FOCUS : développer les meilleurs détecteurs pour l'astrophysique

Publié par Aleksandra Bogdanovic-Guillon, le 31 décembre 2012   2.1k

Xl focus

Avec neuf partenaires sur trois sites et un fort appui des industriels, le Labex FOCUS veut associer dans la durée les experts de l’ensemble des métiers de la détection pour l’exploration de l’Univers, du composant à l’instrument et à son exploitation.

Pierre Kern, ingénieur CNRS à l’Institut de planétologie et d'astrophysique de Grenoble (IPAG / CNRS / UJF), porteur du Labex nous explique sa genèse : « Parmi les meilleurs laboratoires et entreprises pour le développement et la mise en oeuvre de détecteurs, beaucoup sont grenoblois. Deux visions ont mené à la création de ce Labex articulé autour de Grenoble et de deux autres sites. D'abord, il y a la volonté locale exprimée par Jean Therme, le directeur du CEA Grenoble, de consolider le lien entre développements technologiques et recherche fondamentale. Puis, il y a la réalité économique. La détection représente près de la moitié du budget d'un grand instrument d’observation, or les fournisseurs sont surtout outre Atlantique alors que l'Europe a tant d'experts du domaine ! »

Rester à la pointe de l'innovation

En Europe, les Français tiennent la palme. « Prenons l’exemple du fameux VLT au Chili. Les équipes françaises, dont certaines font partie de FOCUS, ont participé à la réalisation de la moitié des instruments, dont les plus innovants. C'est pareil dans le contexte spatial. » raconte Pierre Kern. Pour renforcer ce potentiel d'innovation FOCUS (FOCal plane arrays for Universe Sensing) propose trois axes de recherche : la détection en infra rouge, et en Térahertz et les détecteurs innovants. Le Labex commence par des choses «simples» avec des technologies disponibles, sans se fermer aux plus audacieuses, faisant appel aux technologies nouvelles ou aux concepts physiques émergents. « Travailler ensemble dans la durée est une chance pour créer du liant entre les recherches et mieux anticiper pour les programmes futurs. » dit Pierre Kern.

Enseignement : faire valoir une compétence

« Même si la détection est enseignée en France et à Grenoble, le Labex souhaite apporter plus de cohésion pour rendre cette filière de formation de techniciens, ingénieurs et chercheurs plus visible. Rien qu'à Grenoble, il y aurait une quinzaine de postes à prendre par an.» explique le porteur du projet. FOCUS prévoit également des stages et écoles d’été. L’Observatoire de Haute Provence, reconnu en formation et en sensibilisation y sera impliqué.

Valorisation : valeur inhérente

« Améliorer les performances des détecteurs des moyens d’observations français et européens est à la base du projet, mais nous voulons aussi élargir ce champ d’application. Avec l'aide de Floralis ou d’autres partenaires de valorisation trois startups issues de l’IPAG, Alpao, First Light Imaging et Resolution Spectra System, utilisent aujourd'hui avec succès des technologies de l'astrophysique en ophtalmologie, aéronautique ou pour le laser. Nous réitérerons dès que possible.» conclut Pierre Kern.

>> Source : article initialement publié dans Les Dépêches de l'UJF n°39 (avril-mai 2012)
>> Illustrations : ESO, OSUG