Conférence "Comprendre et Agir" : Réflexions sur le technofascisme à l’aune de l’histoire de la surveillance politique
Alors que fleurissent les essais sur le technofascisme et les idéologies réactionnaires en vogue dans la Silicon Valley, cette présentation propose d’aborder la question du fascisme contemporain par l’angle des pratiques concrètes de pouvoir, et plus particulièrement des pratiques de surveillance numérique. En s’inspirant de la démarche du philosophe Alberto Toscano dans son essai sur le Fascisme tardif (2023), il s’agit d’évaluer les ruptures et les continuités entre les pratiques de surveillance en vigueur sous les fascismes historiques et celles ayant cours dans les régimes d’aujourd’hui. À l’issue de cette démarche comparative, il s’agit d’évaluer plus précisément la valeur heuristique du terme technofascisme.
Biographie : Félix Tréguer est chercheur associé au Centre Internet et Société du CNRS. Ses recherches portent sur la transformation numérique de l’État et la manière dont les technologies informatiques reconfigurent la gouvernementalité libérale. À la croisée de la sociologie, de l’histoire et de la théorie politique, elles analysent l’intégration d’Internet et de l’intelligence artificielle aux pratiques de pouvoir telles que la surveillance ou la censure des communications, et l’effet de ces processus sur les rapports entre l’État et le capitalisme informationnel. L’ouvrage adapté de sa thèse en études politiques, réalisée au Centre de recherches historiques de l’EHESS, est paru sous le titre Contre-histoire d’Internet : du XVe siècle à nos jours (Agone, 2023). Il est également l’auteur de Technopolice : La surveillance policière à l’ère de l’intelligence artificielle (Divergences, 2024).
La conférence aura lieu le mardi 3 novembre 2026, de 11h30 à 13h30, dans le grand amphithéâtre du Centre Inria de l'Université Grenoble Alpes.
Cycle 2026-2027 : IA, démocratie, autoritarismes : Regards scientifiques sur leurs dynamiques actuelles et sur la place de la recherche
Le numérique et l’intelligence artificielle ne sont pas des technologies neutres : l’accélération récente de leur développement et déploiement exacerbe les logiques de compétition, reconfigure les rapports de pouvoir et contribue à l’intensification des rapports de domination. Ces évolutions suscitent inquiétudes et sentiment de perte de contrôle. Rythmé par la succession de sujets polarisants et d’annonces spectaculaires qui captent momentanément l’attention et suscitent de fortes réactions, le paysage médiatique a tendance à fragmenter le débat public et à rendre difficile une compréhension structurée des dynamiques à l’œuvre.
Face à ces transformations, nous proposons cette année universitaire un cycle de conférences spécial permettant de prendre le temps de l’analyse et de la réflexion collective sur ces enjeux. En croisant les regards de chercheurs issus de différentes disciplines, il s’agira d’éclairer sans préjugé et de manière compréhensible les mécanismes à l’œuvre, d’en interroger les logiques et les conséquences, en tenant compte de la complexité des phénomènes, sans en réduire la portée ni les interconnexions. Ces rencontres seront également l’occasion de questionner la place et le rôle de la recherche et du monde académique face à ces dynamiques, ainsi que leur capacité à contribuer au débat public et à participer à des formes de résistance.
Ce cycle de conférences s’articulera autour de trois volets :
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IA, pouvoirs technologiques et avenir des démocraties
Sous-titre : Surveillance, concentration des plateformes et transformation de l’espace public à l’ère de l’IA -
Libertés et résistances académiques
Sous-titre : De l’institution au chercheur en habit de citoyen -
Résister, reprendre prise, construire des alternatives
Sous-titre : Expériences historiques, mobilisations contemporaines et réappropriation des choix technologiques
De 11:30 à 13:30
