Les dangers de la pollution intérieure - par Océane Bartholomée

Publié par Mathilde Chasseriaud, le 11 mars 2018   2.5k

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- Chronique rédigée et présentée par Océane Bartholomée pour le MagDSciences -

>> Chronique ré-éditée pour Echosciences par Mathilde Chasseriaud <<


Le bassin grenoblois est régulièrement touché par des épisodes de pic de pollution, à l’origine de mesures de limitation de vitesse sur les voies rapides mais aussi d’interdiction de circuler pour certains véhicules.

Des mesures efficaces et suffisantes ?

La pollution atmosphérique provient essentiellement de composés organiques volatiles (COV). Il s’agit de molécules formées par des atomes de carbone, d’hydrogène, d’oxygène, de chlore et de soufre. Les COV peuvent être d’origine naturelle et humaine. De par leur caractère volatile, sont capables de se propager dans l’atmosphère plus ou moins loin de leur source d’émission.

Nous sommes tous persuadés et convaincus que la pollution qui affecte l’atmosphère de nos villes et de nos campagnes est essentiellement causée par les COV et par les particules fines rejetées par les voitures fonctionnant à l’essence et au diesel. Mais il est bien possible que ce constat appartienne au passé. En effet, la solution logique jusqu’ici semblait être de diminuer l’utilisation des véhicules motorisés individuels et de favoriser les transports en commun, le vélo, et l’usage de nos pieds lors de nos déplacements quotidiens.

Il semblerait pourtant que ces efforts ne soient pas suffisants pour préserver la pureté de l’air que nous respirons. Une récente étude américaine parue dans la revue scientifique Science en février dernier a attiré l’attention sur une source de pollution souvent négligée : l’utilisation de produits chimiques volatiles, que l’on appelle PCV. Ils sont présents dans les pesticides, les solvants d’encre et même dans les produits d’hygiène.


Les PCV, aussi responsables d’une partie de la pollution ?

Les nombreux efforts investis afin de diminuer les émissions liées au transport ont permis une réduction des émissions provenant des voitures. Mais le problème, c’est que cette réussite a eu pour conséquence une augmentation relative des autres sources de COV.

L’étude américaine s’est focalisée sur les solvants organiques (des substances qui servent à dissoudre les différents ingrédients formant un produit chimique). Il faut tout d’abord savoir que ces différents COV ne participent pas tous de la même manière à la pollution atmosphérique. La quantité de COV émise est nettement plus élevée pour les PCV que pour les émissions de pots d’échappement.

Cette différence dans les facteurs d’émission est due au fait que la majeure partie des hydrocarbures finit sous forme de dioxyde de carbone mais aussi que les moteurs modernes ont permis la réduction des émissions au cours des dernières décennies. Ainsi, aux Etats-Unis, la quantité de COV émise par les VCP était deux fois plus élevée que la quantité due aux émissions de véhicules fonctionnant à essence et au diesel. Les mêmes tendances sont probablement observées en Europe.


Les PCV, présents dans notre quotidien

De nombreux produits chimiques volatiles sont utilisés à l’intérieur des bâtiments, notamment dans les agents de nettoyage, dans les peintures y compris les cosmétiques.

Des mesures des concentrations en COV à l’intérieur et à l’extérieur de bâtiments résidentiels et commerciaux ont été faites à Los Angeles en Californie. Ces mesures ont montré que les concentrations de COV dues aux produits chimiques volatiles étaient sept fois plus élevées à l’intérieur des bâtiments que dans l’air extérieur, ce qui donne à réfléchir sur la qualité de l’air que nous respirons au travail et dans nos foyers. L’idée de motiver les enfants à aller jouer au parc plutôt que de regarder la télévision prend encore plus de sens.

La pollution atmosphérique est actuellement le cinquième risque pour la santé humaine à l’échelle globale. En effet, l’exposition aux particules fines peut être à l’origine d’infections respiratoires, de cancers de la trachée, des bronches, des poumons et de complications cardio-vasculaires.


Le podcast de l'émission est à retrouver ici ou sur le site de RCF Isère > Le Magazine des Sciences


Sources

>> Visuel principal : Pixabay

>> Webographie :

1. https://www.futura-sciences.com/planete/definitions/developpement-durable-cov-5415/

2. https://www.futura-sciences.com/sciences/definitions/chimie-solvant-2893/

3. GBD 2016 Risk Factors Collaborators, 2017. Global, regional, and national comparative risk assessment of 84 behavioural, environmental and occupational, and metabolic risks or clusters of risks, 1990-2016: a systematic analysis for the Global Burden of Disease Study 2016. Lancet Lond. Engl. 390, 1345–1422.        //      Lien :  https://doi.org/10.1016/S0140-...

4. McDonald, B.C., Gouw, J.A. de, Gilman, J.B., Jathar, S.H., Akherati, A., Cappa, C.D., Jimenez, J.L., Lee-Taylor, J., Hayes, P.L., McKeen, S.A., Cui, Y.Y., Kim, S.-W., Gentner, D.R., Isaacman-VanWertz, G., Goldstein, A.H., Harley, R.A., Frost, G.J., Roberts, J.M., Ryerson, T.B., Trainer, M., 2018. Volatile chemical products emerging as largest petrochemical source of urban organic emissions. Science 359, 760–764.      //     Lien :  https://doi.org/10.1126/scienc...