Franck Villain : Les CCST en milieu rural vs. en ville

Publié par Mathilde Verrot, le 28 novembre 2019   360

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Aujourd'hui, à 34 ans, Franck Villain est professeur de physique-chimie dans un collège en Ardèche, au Cheylard. Il exerce cette fonction depuis un an. Après des études de physique-chimie à l'université puis une Licence Professionnelle de Médiation scientifique et d'éducation à l'environnement, il est devenu animateur scientifique à L'Arche des Métiers, CCSTI de l'Ardèche. Après 10 ans d'activité dans cette structure, il lui a été proposé de devenir professeur de physique-chimie dans le collège du Cheylard. Un de ses futurs projets est de pouvoir faire plus de liens entre l’enseignement scolaire et les centres scientifiques en créant une option science au collège en connexion avec le CCSTI, l’Arche des Métiers.

 

Lors de ses études, en cherchant un métier qui pouvait lui convenir, il a passé en revue les licences professionnelles en sciences sur un moteur de recherche. Cela lui a permis de découvrir un métier dont il ne connaissait pas l'existence : l’animation scientifique.


Quelque temps après cette découverte, une affiche, vue au hasard dans un couloir de l’université, proposait une formation d'animation scientifique sur six jours. Cette dernière était dispensée par l'association des Petits Débrouillards Normandie. Suite à ces journées puis à des vacations faites pour eux sur les temps périscolaires d’écoles Caenaises, il validait officieusement l'envie de se lancer dans ce domaine de travail. Il validera officiellement ce souhait en envoyant son dossier de candidature à l'IUT de Tours pour la licence Professionnelle concernée.

Pourquoi choisir l'animation scientifique plutôt que la communication scientifique ? Pour Franck, cela symbolisait le fait de pouvoir allier l'animation de jeunes publics qu’il expérimentait déjà en tant que chef scout et les sciences pour lesquelles il avait une forte curiosité et dans lesquelles il s’était formé (L2 sciences de la matière et géosciences).

 

Après avoir réussi sa licence, Franck débute sa recherche d’emploi, il trouve une offre de CDD à l’Arche des Métiers, l’offre de ses rêves : « si j'avais dû écrire ma fiche de poste idéale elle aurait ressemblée à celle de l'annonce » ! Il ne se pose pas plus de questions, même si la localisation semble reculée en Ardèche, il postule en se disant que dans le pire des cas ce ne sera que pour un an. 10 ans après, le voilà toujours au Cheylard.

 

Pour lui, la localisation d’un CCSTI impacte sur les moyens communicationnels et financiers de la structure. Il s’est donc interrogé sur les avantages-désavantages à être en ville ou à la campagne pour un centre scientifique.

« Un CCST dans un village n’est pas noyé dans la masse » explique Franck, contrairement à toutes les infrastructures de communication scientifique et technique proposées en ville. Les habitants peuvent donc profiter pleinement d’un centre qui se trouve à leurs pieds, en revanche il est plus difficile d’y faire venir des écoles. Un autre avantage d’un CCST à la campagne est le fait de pouvoir rencontrer plus facilement des personnes référentes (élus, éducation nationale, etc.) voire même d’avoir un représentant du département travaillant dans la structure. Cela peut permettre à une structure d’aller chercher des fonds plus facilement mais il semblerait que dans la majorité des cas, les moyens financiers mis en place sont plus conséquents en ville.

Concernant les inconvénients, un CCST dans un village rencontre la difficulté de recruter des gens compétents et motivés par ses missions. De plus, le contact peut être difficile avec les industries et les centres de recherche qui sont éloignés géographiquement.

Enfin, une spécificité du Cheylard, village ouvrier, est de tomber sur un discours « À quoi sert la culture ? Il y a d'autres domaines plus importants pour investir… ». La population en ville semblerait donc plus demandeuse de culture mais n’est-ce pas juste dû au fait que cette population soit très importante ?


Ces différences entre un centre scientifique et technique en ville et à la campagne posent question et sont donc intéressantes à creuser. Et vous, qu'en pensez-vous ?


Pour en savoir plus sur le CCSTI de l'Ardèche : L'Arche des Métiers

En plus d'être animateur scientifique, Franck anime une émission de radio une fois par mois : Shrijana (du népali signifiant "Découvrir"), du toit du monde. Pour une heure de découverte autour des sciences et de la nature  :  c'est ici !


Mathilde Verrot