Retour sur la visite de la centrale hydroélectrique du Cheylas

Publié par Marion Sabourdy, le 13 mai 2013   5.1k

Xl le cheylas

En octobre dernier, dans le cadre des Journées de l’Industrie Electrique EDF, j’ai eu l’occasion de pénétrer dans la centrale hydroélectrique du Cheylas. Retour sur ma visite. 

Les 6 et 7 octobre derniers, la centrale hydroélectrique du Cheylas (voir pièce jointe en bas de l'article), située dans la vallée du Grésivaudan entre Crolles et Pontcharra, ouvrait ses portes au public le temps d’un weekend dans le cadre des Journées de l’Industrie Electrique EDF (1). Munie d’un casque et d’écouteurs (pour mieux entendre la guide dans un environnement bruyant), j’étais de l’aventure, comme plus de 1000 autres visiteurs.

Tous les quarts d’heures, un petit groupe pénétrait dans les bâtiments, mené par un des quarante techniciens ou chargés d’exploitations de la centrale mobilisés pour l’occasion, afin de découvrir l’intérieur de la centrale et son fonctionnement. Mon groupe était ainsi guidé par Lorène Dauchez, responsable de l’aménagement de l’Arc-Isère.

La jeune femme nous a appris que la centrale du Cheylas faisait partie du Groupe d’Exploitation Hydraulique de la Vallée de la Maurienne qui regroupe des installations de haute, moyenne et basse chute ainsi que deux Stations de Transfert d’Energie par Pompage (STEP) dont la centrale du Cheylas, mise en service en 1979 ! (2)

Extrait de la fiche descriptive de la centrale : « Les STEP fonctionnent avec deux retenues d'eau séparées par un fort dénivelé. La centrale turbine l'eau du bassin supérieur pour produire de l'électricité en période de forte consommation, et la rejette dans le bassin inférieur. En période creuse, l'eau du bassin inférieur est pompée vers le bassin supérieur ».

Concernant la centrale du Cheylas, « le principe de l’aménagement a consisté à couper par une dérivation la grande boucle que font l’Arc et l’Isère depuis Saint-Jean-de-Maurienne (Arc) jusqu’au Cheylas (Isère). Les eaux en provenance de l’Arc moyen et du Glandon traversent le massif de Belledonne par deux galeries successives, pour déboucher dans le Bassin du Flumet (bassin supérieur) à Saint-Pierre d’Allevard. L’eau est ensuite amenée par galerie et conduite forcée souterraine jusqu’à la centrale du Cheylas pour être turbinée avant d’être évacuée vers le bassin de compensation du Cheylas (bassin inférieur) par lequel se fait également la restitution de l’eau dans l’Isère ». La mise en place de ces dispositifs traversant en partie le massif de Belledonne a nécessité des travaux de sept ans.

Vue de l’extérieur, la centrale ressemble à un simple hangar. Mais une fois à l’intérieur, nous avons découvert les énormes puits des deux groupes turbines Francis, parmi les plus gros en France. Ces groupes peuvent fonctionner en turbinage ou en pompage et ils « cumulent une puissance installée de 480 MW, ce qui les classe second en terme de puissance dans le parc hydroélectrique français ». Cette puissance permet de fournir en électricité 260 000 habitants, soit un peu plus de la moitié de l’agglomération grenobloise.

Puits vertical du Groupe 1 d'une hauteur de 66 mètres

La suite de la visite nous a fait découvrir les énormes transformateurs attenants à la centrale. Enfin, des stands permettaient de revenir sur les travaux qui ont eu lieu sur le groupe de production n°1 de la centrale, sur le fonctionnement des aménagements hydroélectriques ou encore sur les métiers de l’hydroélectricité.

>> Notes :

  1. Lors de ces journées, EDF propose au grand public de visiter son patrimoine industriel en France  (centrales de production d’électricité nucléaires, thermiques à flamme, hydrauliques, éolienne, photovoltaïque et site de recherche et développement). 46 sites étaient ouverts en 2012 et la centrale du Cheylas était la seule ouverte en Rhône-Alpes. Les prochaines Journées auront lieu les 8 et 9 juin prochains.
  2. La région Rhône Alpes est au premier rang national en nombre d'installations et en production : 120 centrales hydroélectriques pour une production d’environ 15 000 GWh/an (soit la consommation d’environ 6 millions d’habitants). Voir aussi la page de l’Unité de production Alpes.

>> Illustrations : EDF-Franck Oddoux (photo principale et puits), EDF-UP Alpes 2012 (visiteurs), HydroWeb (cartes)