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Mémoires du Futur

L'imaginaire de la conscience - VII

Publié par Jean Claude Serres, le 21 mars 2024   490

A - Pour ouvrir la réflexion posons quelques questions à ChatGPT : 

1 - qu’est-ce que la conscience ?

ChatGPT  : 

La conscience est un concept complexe et multifacette qui a été étudié et débattu dans divers domaines tels que la philosophie, la psychologie, la neurologie et la science cognitive. Bien qu'il n'existe pas de définition unique et universelle de la conscience, on peut la décrire de manière générale comme la capacité d'avoir une expérience subjective, c'est-à-dire d'être conscient de soi-même et de son environnement.

La conscience implique la perception, l'attention, la mémoire, la pensée, et elle est souvent associée à la capacité de ressentir des émotions. Elle peut être considérée comme un état mental qui émerge du fonctionnement complexe du cerveau. Les neuroscientifiques cherchent à comprendre les mécanismes neuronaux sous-jacents à la conscience, mais le mystère de la nature exacte de la conscience reste un défi majeur.

En philosophie, il existe différentes perspectives sur la nature de la conscience, allant du dualisme, qui soutient que l'esprit et le corps sont des entités distinctes, au monisme, qui affirme qu'il n'y a qu'une seule substance fondamentale dans l'univers (matérialisme ou idéalisme).

En résumé, la conscience est un aspect fondamental de l'expérience humaine, mais sa compréhension complète demeure un domaine de recherche en évolution constante.

2 - Quelle est la nature de la conscience ?

Chat GPT

La nature de la conscience est l'un des problèmes les plus complexes et mystérieux en philosophie, en neuroscience et en science cognitive. Différentes perspectives et théories tentent de comprendre la nature fondamentale de la conscience. Voici quelques-unes des principales approches :

  1. Matérialisme/Physicalisme : Cette perspective affirme que la conscience émerge directement des processus physiques dans le cerveau. Selon cette vision, il n'y a rien de plus dans l'esprit que l'activité du cerveau.
  2. Dualisme : Le dualisme propose que l'esprit et le corps sont deux entités distinctes. Il existe différentes formes de dualisme, mais en général, il suggère que la conscience n'est pas réductible à des processus physiques et qu'il existe une substance ou une réalité mentale distincte.
  3. Idéalisme : L'idéalisme avance que la réalité mentale est fondamentale, et que tout ce que nous percevons est une construction de l'esprit. Selon cette perspective, la conscience est la réalité ultime.
  4. Fonctionnalisme : Cette théorie se concentre sur les fonctions de la conscience plutôt que sur sa substance. Elle soutient que la conscience émerge à partir des processus qui accomplissent certaines fonctions cognitives, indépendamment du support physique spécifique.
  5. Théories de l'information : Certains chercheurs considèrent la conscience comme un processus d'information complexe dans le cerveau. Selon cette approche, la conscience émerge lorsque le cerveau traite l'information de manière spécifique.
  6. Théories de la conscience globale : Ces théories suggèrent que la conscience n'est pas localisée dans une partie spécifique du cerveau, mais qu'elle résulte de l'activité globale du cerveau. L'idée est que la conscience émerge de la coordination de nombreuses régions cérébrales.

Malgré ces différentes approches, la nature exacte de la conscience reste largement inexpliquée, et il n'y a pas de consensus universel. Les chercheurs continuent d'explorer ce phénomène complexe à travers des études en neurosciences, en psychologie et en philosophie de l'esprit.

3 - Quelle est la nature de l’inconscient ?

ChatGPT

La nature de l'inconscient est également un sujet complexe qui a été exploré par différentes disciplines telles que la psychanalyse, la psychologie, la neuroscience et la philosophie. Voici quelques perspectives et théories sur la nature de l'inconscient :

  1. Psychanalyse : Sigmund Freud, le fondateur de la psychanalyse, a développé la théorie de l'inconscient comme étant une partie de l'esprit qui contient des pensées, des souvenirs et des désirs refoulés. Selon Freud, l'inconscient influence le comportement humain de manière significative, même si les individus en sont souvent inconscients.
  2. Psychologie cognitive : Dans le domaine de la psychologie cognitive, l'inconscient est parfois considéré comme la partie de l'esprit qui traite l'information en dehors de la conscience immédiate. Les processus automatiques, les schémas mentaux et les souvenirs implicites sont des exemples d'activités mentales qui peuvent se produire en dehors de la conscience.
  3. Neurosciences : Les neurosciences modernes s'intéressent à la compréhension des mécanismes cérébraux sous-jacents à l'inconscient. Des processus tels que la mémoire implicite, les réflexes conditionnés et d'autres réponses automatiques peuvent être liés à des activités cérébrales qui se produisent en grande partie en dehors de la conscience.
  4. Cognitivisme et psychologie évolutionniste : Certains chercheurs considèrent l'inconscient comme résultant de processus mentaux qui ont évolué pour traiter efficacement l'information et guider le comportement sans nécessiter une conscience délibérée.
  5. Philosophie de l'esprit : En philosophie, certaines perspectives mettent en lumière la distinction entre l'inconscient et le conscient, soulignant que l'inconscient peut contenir des contenus mentaux qui ne sont pas immédiatement accessibles à la conscience.

