“Les objets connectés ont investi le champ des réseaux électriques afin de les rendre intelligents”, Matthieu Terenti, Enedis

Publié par La Casemate, le 16 mars 2017   2.3k

Entreprise de service public, gestionnaire du réseau de distribution d'électricité qui développe, exploite, modernise le réseau électrique et gère les données associées, Enedis soutient la Maker Faire 2017 en tant que partenaire et tiendra un stand parmi les makers. Interview de Matthieu Terenti, chargé de la coordination et du développement de grands projets connectés à la transition énergétique.

Qu’allez-vous présenter à la Maker Faire ?

Nous souhaitons faire découvrir aux visiteurs la manière dont les objets connectés ont investi le champ des réseaux électriques afin de les rendre intelligents. Ils découvriront les évolutions numériques qui facilitent l’avènement des énergies renouvelables et le développement des infrastructures de recharge de véhicules électriques en France, le pilotage des réseaux à distance, etc.

Pour cela, nous avons invité sur notre stand 8 innovateurs, start-up ou grands groupes (dont Lancey, Schneider electric, WDB, Steady Sun...) qui présenteront des projets et des technologies construites ensemble comme un radiateur intelligent connecté au compteur Linky qui permet d’optimiser sa facture de chauffage, un système de prévision photovoltaïque, des sites internet qui mettent en relation la production et la consommation d’énergie à l’échelle d’un quartier, un système de communication par courants porteurs en ligne pour piloter le réseau électrique autour des énergies renouvelables…

Quels sont les grands projets actuels d’Enedis ?

Nous travaillons actuellement sur des projets d’innovation participative à échelle réelle - celle d’un quartier ou d’une portion de ville - sur des sujets comme l’éco-citoyenneté, la transition énergétique, le traitement des données globales dans le domaine de l’environnement. Pour ce faire, nous avons monté des projets collaboratifs, avec de multiples partenaires dont certains bien implantés à Grenoble, c’est notamment le cas du CNRS EDDEN, du CEA, de Grenoble-INP, ATOS, ou GEG pour ne mentionner que les principaux.

Et ces projets mettent en avant des compétences qui peuvent parfois se perdre. Voilà pourquoi nous avons souhaité créer une structure pérenne “l’Institut Smart Grid” (1), avec notamment le CEA, la Communauté Université Grenoble Alpes et le Rectorat de Grenoble, afin de relever un défi de formation, d’accélérer l’innovation (depuis les expérimentations jusqu’à la mise sur le marché) et de faire rayonner une filière encore à organiser.

Avez-vous un exemple de projet de ce type, localement ?

Oui, le démonstrateur de Smart Grid “Greenlys”, un projet d’innovation qui s’est tenu à Lyon et Grenoble de 2012 à 2016 avec 12 laboratoires, industriels et associations partenaires (tels que ENGIE, GEG, Schneider Electric, Grenoble-INP ou encore Atos, Alstom, Hespul...), tourné vers l’intégration des énergies renouvelables et le pilotage de la consommation en urbain. Enedis a permi à des sociétés de grandir et d’accélérer l’innovation, notamment sur le sujet de la prévision photovoltaïque comme Steady Sun. Aujourd’hui, par exemple, on arrive à avoir une vision fine sur la production solaire, à l’échelle d’un quartier, grâce à des technologies qui scrutent le ciel.

La région Auvergne-Rhône-Alpes est la première en termes d’innovation, avec des acteurs de toutes tailles et avec 40% des projets français. Et Grenoble est un foyer historique de l’innovation. Cela a commencé avec la houille blanche puis le nucléaire et enfin les énergies alternatives.

Que faites-vous des données collectées à travers ces dispositifs ?

Nous sommes engagés dans une démarche d’Open data, c’est-à-dire de mise à disposition de jeux de données à des acteurs divers comme des start-up pour créer des services (2) - et elles sont une centaine, juste dans notre région - des collectivités territoriales pour prioriser l’action publique ou encore des citoyens, qui peuvent manipuler leurs données personnelles.

Ces différents acteurs peuvent par exemple travailler sur des bilans prévisionnels pour estimer l’évolution de la production et la consommation à l’échelle nationale, régionale, d’une ville, d’un quartier voir même d’un bâtiment (avec des données anonymisées). Je profiterai d’ailleurs de la Maker Faire pour montrer aux visiteurs comment utiliser le portail client afin de consulter les données de sa propre consommation. J’utiliserai mes propres données, collectées la veille de l’événement.

Dans quels projets Enedis est-elle impliquée actuellement ?

Un des principaux projets actuels est “VivaCité” aux côtés de GEG et ATOS, une plateforme qui relie les données des différentes énergies (eau, électricité, gaz) et ce pour sensibiliser les clients à leur propre consommation. La Métropole de Grenoble est très sensible à la dimension de l’interopérabilité des énergies et s’est engagée dans ce projet d’envergure.

>> Notes :

  1. Smart Grid = réseau de distribution d’électricité “intelligent” c’est-à-dire utilisant des technologies informatiques pour optimiser l’efficacité de la production, de la distribution, de la consommation et éventuellement du stockage de l'énergie (source : Wikipédia)
  2. Ces données peuvent être extraites et manipulées via une API

>> Image : Lennart Tange, Flickr, licence cc