Manifeste G2E (Grenoble Europe Énergie)

Publié par Michel Belakhovsky, le 31 mai 2019   300

 

Grenoble Europe Energie  : Le manifeste TERE

– Transition Energétique Rapide en Europe –

 

Bouleversé par l’activité humaine, notre environnement est en danger et l’avenir même de nos sociétés est menacé. Changement climatique, extinction de la biodiversité ou encore pollution atmosphérique proviennent des mêmes causes : nous produisons trop et trop mal. L’accumulation des déchets et leur non retraitement bouleversent la planète. Réintroduire les activités humaines dans la chaîne du vivant, et en faire un cycle vertueux, est devenu une nécessité vitale.

Du fait des rigidités de toutes sortes et de la « tragédie des horizons » qui conduit à privilégier le court terme ou les mesures faciles, les politiques en faveur de la sauvegarde du climat tardent à se concrétiser. Et si des cadres existent, ils peinent à être mis en œuvre. Nous sommes pourtant en état d’urgence contre une menace systémique. [x1] Si cette urgence n'apparaît pas clairement à l’ordre du jour de notre société, nous devons l’imposer à notre agenda quotidien. Cette pression doit être constante, globale et populaire. L’action à un échelon européen est indispensable même si elle ne suffira pas à régler le problème planétaire du dérèglement climatique.

 

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 Le collectif Grenoble-Europe-Energie (G2E) est un lobby citoyen pour une accélération de la nécessaire transition énergétique en Europe et dans le monde, à travers le projet « Transition Energétique Rapide en Europe », TERE.

En tant que lobby citoyen, nous nous proposons d’aider au diagnostic, de lancer des alertes, de mettre en avant des solutions. Notre action vise à soutenir la décision politique, en aidant à rapprocher élus et citoyens. Pour agir, enfin.

Notre action se fonde sur un ancrage régional, mais s’inscrit dans une perspective européenne et mondiale. Notre mode de fonctionnement favorise la transdisciplinarité en regroupant des spécialistes d’horizons divers, des élus locaux ainsi que des citoyens motivés et qui refusent le statu quo.[x2] 

 

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Nous nous regroupons autour des principes suivants :

  1. Nous comprenons la différence entre une augmentation de la température moyenne du globe de 1,5°C et une augmentation de 2°C. Chaque demi-degré compte ;
  2. Nous sommes conscients qu’un effort important reste à accomplir pour éveiller les consciences. Plus difficile encore est le chemin pour faire évoluer nos pratiques de vie et nos modes de production. Mais à mesure que les enjeux deviennent plus clairs, que les impacts et les décisions à prendre se rapprochent, les opinions se mobilisent. Il est donc essentiel de se rassembler. Nous devons dépasser les clivages partisans et mobiliser davantage de forces et de catégories d’acteurs différents ;
  3. Pour inspirer et mobiliser, notre premier outil c’est le langage. “Mal nommer les choses, c'est ajouter au malheur du monde.” disait Albert Camus. Un langage commun est nécessaire pour avancer dans la même direction. Celui-ci se forme grâce à des principes simples : s’appuyer sur les faits, utiliser les bonnes unités et les bons ordres de grandeur, comparer ce qui est comparable. Mais, plus encore, pour être accessible, et utile, ce langage doit être mis en récit et permettre de coconstruire une transition positive et désirable ;
  4. Se pose alors la question des moyens à mettre en œuvre. Nous sommes convaincus qu’il faut donner une dimension démocratique et sociale plus prégnante à la transition énergétique. Nous savons que la science et la technique sont insuffisantes pour répondre au problème. [x3] Avant d’être technologique, l’enjeu est sociétal, culturel et économique. En proposant une vision ouverte des transformations à venir, en faisant appel à toutes les disciplines (droit, philosophie, sociologie, sciences économiques...), nous sommes sans a priori sur les solutions envisageables, qui peuvent être techniques, fiscales, sociales, etc. ;
  5. Avec TERE, nous conjuguerons l’action directe et rapide sur notre quotidien à l’échelle locale et l’action politique, nécessaire pour impulser le changement global, à l’échelle européenne. Bien que l’avenir s’assombrisse, notre parti-pris est simple et il vise à allier « le pessimisme de la raison et l’optimisme de la volonté » cher à Gramsci.

 

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Notre collectif agira selon deux axes. D’une part, nous permettrons aux citoyens de s’informer et de se mobiliser sur la problématique Climat-Énergie via un réseau, des événements, des réflexions approfondies (articles, débats citoyens, etc.). D’autre part, nous donnerons un écho à ces réflexions et à ces individus pour porter leur voix plus largement dans la société (associations, laboratoires d’idées, secteur privé etc.) et aux niveaux décisionnels, politique et économique.

Complément possible : “La réflexion et les actions doivent se concentrer sur la faisabilité à court-terme avec une vision de long terme. Elles doivent considérer tous types de mesures, les plus traditionnelles comme les plus originales, même si elles sont parfois contraignantes. Elles doivent s’être inspirées par les sciences, la sociologie, l’économie et toute autre discipline… mais aussi par les arts.”

Complément possible : ”La région grenobloise réunit bien, tant par sa localisation géographique que par sa composante sociétale (pôle de recherche et développement, universités) les atouts d’un formidable laboratoire, à même d’initier un tel processus.”

Complément possible : “De plus, la représentation de leur rôle peut faire débat. Par exemple, nous nous concentrons beaucoup sur le “renouvelable” quand il faudrait penser davantage le “durable”.”