Fête de la science 2011 en Rhône-Alpes : une édition populaire

Publié par Marion Sabourdy, le 12 mars 2012   1.6k

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Du 12 au 16 octobre dernier a eu lieu la 20ème édition de la Fête de la Science. Retour sur une réussite avec Jean-Luc Parel, délégué à l’action régionale au sein du réseau Rhône-Alpes des CCSTI et coordinateur de cet événement pour la région.

Quel est pour vous le principal point positif de cette édition 2011 ?

Jusqu’à maintenant, les visiteurs  de la Fête de la Science (FdS) n’étaient pas très représentatifs des rhônalpins. Les études menées en 2005 et 2007 ont montré que le public de la FdS était en général « surdiplômé » (Bac+2 ou plus) et avait une certaine habitude de fréquentation des milieux culturels. Mais en 2011, les mêmes études  ont révélé à un rééquilibrage entre les catégories socioprofessionnelles. En clair, cette dernière édition était plus « populaire » que les précédentes, même s’il existe encore une marge de progression (1).

La FdS 2011 était placée sous le signe de la Chimie, année internationale oblige. La région a-t-elle une place privilégiée dans ce domaine ?

La région Rhône-Alpes est la première productrice de chimie en France, avec une puissante activité de recherche publique et privée. Près du tiers des manifestations ont concerné cette discipline, plutôt mal-aimée et méconnue. Le projet porté par le pôle de compétitivité Axelera, « Du virtuel au réel dans la Vallée de la Chimie » a été élu lauréat national dans le cadre de l’appel à projets FdS. Il a permis de donner la parole au territoire du sud de Lyon qui ne jouit pas d’une grande notoriété. L’occasion pour les habitants du Grand Lyon d’aller à la rencontre des acteurs et de comprendre comment s’est faite l’industrialisation de ce territoire.

 

Visite d'un site industriel

Quel est l’autre projet-phare de l’édition 2011 ?

Le comité d’organisation composé des huit CCSTI de la région (2) a mis en place une application pour smartphones et un site internet mobile qui proposaient tout le programme de la FdS. C’est une réelle réussite car cette application répond mieux aux attentes du public qui cherche des manifestations dans des tranches d’âge, des lieux ou des thèmes particuliers…

En quoi ce réseau de CCSTI est-il important ?

Nous sommes la seule région en France à pouvoir compter sur un réseau aussi riche, avec des centres aux démarches voisines. Cela constitue une réelle « force de frappe » sur le territoire, pour la Fête de la Science mais aussi pour le Camion des sciences ou les Exposciences. Et chaque activité contribue à renforcer nos liens, tout en conservant les spécificités de chaque territoire. De plus, nous sommes une des rares coordinations à avoir développé un solide dispositif d’évaluation, condition indispensable pour avoir une vue d’ensemble sur nos activités.

 

Quel est le principal point faible de la FdS 2011 ?

Nous avons noté une stagnation du nombre de visiteurs par rapport 2010. L’effet « 20 ans » n’a pas plus mobilisé, sans doute mais pas seulement parce que nous n’avions pas plus de moyens financiers, ceux-ci sont même en baisse pour les huit CCSTI. Nous devons travailler ce point, notamment en augmentant le nombre d’attractions fédératrices comme les Villages des sciences et en diversifiant nos moyens de communication.

Quels sont les projets pour la prochaine édition (10-14 oct. 2012) ?

Le Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche souhaite que la FdS laisse une place plus grande aux technologies. En Rhône-Alpes, ça nous convient plutôt bien car 20% de nos opérations concernent déjà les nouvelles technologies. En parallèle, notre région sera impliquée dans la refonte du site internet national. Concernant l’application mobile, nous souhaitons lui donner une vie avant même l’édition 2012, par exemple avec la mise en place au printemps d’un jeu-concours à destination des jeunes, et en faire un projet national, nous l’avons créée aussi avec cet objectif.

 

Un atelier

Quelques chiffres :

110 000 visiteurs dont 60% qui viennent pour la première fois, 305 événements (près de 100 pour la chimie), 992 rendez-vous, 1230 chercheurs, ingénieurs, étudiants, 100 entreprises, 175 communes, 15 villages des sciences qui réunissent 30% des actions proposées et accueillent 41% du nombre total des visiteurs.

Notes :

  1. En effet, 50% des visiteurs de la Fête de la Science en 2011 ont un niveau scolaire supérieur ou égal à Bac+2, alors que la proportion en France est de 17%
  2. Les 8 centres de sciences de la région Rhône-Alpes sont : ALTEC (Ain), L’Arche des Métiers (Ardèche), Kasciopé (Drôme), La Rotonde (Loire), Le Service Science-Société de l’Université de Lyon (Rhône), La Galerie Eurêka (Savoie), La Turbine (Haute-Savoie) et La Casemate (Isère). Ils sont rassemblés sur le site « Sciences : objets culturels ?! »

Illustrations : Thierry Fournier, DR, La Casemate, DR