C’est un oiseau ? C’est un avion ? Non, c’est Oculudentavis

Publié par Garance Demarquest, le 12 février 2023   910

Le plus petit dinosaure connu

Myanmar, mars 2020 : des scientifiques découvrent, enfermé dans de l’ambre, un curieux crâne âgé de 99 millions d’années. Le minuscule squelette appartient à une espèce encore jamais décrite d’oiseaux qui serait le plus petit dinosaure connu du crétacé, rivalisant même avec le colibri abeille. Oculudentavis khaungraae de son nom, n’a que peu de chose en commun avec les colibris actuels. Ses nombreuses dents suggèrent qu’il devait être un prédateur chassant insectes et petits poissons. Ses orbites oculaires, profondes et coniques, semblables à celles d’oiseaux prédateurs actuels comme les hiboux, vont aussi dans le sens de cette hypothèse. Les paléontologues espèrent grâce à ce précieux fossile en apprendre plus sur les changements évolutifs.

Le colibri était un lézard



Si l’histoire s’arrêtait là, la découverte serait déjà incroyable, la découverte d’Oculudentavis représenterait une véritable avancée pour la paléontologie du 21ème siècle. Mais quelques mois à peine après la découverte du crâne, une autre équipe de paléontologues concluent que la petite créature n’est finalement pas un oiseau mais ... un lézard bizarre. Ses yeux, par exemple, sont tellement étranges que les scientifiques ne comprennent toujours pas comment ils fonctionnaient.

Pourtant les scientifiques à l’origine de découverte n’en démordent pas : le crâne appartient à un oiseau. Ce n’est que lorsqu’un second article confirme la théorie du lézard que les auteurs rétractent leur article. Les paléontologues précisent que l’erreur n’est pas due à une négligence mais qu’Oculudentavis est un cas exceptionnellement rare d’évolution convergente entre les lézards et les oiseaux.

L’erreur est humaine

Cette situation illustre parfaitement la manière dont la science évolue en permanence et se nourrit des améliorations des découvertes passées. Certains épistémologues, philosophes qui étudient les sciences, avancent que la science n’est qu’une suite d’erreurs révisées au fur et à mesure. Ce sont ces mêmes erreurs qui encouragent les scientifiques à en trouver les sources et les étudier jusqu’à ouvrir de nouveaux champs de recherches. Le plus célèbre exemple est surement la découverte par hasard de la pénicilline par Alexandre Flemming donnant naissance aux antibiotiques.

Et, saviez-vous que lorsque le T-rex a été découvert, il lui manquait les bras ? Les premières représentations du dinosaure le mettaient en scène avec trois doigts. Ce n’est que plus tard que le dinosaure fut exhibé avec ses emblématiques deux doigts. L’histoire regorge d’exemple où les hypothèses scientifiques ont été modifiées après la découverte de nouvelles preuves.

« La science peut se tromper. Mais elle est surtout aussi capable de constater qu’elle se trompe. Elle peut corriger ses erreurs.» Jean Baudet, botaniste et philosophe belge.