Les nouvelles technologies pour vivre plus longtemps chez soi

Publié par Marion Sabourdy, le 26 mars 2012   2.1k

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L’association TASDA accompagne le développement des nouvelles technologies dans le secteur de la santé à domicile et de l’autonomie.

Vieillissement de la population et augmentation de la proportion de pathologies chroniques ont entraîné le développement du secteur de la santé à domicile et de l’autonomie (SDA). A côté des aides classiques comme les auxiliaires de vie ou l’aménagement des logements, ce secteur propose des solutions liées aux nouvelles technologies. L’association TASDA (Technopôle Alpes Santé à Domicile et Autonomie) a pour rôle d’accompagner leur développement. Focus avec Véronique Chirié, sa directrice.

Quel est le rôle de TASDA ?

Notre association, née en décembre 2009, est pilotée par le CHU du Grenoble et le pôle Minalogic. Nous travaillons en lien avec les différentes parties prenantes du secteur SDA : collectivités territoriales, associations d’usagers et d’aidants, professionnels du service à la personne, industriels, bailleurs sociaux, recherche... Notre objectif est d’accompagner le changement lié aux nouvelles technologies et de déterminer comment celles-ci s’insèrent dans nos pratiques.

Quelles sont ces nouvelles solutions ?

Il existe par exemple des petits capteurs placés dans une montre, équipés d’accéléromètres qui peuvent détecter une chute et donner l’alerte. Ou encore des bracelets de géolocalisation avec GPS intégré pour les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer. On peut également installer des systèmes de surveillance (caméra ou capteurs infrarouge) à domicile qui déterminent si le comportement de la personne varie de façon alarmante afin de prévenir des « situations de glissement ». Des équipes de recherche travaillent sur le thème de l’habitat intelligent et la domotique à l’Université Joseph Fourier.

Comme l’isolement conduit notamment à la réduction de ses activités, des solutions peuvent contribuer à restaurer le lien social via des interfaces ergonomiques reliées à internet (télévision ou tablettes tactiles). Des solutions de coordination des professionnels intervenants au domicile sont aussi à l’étude. Enfin, la télémédecine est en développement pour le suivi à distance de maladies chroniques. Le patient relève par exemple tous les jours sa tension et envoie les résultats à son médecin.

Comment TASDA compte faire connaître ces solutions ?

Un espace de démonstration est prévu dans le futur « Open innovation center » qui verra le jour en 2014 dans le cadre du projet Ecocité de la ville de Grenoble. Il s’agira d’un lieu de présentation des solutions technologiques, où nous accompagnerons les personnes intéressées (usagers, aidants, professionnels) pour les informer des offres, les aider à choisir de façon « éclairée » les solutions (en fonctions de leurs besoins, leurs capacités, leurs priorités en terme d’autonomie), les former à leur utilisation.

Quelles sont les limites des solutions technologiques ?

Tant qu’on n’a pas répondu aux questions « A quoi ça sert ? Qui s’en sert ? Combien ça coûte ?.... », les nouvelles technologies ne sont pas vraiment exploitables. D’autant plus qu’elles impliquent de profonds changements dans nos structures actuelles. Les médecins seront amenés à analyser des données relevées par les patients, les aides à domicile à vérifier le fonctionnement des dispositifs techniques et l’ensemble des intervenants à partager leurs informations sur un support numérique. Mais la démarche pluridisciplinaire et le partage des données ne sont pas la norme à l’heure actuelle…

Les freins au développement des technologies relèvent plus des freins organisationnels, économiques et culturels. Les conditions d’utilisation doivent être réfléchies. A ce propos, le Centre national de référence - Santé à domicile et Autonomie s’est également doté d’un espace éthique dédié aux nouvelles technologies dont le responsable est Vincent Rialle, le secrétaire général du TASDA.

Bébé phoque robotisé utilisé pour apporter du bien-êtreaux patients âgés

Comment travaillez-vous au quotidien sur le terrain ?

Nous animons la démarche « BIVACS » (Bien vivre son autonomie chez soi) avec plusieurs partenaires qui réfléchissent aux réponses technologiques pour le bien-vivre à domicile. Cela nous permet de faire le lien entre les différents acteurs du secteur pour entamer une réflexion partagée sur les technologies, les besoins et attentes de chacun.

Travailler ensemble doit nous permettre d’élaborer des cahiers des charges à destination des industriels (pour adapter les offres), des documents d’information sur les solutions, des évaluations partagées de ces solutions, des idées à développer … Nous sommes en lien avec les différents organismes de soutien des projets industriels (I-Care au niveau Régional, Adebag, Minalogic, etc.) afin de faire bénéficier les entreprises de ces travaux de réflexion.

Nous travaillons également avec le Conseil général de l’Isère qui développe à une plateforme téléphonique coordonnée afin de gérer les demandes à caractère d’urgence, les demandes médicales, médico sociales et l’écoute sociale. L’objectif de ce projet Autonom@Dom qui mobilise les parties prenantes de la santé à domicile, est de décloisonner les différentes approches - urgences, sanitaire, médico-sociale - pour augmenter le confort et la qualité du soutien à domicile, mais également pour identifier des moyens de financement de matériels « mutualisés » qui servent à plusieurs objectifs (sanitaire et médico social).

>> Illustrations : dark_ghetto28camera_obscura (Flickr, licence CC)