Bien vivre, bien-être, bonheur : mises en mots, en scène et création - "Conter ce qui compte"

Publié par Vincent Rauzier, le 5 décembre 2018   220

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Quand la création artistique devient collective et que celle-ci crée une dynamique supplémentaire dans les liens entre institution, individus et les réflexions autour de ces sujets, on peut parler de pari.

Le projet de création culturelle Conter ce qui compte proposait ce pari : celui d’une approche culturelle de la notion, parfois floue, souvent protéiforme du bien-vivre. Conduit en vue du Forum international pour le bien-vivre, l’objectif était de diffuser largement les interrogations soulevées dans ce Forum, de mobiliser chacun pour penser à « que compter quand on doit compter ce qui compte ? » et de créer une trace, un souvenir, dont chacun puisse se saisir.

Le pari était également celui que la culture, et la création, puissent servir en l'espèce de catalyseurs d'approches scientifiques, politiques et sociales convergentes dans leur perspective mais différentes dans leurs expressions. Nous avons également fait le pari qu'elles permettent de surmonter les différences linguistiques, culturelles et géographiques et contribuer à affirmer "l'universalité" de l'enjeu posé et porté par le forum international.  

Premiers entretiens poétiques et création d’un hymne

Grâce à l’obtention d’un financement RSC IDEX Univ. Grenoble-Alpes, le projet a pu naître en janvier 2018 avec le poète et slammeur Mots Paumés. Celui-ci a rencontré et interviewé plus d’une quarantaine de chercheurs, acteurs politiques, citoyens et étudiants autour de la question du bien-vivre et de sa mesure. 

Armés de ses notes et enregistrements audio de ces entretiens, de ces moments de rencontres, il a transmis le relai au chanteur-compositeur multi-instrumentiste Arash Sarkechik. Après un assemblage synthétique, une distillation savante, celui-ci a créé un hymne reflétant les résultats des entretiens, en en retenant les idées récurrentes en ponctuation de couplets. Fin avril 2018, l’hymne était lancé. Et le projet de création plus encore ! 

Retour(s) aux citoyens, appropriations et variations autour du bien vivre

Le choix a été fait de compléter ce travail dans une démarche collaborative. Petit à petit, nous avons lancé la collecte des couplets supplémentaires de la part des citoyens, puis nous avons élargis les perspectives de contributions à toutes les formes artistiques saisissables, en lien avec la notion de bien-vivre et de sa mesure : vidéos, dessins, photos, musique etc…

Pour promouvoir le projet au-delà du cadre local, mais également, et surtout, pour accompagner les nombreuses cultures et langues réunies durant le Forum, nous avons également imaginé que l’hymne puisse être traduit dans le plus grand nombre de langue possible et que chacun puisse contribuer à son enrichissement dans sa langue maternelle. 


 

La diffusion et l’appropriation collaborative du projet, a été facilitée par la mise en place d’une série d’outils : un site web, réseaux sociaux (Facebook ; Twitter ; Instagram) et enfin une Boîte mobile présente de manière ponctuelle sur le domaine universitaire et dans l’agglomération grenobloise et valentinoise,  pour inviter les habitants à des échanges autour du bien-vivre, faire découvrir l’hymne et le projet de création dans lequel celui-ci s’inscrivait et, surtout, pour leur proposer de participer.  

Mise en spectacle du bien vivre : de l’assemblage expert à une réflexion globale.

Car au-delà de l’hymne, il s’agissait bien d’intégrer l’ensemble des questionnements à la création d’un spectacle, OVNI artistique, mêlant musique, théâtre, poésie, contributions d’artistes confirmés ou plus simplement de volontaires enthousiastes.

Le spectacle l’Equation [H], écrit et assemblé par Arash Sarkechik et l’équipe artistique mise en place pour l’occasion, a repris l’ensemble du contenu ayant abouti à la naissance de l’hymne pour le façonner sous une nouvelle forme, en l’alimentant des contributions supplémentaires issues des diverses mobilisations émergentes à la suite de la diffusion de l’hymne.


Ce spectacle, construit autour de l’articulation entre bien-vivre individuel et collectif, jusqu’au dernier jour de la résidence à l’EST a été donné au soir de l’inauguration du Forum international du bien-vivre.  

Vous pouvez découvrir le spectacle en intégralité ici : 

 

Texte coécrit par Vincent RAUZIER et Parinaz TAJABOR