Deux jours créatifs pour imaginer un jeu sur la cristallographie

Publié par Elodie Decarsin, le 23 juin 2014   2.1k

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Elodie Decarsin, chargée de projets multimédia à Science Animation (Toulouse) nous raconte sa participation à un atelier organisé par La Casemate dans le cadre du projet Inmédiats.

Arrivée le lundi soir, je suis en pleine forme pour deux jours de workshop à la Casemate de Grenoble afin d’imaginer un jeu autour de la cristallographie, sous forme d’application mobile.

Jour 1 : imaginer un scénario

Normalement ça devait commencer à 13h, mais comme le chat noir n’est jamais vraiment très loin, nos collègues de Bordeaux arrivent une heure plus tard, leur avion ayant percuté, je vous le donne en mille, un oiseau ! Donc finalement, on commence à 14h tapante, pour une après midi riche et intense.

Jeanne (de l’agence Katsi), notre animatrice durant ces deux jours, nous propose d’abord différents « brise-glace » pour détendre le groupe. On dit des mots, on rebondit sans réfléchir, on se jette la balle pour passer au suivant. Une bonne approche, ludique, rapide et sympa, surtout quand vos collègues courent après la petite balle en mousse. ^_^

Ensuite, elle nous propose de commencer à imaginer la fameuse appli, en partant d’un personnage fictif : Max. Max, il a 16, habite dans le quartier Saint Bruno de Grenoble, il est élève en 1ère scientifique au lycée Stendhal. C’est un élève plutôt moyen, mais aussi un geek qui aime jouer aux jeux de plateforme en ligne et il fait de l’escalade. Il a une sœur, Lisa, 22 ans, étudiante en médecine. Son père, lui, est chercheur au CEA et il a aussi des ruches. Sa mère quant à elle, est sage-femme et elle fait du yoga. Bon, je vous passe tous les détails, car Max, même si c’est un personnage fictif, a une vie bien remplie !

Afin de centrer notre imagination autour de Max, Jeanne (je reprécise que Jeanne, elle, est bien réelle, c’est notre animatrice !) nous propose de travailler autour de ce qu’elle appelle « la carte de l’empathie ». Cette carte, pour résumer, nous incite à nous mettre dans la peau de Max en nous demandant ce qu’il pense, ce qu’il voit, ce qu’il dit et ce qu’il entend. Et nous, au workshop, il faut que l’on imagine tout ça, mais de façon bien réelle. Pas facile de se mettre dans la peau d’un ado quand la moyenne d’âge est de… non on ne le dira pas.

Puis on se pose deux questions en rapport avec l’appli : “Qu’est ce qui serait affreux ?” et “Qu’est ce qui serait bien ?”. Un genre de scénario catastrophe en quelque sorte. Un bon moyen pour évacuer toutes les questions vraiment importantes quand on créé quelque chose. Là, forcément, les propositions, les mots, coulent à flots. Mais aussi parfois des visages décontenancés, car la peur de faire un truc qui marche pas resurgit et nous arrive en pleine figure.

Et de tout ça, de tous ces mots, ces peurs, ces envies, en découle une question. LA question à laquelle nous devrons penser tout au long du workshop : “Quel jeu SIMPLE, NERVEUX et ADDICTIF ferait que Max s’inscrive à la prochaine conférence de cristallographie ?”. Ambitieux me direz-vous ! Effectivement ça l’est, mais mieux vaut l’être un peu trop que pas assez.

Après ce moment, Jeanne nous fait imaginer, par groupe de 2-3 personnes, différents scénarios. L’idée : sur une feuille, on note le héros, le méchant, l’intrigue, les défis, les rebondissements, l’univers graphique, les interactions, les technos utilisées…. pour, en 10 minutes et pas une de plus, créer un jeu qui tienne la route, tout en gardant en tête, la fameuse question ressortie un peu plus tôt dans l’après midi.

Autant vous dire qu’avec toutes les personnalités, les sensibilités, les âges, les domaines de compétences… les idées fusent à plein régime, les cerveaux bouillonnent, l’encre coule à flot. On se dépêche, Jeanne nous rappelle le temps qui passe, et qui passe vite, on n’a pas le temps de tout penser, forcément. Mais ce n’est pas grave, l’équipe d’à côté prendra la main sur notre début de scénario, pour le compléter, l’enrichir et l’améliorer.

Les 10 min se sont écoulées et là c’est la frustration, parce que c’est le moment où tu rends ta copie, et que tu te dis “mince j’aurai dû noter ça, et puis ça aussi, ah et j’ai pas parlé de ça…”, bref t’es super frustré, et t’as même pas le temps d’évacuer tout ça, car dans la seconde qui suit, tu dois t’imprégner du scénario qui a été créé par l’équipe d’à côté pour l’améliorer. Ça ne devrait pas s’appeler un workshop, mais plutôt le marathon de l’idée ! Du coup, c’est reparti pour 10 minutes super intenses, où tu réfléchis, parfois tu négocies aussi un peu avec tes collègues, parfois tu ne comprends pas ce que l’on veut te dire, du coup, les 10 minutes passent encore plus vite.

A la fin, chaque groupe présente le dernier scénario sur lequel il a travaillé, il présente donc quelque chose qui n’est pas son idée de départ ! Je vous laisse deviner les idées ressorties ! Une histoire de mafia, du Tetris et du Candy crush, une intrigue policière façon “Les Experts, Miami”, des Zombies (oui oui oui !) et le plus “inattendu” de tous, E.T qui pointe le bout de son doigt !!! On s’écoute, on rebondit, et on vote pour les deux meilleurs scénarios. Forcément E.T reste sur notre planète !

La journée se termine, l’atelier aussi, mais les cerveaux ne sont pas encore sur OFF. Un petit apéro, un dîner entre collègues, et forcément, on ne peut pas s’empêcher d’imaginer le meilleur scénario, de se dire “Ça serait trop bien si on pouvait faire ça !", on refait un peu le monde aussi, et puis dodo !

Jour 2 : creuser les idées

Mercredi matin, un levé serein et détendu, il fait beau, le frais de la montagne réveille le cerveau, je suis en condition pour cette nouvelle matinée !

On commence par ce que Jeanne appelle “une purge”. Peut être pas très vendeur comme ça, mais c’est plutôt efficace. Cela ressemble un peu au brainstorming, mais avec des pistes plus définies : Petits jeux, Lien avec la Fête de la science, Partenaires, Concept de jeu / Scénario, Design graphique / Univers du jeu, Communication, Cristallographie (et oui faudrait pas oublier le contenu scientifique quand même !), les Lots à gagner et les Moyens de conception.

On passe de piste en piste (pas des pistes de ski hein, faut suivre un peu !), et chacun d’entre nous donne ses idées, rebondit sur ce qui a été dit précédemment et à la fin ça donne quelque chose d’assez fourni ! Autour des scénarios qui ont été imaginés la veille, Jeanne utilise la méthode des 6 chapeaux, pour faire évoluer le tout, en nous faisant faire des croisements avec ce qui est apparu lors de la “La purge”. La matinée se termine, les idées se précisent, on fait le bilan : il y a beaucoup, beaucoup, d’idées. Va falloir faire un peu de tri, mais au final, ce workshop il a été plutôt productif !

On déjeune, on échange sur ces deux jours, petit à petit la Casemate se désemplit. Oups, il est déjà 14h, faut que j’aille prendre mon train.

>> Source : article original publié sur le Tumblr "Bruits de couloirs" qui présente les coulisses de Science Animation

>> Crédits : Xavi Talleda, Marion Sabourdy (voir l'album)