La Guerre des Mondes : De l'envahisseur martien à l'envahisseur microscopique
Publié par Zineb Ghranguia, le 31 mars 2026
Vous avez lu La Guerre des Mondes ? Il n’est jamais trop tard pour vous y mettre cependant aujourd'hui vous êtes prévenus, c’est de sa fin dont on va parler.
Imaginez vivre chez nos homologues de l’autre cote de la Manche dans la fin 19ème siècle et lorsque vous pensez que ça ne pourrait pas être pire, imaginez être totalement impuissants face à une invasion de nature extraterrestre. C’est, dans les grandes lignes, le résumé de La Guerre des Mondes d’H.G. Wells. Tout au long du récit, les martiens envahisseurs se voient restreints et dans l’obligation de s’adapter à ce tout nouvel environnement. La gravité terrestre par exemple, plus dense que sur Mars, les fait se sentir bien plus lourds comme fixé au sol. Les obligeants ainsi à créer ces emblématiques machines à trois “jambes” avec lesquels ils vont se mouvoir et semer la terreur.
Cependant la guerre qui nous intéresse ici n’est pas celle que vous pensez. Elle a débuté avant le premier tir de laser. En effet, jusqu’à la fin du récit, eux-mêmes ne le savent pas mais les martiens meurent en silence, petit à petit par ce que l’auteur nommes les “germes et bactéries” issue de la nourriture terrestre ingérée et la décomposition des cadavres.
Mourir d’une toux pour des êtres décrit comme nous surpassant en tout point semble un peu tiré par les cheveux ? En immunologie on parle d’un déficit immunitaire. Ici il est dû à une mémoire immunitaire naïve face à de tout nouveaux corps étrangers pathogènes extérieurs.
Mais avant de vous perdre, mettons-nous d’accord sur ce qu’est le système immunitaire. Nous parlons d’un ensemble de mécanismes de défense d’un organisme vivant. Il en existe deux types : Le système inné et le système acquis ou adaptatif, c’est ce manquement du deuxième système qui va être déterminant chez nos martiens.
Source : schéma issue du Ministère de la Santé et des Services Sociaux (MSSS)
Puisque, voyez-vous, la principale caractéristique du système adaptatif est qu’il est dit “spécialisé”. Les lymphocytes B produisent des anticorps capables de neutraliser les agents pathogènes tandis que les lymphocytes T, eux même divisés en sous-groupe vont plutôt avoir la charge de coordonner et détruire les cellules infectées. Par exposition face à l’agent pathogène extérieur, certains sont activés afin de reconnaitre des antigènes spécifiques. Ces mêmes antigènes sont des fragments constituants un part de l’identité d’un virus et chaque lymphocyte B s’active pour un antigène particulier sur qui il va se focaliser. Cependant façonner une immunité peut prendre plusieurs jours pour un être humain, on peut donc imaginer la réaction de leur système immunitaire face à une multitude de micro-organismes totalement inconnus de leur système immunitaire. Dépourvus de mémoire immunitaire adaptée à ces agents, et probablement dépassés par la rapidité de l’infection, leur organisme n’a tout simplement pas eu le temps de développer une réponse efficace.
Donc la prochaine fois que vous croiserai un extraterrestre, essayez de lui tousser dessus.
Article rédigé par : Zineb Ghranguia
"Article rédigé pour le cours « Partager les sciences par la fiction », dans le cadre de la première année du Master CCST de l’Université Grenoble Alpes. Enseignante : Marion Sabourdy"
Couverture : (Illustration pour la publication française de La Guerre Des Mondes par Henrique Alvim Corrêa - 1906)
