"L'oiseau rare, de l'hirondelle au kakapo", une exposition de haut vol au musée des Confluences

Publié par Anaïs Lefebvre, le 22 décembre 2021   1k

A Lyon, sur la pointe de la Presqu’île, siège l’impressionnant musée des Confluences, musée d'histoire naturelle, d'anthropologie, des sociétés et des civilisations. Parmi les expositions temporaires en cours en ce moment, une a retenu notre attention : l’exposition "L'oiseau rare, de l'hirondelle au kakapo".

A l’origine : un formidable don.
L’exposition réunit 240 spécimens d’oiseaux naturalisés issus de la collection du musée (qui comporte 30 000 individus !) mais aussi de la collection privée d’Hubert Bonnetain qui a décidé d’en faire don en 2018. « C’était l’occasion rêvée de ressortir les collections » estime une médiatrice culturelle du musée.

Petite salle, yeux grands ouverts

Nous sommes accueillis dans l’étroite salle d’exposition par un squelette d’Allosaure, un dinosaure carnivore ayant vécu durant le Jurassique. Quel rapport avec les oiseaux ? Penchons-nous sur le moulage d’archéoptéryx qui lui est voisin pour répondre à cette question. La ressemblance n’est-elle pas troublante ? Ce dinosaure est considéré comme le premier oiseau ayant existé et l’allosaure comme un espèce d’oncle distant des autruches.

Passée cette première surprise, s’étalent sous nos yeux des centaines d’oiseaux remarquables. Dans une des vitrines, intitulée « Du poids lourd au poids plume » (rires) se côtoient un grand albatros, un casoar à casque et de minuscules colibris ne pesant pas plus d’1,6 grammes. Posé au sol, l’albatros n’est pas plus impressionnant qu’une grosse dinde mais attendez seulement qu’il déploie ses ailes : son envergure peut alors atteindre trois mètres ! Et vous n’êtes pas au bout de vos surprises.

Le casoar à casque (au fond) et le grand albatros (à gauche) nous toisent. Photo par A. Lefebvre

La collection présente l’immense diversité des oiseaux de notre planète (il en existe environ 11 000 espèces !) : becs courts ; longs, plus ou moins tordus, couleurs chatoyantes ou camouflage discret, chant plus ou moins harmonieux, parades nuptiales, nids plus fous les uns que les autres… De quoi faire s’envoler l’imagination ! L’exposition, en plus d’émerveiller petits et grands, met l’accent sur l’importance de préserver cette formidable richesse.

A côté de ces oiseaux géants, de minuscules colibris lèvent le nez comme intimidés. Photo par A. Lefebvre

Mettre en valeur une biodiversité menacée

L’objectif de l’exposition est clairement avoué : « illustrer la richesse de la biodiversité mondiale » et « en souligner le déclin ». De fait, les vitrines réunissant les oiseaux sont tantôt à fond blanc, plus claires, tantôt à fond noir. Ces dernières, heureusement moins fournies que les blanches, rassemblent les espèces d’oiseaux disparus ou en grand danger d’extinction. On y retrouve entre autres des aras,  le hibou grand-duc et un chat tenant une grive… Vous avez dit chat ? Oui, car ces félins sont responsables de la mort de 75 millions d’oiseaux par an ! Les hommes ne sont pas non plus étrangers à ce déclin, leur responsabilité est également exposée et ça nous cloue le bec.

En pratique

Vous pouvez retrouver l’exposition jusqu’au 2 janvier 2022 en visite libre mais pas que : le musée propose des Visites Flash, gratuites, toutes les 30 minutes. Ces visites durent environ un quart d’heure et sont animées par des médiateurs et médiatrices culturel.le.s qui présentent la collection et nous parlent plus en détail des choix de mise en scène : une perspective intéressante !

Anaïs Lefebvre

>> Crédit image de Une : Musée des Confluences