Lazuli : le spatial et le hors-sol

Publié par Echosciences Grenoble, le 8 juillet 2026

Extrait d'un article de Lucie Luboulleux, Chercheuse en astronomie, initialement publié sur Le Club de Mediapart le 7 juillet 2026 :

Le télescope Lazuli, premier observatoire spatial entièrement financé par des fonds privés, est le projet phare de la Schmidt Sciences Foundation, organisation philanthropique fondée par Wendy et Eric Schmidt, ancien PDG de Google. Avec sa présentation en grande pompe lors de la réunion de l'American Astronomical Society en janvier 2026, il pose des questions fondamentales sur la direction que prend la recherche astronomique et, plus largement, la science publique à l’échelle internationale.

Contexte

Lazuli s'inscrit dans un large programme : le Schmidt Observatory System, un réseau de quatre observatoires complémentaires, dont trois au sol : les télescopes terrestres seront conçus pour détecter les évènements que Lazuli pourra ensuite caractériser depuis l'orbite. Il mesurera 3 mètres de diamètre, sera équipé d’instruments capables d'observer de la lumière visible à l'infrarouge proche, une plage assez similaire à celles des télescopes spatiaux Hubbleet Nancy Grace Roman. Plus original : il sera lancé seulement 4-5 ans après le début de sa conception, soit probablement en 2028-2029. Cela fera de lui l’un des télescopes spatiaux au développement le plus court, et donc un télescope bien économique (plusieurs centaines de millions de dollars) au regard de son ambition scientifique. A titre de comparaison, Hubble avait coûté 2,5 milliards de dollars à son lancement de 1990, et le Nancy Grace Roman devrait dépasser les 4 milliards de dollars pour son lancement prévu fin août 2026.

Enfin, scientifiquement, Lazuli sera indéniablement un atout intéressant : il permettra 1) l'imagerie et la caractérisation des atmosphères d'exoplanètes, ces mondes qui orbitent autour d’autres étoiles que notre Soleil, 2) l'observation de supernovas de type Ia, qu’on appelle des « chandelles standards » en cosmologie et qui permettent d’étudier l’expansion de l’Univers et l’énergie noire, 3) la caractérisation rapide des transitoires astrophysiques comme les sursauts gamma.

Bref : un télescope ambitieux, développé en un temps record, par une fondation privée... des ingrédients peu anodins, et sur lesquels il vaut la peine de s’attarder.

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