Jack et le haricot magique : coulisses de la Fête de la Science au Musée EDF Hydrélec

Publié par Jehanne Attali, le 12 août 2016   1.8k

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La culture scientifique et technique, je suis tombée dedans tout récemment – depuis 1 an et demi. Parmi mes attributions au musée, la programmation culturelle occupe une large place et c’est dans ce cadre-là que j’ai pu me familiariser avec ce domaine d’activité.

Au musée, la programmation culturelle est liée à une thématique annuelle que je définis en fonction des opportunités. La Fête de la Science occupe une place de choix dans cette programmation. Elle se démarque de notre thématique annuelle pour se raccrocher, dans la mesure du possible, à celle définie par l'Unesco (les thèmes des années internationales). D’où parfois des acrobaties pour correspondre à la fois aux orientations du musée et au thème international !

Voilà pourquoi cette année, pour la Fête de la Science, le musée s’intéresse au végétal, à la plante et plus largement à l’environnement. L’eau est nécessaire aux activités de l’Homme – dont l’hydroélectricité – mais également aux autres êtres vivants comme les plantes.

La thématique nationale : une incitation à sortir des sentiers battus

Loin d’être un désagrément, cette contrainte du thème stimule ma créativité et mon imagination. Sans compter que les thèmes nationaux, toujours renouvelés, permettent de sortir des sentiers battus pour aller vers quelque chose d’inhabituel et de surprenant.

La Fête de la Science est un événement national d’envergure et la politique culturelle du musée fait la part belle aux manifestations nationales comme la Nuit des Musées et les Journées Européennes du Patrimoine. Ce sont des rendez-vous que le musée ne raterait pour rien au monde ! A la fois œuvrant pour le patrimoine et la culture scientifique et technique, le musée a toute sa place dans ces manifestations auxquelles il participe depuis de nombreuses années.

Les animations sont d’abord testées en interne

Je conçois la Fête de la Science comme un espace d’épanouissement pour les participants où ils ont la possibilité de ressentir de nouvelles sensations, en étant placés dans une position active et participative. Par l’acte de la manipulation, de l’expérience et du jeu, ils se détachent des discours théoriques et des configurations de type conférence. Ils font l’expérience sensible de la recherche, de l’observation et de la découverte.

Comme pour l’édition précédente, les ateliers pédagogiques de cette année sont conçus pour des petits groupes, afin de favoriser la participation de chacun.

Les activités se sont basées sur le programme scolaire du primaire autour de la découverte du vivant. Pour les concevoir, il a bien fallu les tester au préalable. Ce qui a donné lieu, au sein des bureaux du musée, à un atelier de botanique où ont été cultivés des lentilles, des pois chiche, des haricots – blancs et rouges, du soja… et où ont été établies des données précises quant à la taille, la forme, la couleur, la composition de la graine et de la pousse, le délai de la germination, etc. Ceci a permis de déterminer la graine la plus appropriée pour les ateliers et à construire le discours.

Quelques supports pédagogiques créés pour le projet

Pousse du haricot blanc

Pour moi, cette recherche préalable fait partie intégrante de la conception de la médiation scientifique. Cette situation, où je me mets dans la position du visiteur en expérimentant les activités, est le moment le plus enthousiasmant et intéressant.

Bien sûr, quelle satisfaction également lorsque, comme lors de la dernière édition, un élève s’exclame fièrement, devant la réussite de son expérience : « je suis un ingénieur !». Ou lorsque les enfants, devant l’échec, cherchent la raison, recommencent encore et encore, posent des questions, modifient le dispositif, dans une vraie démarche de chercheur !

Expérience de fabrication d'une ampule à incandescence lors de l'édition 2015

Le programme de cette année

Cette année, la semaine de la Fête de la Science au musée s’articule autour de trois temps forts : 1 spectacle, 1 atelier d’expériences et 1 visite guidée ; pour trois types de public différents : famille, scolaire, adulte.

Qu’est-ce qu’un végétal, une plante ? Comment pousse-t-elle? Quels sont ses besoins ? Le fameux conte «Jack et le haricot magique » est ici convoqué pour accompagner les enfants, en sortie scolaire ou en famille, dans cette découverte. Entre spectacle et expérience de plantation et de germination de la graine, c’est toute la magie du cycle de la vie de la plante qui est reproduite.

L’atelier d’expériences, le cœur du projet, se décompose en trois temps :

  • une présentation de la plante et les spécificités des légumineuses pour une mise en bouche ;
  • l’expérience à proprement parler, où la plantation d’une lentille, dans une boite à décorer façon diorama et à emporter, se prolongera, à l’école ou à la maison, par l’expérience de la germination de la graine. Ou quand le cycle de la vie opère sous les yeux des enfants ;
  • une visite en autonomie du musée avec un questionnaire ludique.

Cet atelier, à la fois expérimental et créatif, fait intervenir la manipulation scientifique et les arts plastiques. Aux enfants de s’organiser pour se répartir ou échanger les tâches : qui au décor de la boite, qui à la plantation, qui au découpage de la petite figurine, etc… Une autre belle expérience de la médiation scientifique : les échanges de réflexions, le travail d’équipe et la participation de chacun.

La Fête de la Science, qui célèbre ses 25 ans cette année, est un événement indispensable pour cela. A expérimenter absolument !