L’influence de Grenoble-Alpes Métropole sur la culture scientifique, technique et industrielle - Rencontre avec Cyril Isabello et Julie Falcot

Publié par Marylou Benoit, le 7 janvier 2021   510

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La région grenobloise est reconnue pour ses montagnes ou encore ses laboratoires scientifiques innovants, mais elle est également active sur la scène de la Culture Scientifique et Technique. Rencontre avec Cyril Isabello, directeur enseignement supérieur, recherche et innovation et Julie Falcot, chef de projet et diffusion de la CSTI à Grenoble-Alpes Métropole.

Grenoble-Alpes Métropole, aussi appelée La Métro, est une collectivité de 49 communes qui participe à fédérer les acteurs de l’économie de l’agglomération. Elle a fait le choix politique d’intervenir dans la filière de la Culture Scientifique, Technique et Industrielle (CSTI).

Depuis sa création en 2015, La Métro a défini trois grands objectifs concernant la CSTI :

  1. L’accès et le partage des connaissances.
  2. Le développement de la participation des citoyens.
  3. L’expérimentation de nouvelles formes de dialogues et de médiations entre science et société.

Le but de La Métro est de donner des clefs de compréhension aux citoyens. Pour Julie Falcot, chef de projet CSTI à la Métro, l’action de cette dernière est « d’outiller chaque citoyen pour qu’il devienne un acteur curieux, critique et responsable du monde dans lequel il évolue » et participer ainsi à « l’empowerment »  du citoyen.

Un environnement favorisant la Communication Scientifique et Technique (CST)

Grenoble a la particularité d’avoir su garder une présence industrielle très liée aux innovations des laboratoires de recherche. « On est vraiment sur un modèle productif et technopolitain au sens économique » souligne Cyril Isabello, directeur de la Direction de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation de la Métropole. Cette spécificité, selon lui, amène à une action constante et importante de la Métro sur les universités et les figures économiques dites industrielles et technologiques.

Dans ce milieu exceptionnel, les missions de CSTI de la Métropole valorisent la recherche et soutiennent les pôles de diffusion de la connaissance scientifique pour que les citoyens cultivent leur curiosité et leur esprit critique. Ainsi, la Métropole collabore avec des associations comme La Casemate et Aconit, mais aussi avec d’autres associations plus petites qui réalisent différents projets, comme le concours autour de la robotique organisé par Planet Sciences ou les Rencontres Montagnes et Sciences. Le développement se fait également au sein de quartiers défavorisés à travers la création d’un mini fablab à Villeneuve ou même du projet Open Science Hub qui aide les écoles à identifier les besoins locaux spécifiques. 

Toutes ces actions vont être boostées par la création d’un Établissement Public de Coopération Culturelle (EPCC).

La création d’une nouvelle coopération...

L’un des projets de CSTI à Grenoble est de créer un EPCC qui verra le jour en janvier 2021. À son origine, on peut retrouver 5 membres fondateurs : la Région AuRA, le département de l’Isère, Grenoble Alpes Métropole, l’Université Grenoble Alpes et l’Académie de Région.

...menant à des avantages et opportunités.

Comme l’explique Julie Falcot « c’est un outil structurant pour le territoire, un outil partenarial entre les acteurs publics mais ouvert également aux acteurs privés via un fonds de dotation. L’idée c’est que tous les acteurs puissent se regrouper ».  En effet, la structure est soumise aux financements publics et les acteurs s’engagent sur le long terme par des contributions (financières ou en valorisation de compétences) et non des subventions, qui peuvent être remises en question chaque année.

La gouvernance partagée permet de proposer une offre globale et cohérente, une programmation variée, un coût maîtrisé et une capacité d’agir au-delà de la Métropole. Ainsi, les membres fondateurs signent la charte de coopération illustrant les enjeux partagés en termes de CST mais pas que ! Toutes les communes aux alentours peuvent également s'impliquer.

Les membres signataires se retrouveront donc chaque année pour discuter des enjeux du projet de l’EPCC. Un comité d’orientation a été imaginé pour faire office d’instance de dialogue entre tous les partenaires. Il y aura une autre instance consultative qui sera un conseil scientifique animé principalement par des chercheurs de l’Université Grenoble Alpes. Leur but sera de faire de la veille sur les grands enjeux de la science et de proposer des actions et orientations. 

La création de cette structure est une reconnaissance du travail mené par l'association La Casemate, en s'appuyant sur ses compétences. Plutôt que de recréer une nouvelle association, l’EPCC  permettra de gérer les activités de La Casemate et de préfigurer le futur Centre de sciences à Pont-de-Claix.

La création d’un nouveau Centre de Culture Scientifique Technique et Industriel 

Après l’ouverture du deuxième Centre de Culture Scientifique, Technique et Industriel (CCSTI) français en 1979, la métropole grenobloise s’apprête à recevoir un nouveau lieu de partage de la connaissance scientifique à destination du grand public.

Il ouvrira ses portes fin 2022 à Pont-de-Claix. Il sera construit en lieu et place d’une ancienne minoterie fabriquant de la farine pour la biscuiterie Brun : le site Des Grands Moulins de Villancourt. 

« Décentrer ce nouveau lieu est un choix politique fort ». Le but est d’attirer un public différent de celui qui a déjà accès à une large offre culturelle dans le centre de la ville de Grenoble. « L’enjeu principal du centre [...] est de toucher un public n’ayant pas facilement accès aux sciences » Ce centre de sciences a été « imaginé par des scientifiques grenoblois et veut conserver un lien très fort avec les scientifiques afin de présenter les dernières recherches au public. » explique Julie Falcot.

Les thématiques centrales de ce nouveau centre seront les Sciences de la Terre, de l’Univers et de l’Environnement.

Dans ce centre culturel et scientifique, les visiteurs pourront vivre une expérience de visite en 4 temps : 

  • Un planétarium de 80 places permettra de plonger dans l’univers infini, dans l’espace et le temps à la découverte du cosmos.

  • Une salle immersive interactive de 60 places équipée d’images à 360° de très haute définition initiera la découverte de lieux et de phénomènes inaccessibles.

  • Ce lieu offrira également un grand espace d’exposition. Les visiteurs pourront déambuler dans un parcours scénographique interactif, rythmé de jeux leur permettant de réaliser des expériences scientifiques.

  • Le toit sera équipé d’une terrasse belvédère permettant d’admirer le paysage urbain et alpin à plus de 25 m du sol.

Ce centre de sciences prévoit de recevoir environ 60.000 visiteurs par an avec environ 20.000 scolaires.

En ferez-vous partie ?


Credit photo : Prakhar Amba

Article rédigé par : Clara Perissat, Mathilde Verrot, Panagiotis Tsimboukis et Marylou Benoit