Transhumanisme : la recherche de l’immortalité a-t-elle un sens ?

Publié par Yannick Chatelain, le 30 octobre 2023   670

par Caroline Cuny, Professeure en psychologie, Grenoble École de Management (GEM)
Yannick Chatelain, Professeur Associé. Digital I IT. GEMinsights Content Manager, Grenoble École de Management (GEM)

L’immortalité numérique est désormais à portée. Avec les prodigieuses avancées de l’Intelligence artificielle (IA), nous sommes maintenant en mesure de nous fabriquer un avatar virtuel pour après notre mort. C’est indéniablement « un petit pas pour un homme » vers une immortalité plus « aboutie ». Est-ce pour autant « un bond de géant » pour notre humanité ?

Savoir si la recherche de l’immortalité a un sens est un débat on ne peut plus d’actualité et particulièrement complexe, qui engage tant la philosophie que l’éthique. Or c’est une question qui va s’avérer de plus en plus souvent posée au regard des progrès médicaux et technologiques inédits des dernières décennies visant à prolonger et améliorer la vie de l’homme. Au regard d’arguments en sa faveur qui ne peuvent être ignorés, d’arguments « contre » qui ne peuvent non plus être passés sous silence, au cœur de ce questionnement : la condition humaine.

Ceci étant dit, comme le note le biologiste franco-croate Miroslav Radman si l’on parle d’immortalité, les choses sont très relatives : « le seul candidat est la vie même qui dure déjà entre 3,5 et 4 milliards d’années. Mais, la vie n’est pas une entité, c’est un processus robuste qui génère ses produits fragiles – les organismes vivants. » L’homme est ainsi un produit « fragile » mais qui apparaîtra immortel par rapport à un ver qui ne vit que deux semaines.


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L’ambition de ne plus mourir

Pour autant, la quête de l’immortalité, au sens strict de ne jamais mourir est au cœur des préoccupations de certains hommes. En juin 2023, Neuralink, start-up de neurotechnologie dirigée par Elon Musk annonçait avoir reçu l’autorisation des autorités sanitaires américaines pour commencer les essais cliniques de ses puces cérébrales (des implants visant à améliorer les capacités cérébrales humaines et soigner certaines maladies comme celle de Parkinson) sur des humains.

Elon Musk, milliardaire patron de Neuralink et transhumaniste revendiqué.
Elon Musk, milliardaire patron de Neuralink et transhumaniste revendiqué.Wikicommons

Ces avancées ne peuvent que réjouir la communauté transhumaniste qui revêt – selon les groupes – divers ambitions et objectifs, dont l’amélioration des capacités humaines, mais pas seulement.

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