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L’Institut des neurosciences de Grenoble : "de la molécule au lit du patient"

Publié par Marion Sabourdy, le 14 janvier 2013   4.8k

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Créé en 2007 près de l’hôpital Michallon, le Grenoble Institut des Neurosciences accueille des équipes pluridisciplinaires dont les travaux portent sur des pathologies variées du cerveau.

Le 14 février dernier a eu lieu la Journée européenne de l’épilepsie (voir notre article). L’occasion de découvrir le Grenoble Institut des Neurosciences, ou GIN, bâtiment gris et orange de 4500 m² situé juste à côté de l’Hôpital Michallon. Antoine Depaulis, responsable de l’équipe « Dynamique des réseaux synchrones épileptiques » et chargé de la communication auprès des publics, nous présente cet institut créé en 2007. « Le projet fédère 250 personnes, réparties dans 13 équipes pluridisciplinaires, depuis les chercheurs INSERM, CNRS et CEA aux médecins en passant par les ingénieurs. Pour simplifier, chaque équipe travaille sur une pathologie différente, liée au cerveau ».

Rencontré quelques jours plus tard, le professeur Claude Feuerstein, directeur du GIN et ancien président de l’Université Joseph Fourier, liste ces différentes équipes et les thèmes qui leurs sont associés : « les équipes 1 à 4 abordent la biologie fondamentale, comme le cytosquelette, la neurodégénerescence du neurone ou les pathologies des muscles. Les 5 et 6 sont des équipes d’imagerie tandis que de la 7 à la 10, on se situe plutôt dans le versant biologique et clinique : nanomédecine, stress, épilepsies et mouvements ». Les équipes 11, 12 et 13 sont les plus récentes et s’intéressent à la stimulation cérébrale profonde, à la maladie d’Alzheimer et à des questions de biologie moléculaire.

Le site de l'Hôpital Michallon

Selon Antoine Depaulis, la force du GIN réside dans sa proximité avec l’hôpital et le fait de faire travailler ensemble des « scientifiques » (chercheurs et ingénieurs) avec des médecins cliniciens. Cette spécificité a même fait du GIN un pionnier dans ce domaine, bien avant son homologue parisien l’Institut du Cerveau et de la Moelle épinière. « En mutualisant tous nos travaux, on peut dire qu’on travaille depuis la molécule jusqu’au lit du patient » synthétise le directeur de recherche. Autre atout, l’environnement scientifique grenoblois et la participation d’équipes de mathématiciens et de physiciens « qui nous aident à faire émerger des détails pas toujours évident pour les biologistes ».

A vrai dire, le bâtiment lui-même a été pensé pour privilégier la rencontre entre personnels d’horizons variés. « Sa conception est venue rompre les contours des anciens laboratoires, explique Claude Feuerstein, le GIN n’est pas une simple fédération mais un vrai système intégré ». Ainsi, chaque étage regroupe des équipements utilisés par plusieurs unités différentes. « La microscopie RMN, avec ses énormes aimants, se trouve au rez-de-chaussée, juste en face de son homologue pour les humains, de l’autre côté de la rue. Quant à la microscopie électronique, elle se situe au troisième étage, dans un plateau technique dédié ». Les concepteurs ont même poussé l’idée jusqu’à séparer les bureaux des chercheurs des lieux où ils exercent leur activité, « la paillasse » pour les intimes. « Ils doivent parcourir une petite distance entre les deux, ce qui augmente la probabilité de rencontre. De leurs discussions naîtront sans doute de nouvelles idées, parfois insolites. C’est l’esprit fondateur du GIN ».

L'entrée du GIN

Tous les cinq ans, les équipes et les projets sont en partie renouvelés : « les locaux sont assez flexibles pour accueillir de nouveaux projets et garantir une dynamique permanente ». Des collaborations sont développées avec CLINATEC, l’ESRF ou même d’autres villes voisines comme Lyon, Saint-Etienne et Clermont-Ferrand dans le cadre de la Fondation Neurodis. En parallèle, des formations de master et de doctorat ont été mises en place.

On est bien loin des débuts de la carrière de Claude Feuerstein : « lorsque j’étais étudiant, il n’y avait pas de recherche en neurosciences à Grenoble. Je faisais des expérimentations à Lyon et les transportais ici en voiture, sourit-il, une première approche presque clandestine comparée à aujourd’hui ».

Illustrations : Jean-Marc Blache (tous droits réservés), Vladimir I U L, Fuzzyraptor (Flickr, licence CC)