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Le Master CCST

Changement climatique et montagne : halte aux idées reçues avec le centre IRSTEA !

Publié par Sandy Aupetit, le 12 octobre 2017   630

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Cette semaine dans le cadre de la Fête de la science, près de 1200 élèves de collèges et lycées sont attendus sur le village "28 nuances de sciences" sur le campus universitaire de Saint Martin d'Hères. Aperçu de l'atelier "Idées reçues sur le réchauffement climatique en montagne" avec Delphine Piazza-Morel, ingénieure de recherche du centre IRSTEA de Grenoble travaillant sur le projet ADAMONT.


Quelle animation proposez-vous pour cette nouvelle édition de la Fête de la science ? 

Le centre IRSTEA de Grenoble participe depuis plusieurs années à la Fête de la science, on a donc l’habitude des différents publics et notamment des scolaires. On sait que pour réussir à faire passer un message, qu’il soit bien approprié et bien compris auprès des enfants, c’est beaucoup plus facile si on le fait sous une forme rigolote et sous forme de jeux. Nous avons donc préparé cette année des jeux de type Qui est-ce ? ainsi que plusieurs supports visuels, notamment des petits livrets, sur les idées reçues à propos du changement climatique en montagne et sur un ton un peu humoristique. Lors de cet atelier on essaye non seulement de montrer les différents impacts - qu'ils soient positifs ou négatifs - sur la faune, la flore et les activités de montagne, mais aussi de mettre en relief les adaptations environnementales ou socio-économiques que ces changements génèrent.


Extrait du livret "Qu'est-ce qui change ? 38 idées reçues sur le changement climatique en montagne"  créé par le centre IRSTEA


Pouvez-vous nous parler d'une idée reçue sur le changement climatique en montagne ? 

Une idée reçue courante est que lorsqu'on est en montagne, comme on est en altitude et qu’il fait toujours froid, on ne va pas du tout ressentir les effets du réchauffement climatique. C’est clairement une idée reçue et en fait c’est complètement l’inverse ! Les territoires de montagnes sont très sensibles, et depuis les années 1900, nous avons des données météo qui indiquent que le réchauffement à été beaucoup plus fort pour les territoires de montagne que pour les territoires de plaine. On note ainsi sur les 100 dernières années un réchauffement d'environ 1°C sur les territoires de plaine, alors qu’il est de presque 2°C sur les territoires de montagne. Donc se dire qu’on va moins percevoir les effets du changement climatique en montagne est faux. Même s'il  est vrai qu’il fera toujours un peu plus froid en montagne, le réchauffement est bien présent et va générer des impacts très visibles, comme par exemple la diminution de l’enneigement, des modifications sur les dates de floraison des différentes espèces végétales, etc. 


Jeu "Qui est-ce ?" sur les arbres de montagne. Les illustrations ont été réalisées par 
Nicole Sardat , chargée de communication au centre IRSTEA !

Dans votre atelier vous parlez de l'impact du réchauffement climatique en montagne sur les plantes, les arbres, les oiseaux et les activités humaines. Pouvez-vous nous en dire un peu plus ?

Les territoires de montagne sont caractérisés par des aspects de biodiversité et les espèces végétales ou animales qui y vivent, que ce soit les oiseaux, les plantes ou les arbres, vont être impactées par le réchauffement climatique. Il y a par exemple des espèces végétales, qui étaient présentes à une certaine altitude et qui remontent maintenant à plus haute altitude. Les oiseaux sont également touchés car les petits insectes dont ils ont l’habitude de se nourrir ne se retrouvent plus présents aux périodes habituelles, où les oiseaux et les oisillons en ont besoin. Cela génère tout un tas de petites adaptations que la nature doit mettre en place. 


Nicole Sardat (à gauche) et Delphine Piazza-Morel (à droite) animant le stand "Idées reçues sur le changement climatique en montagne". 


Il y a par ailleurs des effets sur les activités de montagne. Sur le tourisme autour de la neige en hiver par exemple, car on observe de plus en plus d’hiver sans neige. Cela veut dire que toute l’économie touristique dépendante de la neige est à revoir, et on pense notamment à diversifier les activités. Du côté de la forêt en montagne, qui est très présente et très exploitée, on pense maintenant à ne pas seulement exploiter les arbres résineux mais aussi à se tourner vers les arbres feuillus qui résistent mieux au changement climatique. Enfin concernant l’agriculture, beaucoup de troupeaux d’élevages (bovins et ovins) sont conduits en été dans les alpages, et les sécheresses récurrentes posent des problèmes pour nourrir le bétail et avoir du fourrage en quantité suffisante. Il y a donc là aussi des adaptations à mettre en place et de nouvelles ressources à envisager. 


Photo de couverture : Thomas Cordonnier du centre IRSTEA (au centre), animant l'un jeu des jeux proposés avec les élèves de 5ème du collège St Etienne de Cuines.