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Musique

Publié par Laura Schlenker, le 21 janvier 2022   300

Ce texte a été composé par les étudiants du master stratégies digitales et nouveaux médias de Sciences Po Grenoble lors d'un atelier d'écriture créative "Paroles de roches, pierres et fossiles"  animé par Laura Schlenker de la Fabrique média au Muséum de Grenoble, dans le cadre du projet "Minéraux et Fictions ».  Retrouvez tous les  textes des participants dans ce dossier.


Musique

Cette nuit j'ai rêvé de moi, ou plutôt d'une partie de moi qui n'existe peut-être plus. Ma planète. La planète Disque Oh, là où tout était brillant et beau. Pour vous, ce serait comme vivre sous le soleil des tropiques chaque jour de votre vie. Mes habitants, les disquettes à paillettes, dansaient et chantaient à chaque instant, à tel point qu'ils laissaient leurs empreintes gravées en moi. Littéralement. Ces empreintes, les humains les appellent cratères. 

Mais un jour, alors que la musique cosmique résonnait trop fort, à cause de l'explosion de l'étoile Disque Oh tek, ma voisine, j'ai explosé. Moi et mes disquettes à paillettes, nous nous sommes retrouvées éparpillées dans tout l'univers. 

J'ai voyagé seule pendant des millions d'années, je cherchais un endroit où atterrir. Mais tout ce que je trouvais c'était du silence. Mais un jour, alors que je commençais à me rapprocher d'une étoile, appelé Soleil, j'ai entendu un bruit incroyable. Je me suis donc dirigé vers ce son qui résonnait en moi. J'ai atterri dans ce que les humains appellent une forêt tropicale. Fatiguée du voyage, je me suis reposée pendant quelques temps sur une feuille. Une feuille piquante et noire, où seules les chenilles osaient s'aventurer. L'une d'entre elle s'est d'ailleurs installée sur moi pendant quelques temps. J'étais la plus heureuse du monde, j'avais l'impression d'être de nouveau moi-même, de nouveau une planète avec des habitants. Enfin… avec une habitante. Quand elle est partie, j'ai repris mon chemin vers le son que je convoitais. Après être passé par des milliers d'arbres, d'avoir voyagé sous l'eau, dans l'air, et dans le sable. J'ai enfin trouvé ce que je cherchais. Enfoui au milieu d'un parc, caché dans une salle noire, résonnait une musique. Ma musique. Et je suis resté là. Un humain m'a ramassé, et m'a posé dans ce qu'il a appelé une boite. Apparemment je ne m'appelle plus Disque Oh mais "météorite" avec un point d'interrogation. J'imagine que c'est le moment pour moi de me reposer.


Texte et photographie Sabrina Meriah
collection du Muséum de Grenoble