Une formation sur l’Anthropocène et les limites planétaires pour les enseignants de collège

Publié par Maison pour la science en Alpes-Dauphiné, le 18 juin 2026   140

La crise écologique actuelle ne se limite pas au seul réchauffement climatique : elle touche de nombreux systèmes essentiels comme le cycle de l’eau ou la biodiversité. Le cadre des Limites planétaires, défini par l’école de Stockholm, identifie neuf seuils majeurs dont le dépassement peut entraîner des transformations irréversibles de la biosphère. Ces limites sont interdépendantes : le dérèglement climatique, par exemple, impacte directement les écosystèmes et les ressources en eau. Dans ce contexte, une formation destinée aux enseignants de collège a proposé d’aborder ces enjeux dans une approche globale du système Terre, en croisant dimensions scientifiques, socio-économiques et culturelles.

En amont des deux journées de formation, les stagiaires ont été invités à se préparer par le visionnage de trois vidéos issues du module « L’espace des problèmes : quelles pistes pour un monde soutenable ? », proposé par le Learning Institute Planet. Ce travail préparatoire a permis d’harmoniser les connaissances et d’engager une première réflexion sur la complexité des enjeux abordés.

Comprendre l’Anthropocène et les enjeux globaux

La formation a débuté par une mise en perspective des concepts clés, notamment celui d’Anthropocène, qui désigne une période où les activités humaines influencent profondément les équilibres de la planète. Cette approche systémique permet de mieux comprendre les interactions entre les différentes composantes du système Terre et les sociétés humaines.

Des ateliers de clarification ancrés dans les enjeux sociétaux

La première journée a été consacrée à des ateliers de clarification, permettant d’élargir la réflexion au-delà des seules dimensions environnementales.

Plusieurs thématiques ont été explorées :

  • Les inégalités sociales et la vulnérabilité des sociétés face aux crises environnementales, avec une réflexion sur l’accentuation des inégalités ;
  • La Théorie du Donut, qui propose de concilier justice sociale et respect des limites planétaires ;
  • Les changements de comportements individuels et collectifs nécessaires pour répondre aux défis écologiques ;
  • Les interactions entre système Terre et système économique, notamment à travers la question de l’efficacité énergétique.

Ces ateliers ont permis aux enseignants de mieux appréhender la complexité des enjeux en croisant approches scientifiques, économiques et sociales.

L’atelier du meilleur : imaginer et ancrer localement



Le temps intitulé « atelier du meilleur » a pris une forme originale autour de l’écriture d’une utopie. Les enseignants ont été invités à imaginer des sociétés futures respectant les limites environnementales tout en garantissant le bien-être des populations.

Un accent particulier a été mis sur les dimensions locales, afin de rendre ces projections concrètes et proches des réalités des élèves. Cette démarche créative a permis de mobiliser à la fois les connaissances scientifiques et les compétences d’argumentation, tout en favorisant une réflexion positive et prospective sur les transitions possibles.

Conclusion

Cette formation sur l’Anthropocène et les limites planétaires illustre l’intérêt de croiser apports scientifiques, réflexion sociétale et pratiques pédagogiques innovantes. Elle permet aux enseignants de mieux comprendre les interactions complexes du système Terre et de transmettre aux élèves des clés de lecture essentielles pour appréhender les défis écologiques contemporains.

Des enseignants engagés et enthousiastes

La participation active de l’ensemble des enseignants a montré une belle adhésion au format de cette formation. De nombreux projets interdisciplinaires semblent être nés des discussions.

" J’ai apprécié pouvoir échanger entre pairs et avoir de nombreux apports en connaissances."

« Grande culture des intervenants, passionnés et passionnants, complémentaires.