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Le Master CCST

Les Living Labs

Publié par Malithévy Chung, le 5 décembre 2018   300

Le terme Living Lab désigne une méthodologie où les citoyens, les usagers sont considérés comme des acteurs clés des processus de recherche et d’innovation. L’expression est utilisée pour la première fois au cœur du Media Lab du Massachusetts Institute of Technology dans les années 1990, mais il se popularise en France dans les années 2010.

Cependant, il existe une foule de définitions pour ce terme. Une des plus exactes, à mon sens, est celle d’AUTONOM’LAB (pôle régional d’innovation en santé et autonomie des personnes en région Limousin) : un Living Lab est un laboratoire d’innovation ouverte. L’utilisateur est placé au centre du dispositif afin d’imaginer, développer et créer des services ou des outils innovants qui répondent aux espérances et nécessités de tout un chacun. Les Living Labs participent donc à l’arrivée d’un nouveau système d’innovation où les personnes ne sont plus de simples utilisateurs, mais deviennent acteurs et collaborateurs. ». L’Union européenne, le site openLivingLabs.eu, le réseau européen des Living Labs ENoLL (European Network of Living Labs), le consortium Inmediats et Wikipédia proposent des définitions toutes différentes. La définition d’un Living Lab devient alors floue, et ses modes de mise en œuvre sont très divers. Cela se traduit par les différences de formes que peuvent prendre les Living Labs : des lieux physiques ou virtuels, portés par des collectivités ou des associations, mais toujours dans un seul but l’innovation collective.

Raphaël Besson fait un court historique des Living Labs ou « la réinvention des laboratoires » dans son article publié sur Echosciences, à l’occasion d’Experimenta 2014.

@LaCasemate

La méthodologie des Living Labs peut être appliquée dans divers domaines où le travail collaboratif est de plus en plus important et de plus en plus pris en compte. Souvent, le terme de co-création est associé au terme Living Lab. Il s’agit d’une démarche d’implication de l’usager dans la création, qui permet à l’entreprise de mieux comprendre les attentes et les usages que l’usager a avec le produit, ou le service.

Il existe des caractéristiques essentielles des Livings Labs : il y a une dimension « grandeur nature » et de « milieu ouvert ». Il s’agit de tester et d’expérimenter en situation réelle, avec des groupes diversifiés : des chercheurs, des entreprises, des usagers, des collectivités locales… L’idée principale est que tous les acteurs sont impliqués dès le début.

Cette démarche de co-création créée de nouvelles relations gagnantes-gagnantes, entre le grand public, les scientifiques, les industriels et les créateurs. Le public participe aux processus de création, de recherche et de développement, tandis que les chercheurs, ingénieurs et techniciens bénéficient de retour d’usages de la part du public.

Un exemple concret de Living Lab à Grenoble : le musée du Dauphinois, pour l’exposition « Confidences d’outre-tombe » en 2013, une exposition co-construite avec les visiteurs, qui ont pu créer différents dispositifs de médiation. Ludovic Maggioni a publié en 2016 un article à ce propos dans la Lettre de l’OCIM. (Ludovic Maggioni, « Le modèle du numérique, une voie nouvelle pour mettre en scène les savoirs ? », La Lettre de l’OCIM, 165 | 2016, 12-18.)

@Musée Dauphinois

Le Living Lab peut apparaître aujourd’hui comme un nouveau moyen de médiation culturelle, une nouvelle façon de reconnecter les institutions avec leur public.