Flora Moulin – « C’est important que certains chercheurs fassent de la vulgarisation »

Publié par Lorenzo Jacques, le 25 mars 2019   800

Xl img 7258

"Phénoménologie des trous noirs en gravitation quantique"


L’interview commence, et un livre imposant apparaît dans ses mains. C’est « The Mathematical Theory of Black Holes », de S.Chandrasekhar.

Pour elle, c’est le meilleur résumé de sa thèse, en cela que ce livre a été un compagnon sacrément fidèle. Ce n’est pas le genre d’ouvrage que l’on lit en entier, pourtant, à force d’aller y chercher des équations, elle a probablement lu chacune de ses pages. Et ça se voit, il est usé jusqu’à la tranche, et les pages marquées d’un pli sont innombrables.

Elle s’en sert beaucoup, pourtant, elle n’a jamais envisagé d’écrire ce genre d’ouvrage. Avec MT180, Flora se dirige plutôt vers l’oral, pour faire comprendre et diffuser sa thèse. Et la première étape, c’est de devenir meilleure à l’oral, de sortir de sa zone de confort, et de s’y mettre vraiment !

Mais il n’y a pas que l’aisance devant le public. Écrire un texte clair et synthétique, en luttant contre la limite imposée des trois minutes a aussi été un sacré défi. Un travail ardu, mais qui lui a beaucoup plu. Peut-être que l’écriture n’est pas si loin, finalement.

Il faut dire qu’avec les trous noirs et la mécanique quantique, il y a du boulot. Face à des thèses à ce point contre-intuitives, même les chercheurs s’y perdent. D’où la célèbre phrase de Richard Feidman, reprise par Flora :

« Si vous croyez comprendre la mécanique quantique, c’est que vous ne l’avez pas comprise ».

Crédit Photo : Cindy  Shalaby