ILL: Bilan de la journée Laue

Publié par Françoise Vauquois, le 5 décembre 2012   1.5k

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La première mise en évidence de la diffraction des rayons X par un cristal a eu lieu il y a 100 ans. C’est cet évènement que célébrait la journée « Laue », organisée le 13 novembre 2012 par une équipe dynamique de l’Institut Laue Langevin (ILL).

160 personnes y ont participé, un public très varié qui incluait aussi bien de jeunes étudiants que des acteurs scientifiques confirmés, couvrant un large éventail de spécialités.

Dans une introduction historique, Mickael Eckert (Deutsches Museum de Munich) a brillamment exposé la façon dont cette découverte s’est déroulée, évoquant non seulement les acteurs qui ont laissé leurs noms dans l’histoire de la science (Laue, Sommerfeld, Bragg, Ewald, …), mais aussi les discussions et les interprétations polémiques de l’époque. Cet exposé a clairement montré que la recherche scientifique, dans ce cas comme dans bien d’autres, n’est pas un processus linéaire d’accroissement de la connaissance ; les choses sont bien plus complexes.

La diffraction des rayons X par les cristaux, mise en évidence en 1912, a eu d’énormes conséquences scientifiques qui ont été mises en lumière par Dieter Schwartzenbach (EPF Lausanne), sous une forme scientifico-historique.

Dans l’après midi trois exposés, plus ciblés scientifiquement, ont montré que la technique utilisée en 1912, aujourd’hui connue sous le nom de « méthode de Laue », continue de fournir des résultats scientifiques de première importance.

José Baruchel (ESRF) a indiqué comment cette technique pouvait s’intégrer dans une approche « imagerie » pour caractériser et rendre compte du comportement physique de nombreux matériaux mono ou polycristallins. Laurent Chapon (ILL) a rappelé l’importance du magnétisme et des neutrons dans la science développée à Grenoble, avec les figures de Louis Néel et de Cliff Shull. Enfin Matthew Blakeley (ILL) a montré l’énorme impact de la cristallographie, développée à partir de la découverte de 1912, sur la compréhension de la structure des protéines et leur activité biologique, à la fois d’un point de vue fondamental, que par les retombées sur l’industrie pharmaceutique et l’agroalimentaire.

Autant de preuves que la cristallographie est, encore et toujours, un indispensable vecteur d’innovation.

Les détails des conférences données lors de cette journée sont disponibles sur le site www.ill.fr/laue-2012.