vivre, qui interrogent la capacité du citadin et du campagnard à se sentir solidaires.

De la plaine à la montagne

Le passage de la plaine à la montagne est plus original. A cette organisation concentrique des paysages construits, la montagne ajoute un étagement en altitude marqué par la décroissance globale de la présence humaine.

Une main enfantine a illustré cet étagement vertical : collinéen (dans la vallée, polyculture, village, élevage en enclos), montagnard (à mi pente, forêts de feuillus), subalpin (forêts de conifères), alpin (alpages et chalet), nival (en haute montagne, rochers et neiges persistantes).

Cette montée en altitude correspond à un déplacement en latitude qui va de la végétation subméditerranéenne de pentes bien exposées à la toundra alpine des sommets et place la métropole grenobloise entre les rives de la Méditerranée et les abords du cercle arctique.

Comment, dans cette double fragmentation de la métropole, créer des liens porteurs d’unité ? Par la découverte réciproque des différences et des richesses. Par la création d’un événement rassemblant zones et étages.

Déjà, en 2011, un groupe de travail culture conduit par la Métro avait envisagé la création d’un événementiel d’agglomération. Il serait bon, aujourd’hui, de s’y atteler.

>> Illustration : photo de Une par L7photo (Flickr, licence cc)