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Cycle Space Opera #2 - Un laboratoire d'univers

Publié par Marion Sabourdy, le 4 février 2018   650

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En 2017 et 2018, le Labo des Histoires Auvergne-Rhône-Alpes propose une saison intitulée "Raconte-moi le futur". Dans ce cadre et parmi d'autres ateliers et événements, le Labo s'est associé à La Casemate pour proposer un cycle "Space Opera", animé par l'auteure de science-fiction Li-Cam. Je vous propose de suivre ce cycle à travers une série d'articles publiés au fil de l'eau (et compilés dans ce dossier). Aujourd'hui, on crée les planètes-mères de notre univers !

Après une première séance d'introduction et de découverte du genre, il est temps de nous pencher sur un des aspects du space opera : les planètes. Pour ce faire, Li-Cam propose de comparer trois bande-annonces de films, qu'on pourrait classer dans la catégorie de "planet opera" : Avatar (James Cameron, 2009), Planète interdite (Fred McLeod Wilcox, 1956) et La Planète sauvage (René Laloux, 1973). Dans chaque film, on remarque un lien fusionnel des personnages avec leur environnement et une tentative de communication entre espèces.

Li-Cam propose ensuite trois livres : Lum’en (Laurent Genefort), Héritage (Greg Bear) et Le printemps d’Helliconia (Brian Aldiss). Tous présentent des planètes étranges. Par exemple, dans Héritage, les continents sont des êtres vivants dont tous les habitants possèdent le même code génétique, un peu comme des organes. Helliconia est une planète qui met 200 ans à faire le tour de son soleil. Le héros de l'histoire est un jeune homme de 17 ans qui va découvrir le printemps, une saison que ses proches n'ont donc jamais vécue et qui va les effrayer.

C'est alors le moment pour les participants d'entrer dans le "Laboratoire d'univers" et de décrire les planètes qu'ils ont imaginées. Une des principales difficultés pour certains fut de trouver un nom pour leur planète. Il n'est en effet pas évident de choisir : soit la planète est nommée par ses habitants, auquel cas il faut déjà connaître la civilisation en question et peut-être même imaginer une culture, un langage, soit la planète est nommée par ses découvreurs. Quelques participantes ont néanmoins su nommer leurs planètes avec des noms aussi variés et étranges que Mellifica, Oxyadre, Cercium, Orbe ou Thétys. Cette petite difficulté mise à part, tous les participants ont fait preuve d'une imagination débordante pour décrire leur planète !

Et voici le résultat du laboratoire d'univers :

  • Une planète très proche de son étoile, qui présente une face inhospitalière, brûlée par le soleil et une autre habitable. Les populations qui l’habitent sont condamnées au nomadisme, pour ne pas être brûlées
  • Un système « terre-lune », où les habitants de chaque astre peuvent se voir mais pas encore se rencontrer
  • Un satellite d’une géante gazeuse, à l’activité tectonique et magnétique énormes. Les peuples qui l’habitent ont un lien très fort pour cette géante, qui est leur source de vie, bien plus que l’étoile de leur système solaire
  • Une planète constituée d’un océan recouvert d’une banquise. Ses habitants vivent sous l’eau grâce à la géothermie. Parfois, d’énormes geysers percent la banquise et projettent de l’eau qui va ensemencer les autres planètes de ce système
  • Une planète semblable à la Terre, avec des anneaux composés de glace et d’une ressource énergétique très rare et indispensable au développement de ses habitants. Ces anneaux se désagrègent et les morceaux tombent régulièrement sur la planète
  • Une petite planète artificielle, creuse et entourée de 5 satellites. Son cœur diffuse une certaine chaleur, qui permet de faire pousser de la végétation
  • Une planète géante gazeuse dont les habitants consistent en une enveloppe qui peut se déformer à loisir et qui sème des idées sous forme de bulles dans l’atmosphère
  • Une planète avec un anneau composé d’une matière très rare et convoitée, ainsi que de riches ressources minières, des rivières de lave et un noyau métallique qui attire et repousse les planètes autour
  • Une planète éloignée de son étoile, froide, recouverte de glace et soumise à de fortes perturbations atmosphériques, dont la vie s’est développée sous terre, au niveau des pôles, dans des systèmes de galeries
  • Une planète elle aussi éloignée de son soleil, petite, présentant une végétation épaisse, solide, acérée, malgré l’atmosphère glaciale
  • Un système de deux planètes telluriques, sur la même orbite, en opposition. Sur l’une d’elles, une espèce particulière composée de cellules simples, qui vivent en colonie et ont une conscience collective
  • Une planète océan dans la zone habitable de son soleil. Elle a abrité des civilisations technologiques dans un lointain passé. Tous les restes de ces civilisations sont engloutis et il ne subsiste que d'immenses espèces marines. La lune est responsable de grandes marées, comme un mascaret permanent

Les descriptions de ces planètes sont accueillies avec enthousiasme par les participants et donnent lieu à des conseils, des suggestions, ainsi que de nombreuses comparaisons avec des planètes ou des satellites existants (Jupiter, Mars, Encelade, Europe…) ou des films (Interstellar…). Les idées s’affûtent, se précisent, se développent... Les histoires sont déjà là, en germe, dans la tête de chacun !

A noter la belle initiative du Labo des histoires, qui a emprunté une sélection de livres à la bibliothèque pour les mettre à disposition de ses laborantins, en guise d'inspiration !

Pour la prochaine séance, les participants doivent imaginer une rencontre du 3ème type et écrire un dialogue entre des humains et une autre espèce intelligente, un peu comme dans le film “Premier contact” de Denis Villeneuve. Que vont-ils se raconter ? Et vous ? N'hésitez pas à poster une description de votre planète ou de votre rencontre du 3ème type en commentaire !

>> Crédit images : IIP Photo Archive (Flickr, licence cc), Marion Sabourdy