Il est important de noter que la nature de l'inconscient peut varier en fonction de la discipline et de la théorie particulière. De plus, les avancées constantes dans la recherche scientifique continuent de nuancer et d'approfondir notre compréhension de l'inconscient. Bien que le concept d'inconscient soit largement accepté dans de nombreuses disciplines, il reste un domaine complexe et parfois controversé.

4 -  Quelle est la nature de la libido ?

ChatGPT

La libido est un concept introduit par Sigmund Freud, le fondateur de la psychanalyse, pour désigner l'énergie psychique associée aux pulsions sexuelles. Selon Freud, la libido n'est pas uniquement liée à la sexualité au sens strict, mais elle englobe une énergie psychique générale associée aux désirs et aux pulsions de vie.

La libido est un aspect clé de la théorie freudienne de la personnalité, et elle est considérée comme une force dynamique qui motive le comportement humain. Selon Freud, la libido subit des transformations au fil de la vie d'une personne, passant par différentes étapes de développement.

Voici quelques points clés concernant la nature de la libido dans la perspective de la psychanalyse :

  1. Libido et développement psychosexuel : Freud a décrit plusieurs étapes du développement psychosexuel, chacune caractérisée par une zone érogène prédominante. Ces étapes incluent l'oral, l'anal, le phallique, la période de latence, et enfin, la génitale. La libido est supposée se déplacer d'une zone érogène à l'autre au cours de ces étapes.
  2. Libido et conflits psychiques : Selon la psychanalyse, la libido est souvent impliquée dans des conflits psychiques. Les conflits entre les pulsions sexuelles et les normes sociales, morales ou individuelles peuvent donner lieu à des mécanismes de défense psychologiques.
  3. Libido et sublimation : Freud a également introduit le concept de sublimation, qui implique la transformation des pulsions sexuelles en activités socialement acceptables et créatives. La sublimation est considérée comme un moyen par lequel la libido peut être canalisée de manière constructive.

Il est important de noter que la perspective de Freud sur la libido a été critiquée et révisée au fil du temps. D'autres théoriciens et écoles de pensée en psychologie ont proposé des interprétations différentes de la nature de la libido et de son rôle dans la motivation humaine. Ainsi, bien que le concept de libido ait joué un rôle clé dans l'histoire de la psychanalyse, il n'est pas nécessairement accepté ou utilisé de la même manière dans d'autres approches théoriques contemporaines.

5 - Est-ce que le sujet, suivant le concept freudien, fait partie de la conscience ou de l'inconscient ?

ChatGPT

Selon la perspective freudienne, le concept de "sujet" (ou "moi") fait partie de la structure de la personnalité, et il est plus spécifiquement lié à la conscience. Dans le modèle de la personnalité de Freud, on distingue trois instances : le ça, le moi et le surmoi.

  1. Le Ça (l'inconscient) : Le ça est la partie de la personnalité qui est inconsciente. Il est le réservoir des pulsions instinctuelles, des désirs et des impulsions primairement liés à la recherche de plaisir.
  2. Le Moi (la conscience et l'inconscient) : Le moi est la partie de la personnalité en contact avec la réalité extérieure. Il agit comme un médiateur entre les impulsions du ça, les exigences du surmoi (l'instance morale), et la réalité. Le moi opère à la fois au niveau conscient et inconscient.
  3. Le Surmoi (la conscience) : Le surmoi représente la morale interne, héritée des normes et des valeurs de la société. Il agit pour réprimer les pulsions du ça et influencer le comportement moral.

Le sujet, dans le concept freudien, est principalement associé au moi. C'est le moi qui expérimente la réalité, prend des décisions conscientes, et interagit avec l'environnement. Cependant, il est important de noter que le moi n'est pas exclusivement conscient. Une partie de ses processus et de ses opérations peut également se dérouler à un niveau inconscient.

En résumé, le sujet, du point de vue de la psychanalyse freudienne, fait partie du moi, qui est une entité psychique opérant à la fois dans le conscient et l'inconscient.

6 - Selon la perspective de jung quelle est la nature de la libido et la nature du sujet ?

ChatGPT

Carl Gustav Jung, un psychiatre suisse et contemporain de Sigmund Freud, a développé sa propre théorie de la psyché, qui diffère de celle de Freud sur plusieurs points. En ce qui concerne la libido et la nature du sujet selon la perspective de Jung, voici quelques points clés :

  1. Libido chez Jung : Contrairement à la conception freudienne, Jung a une vision plus large et moins strictement sexuelle de la libido. Pour Jung, la libido représente une énergie psychique générale, non seulement liée à la sexualité, mais aussi à l'ensemble des pulsions et des motivations qui animent le psychisme. La libido est une force vitale qui alimente le développement de la personnalité.
  2. Nature du sujet chez Jung : Jung a introduit le concept du "soi" pour décrire le noyau central et intégrateur de la personnalité. Le soi est un principe directeur qui cherche à réaliser le potentiel complet de la personne. Il comprend à la fois des éléments conscients et inconscients. Le sujet, pour Jung, est davantage associé à la totalité de la personnalité, y compris le conscient et l'inconscient.
  3. Les archétypes : Jung a également introduit le concept d'archétypes, qui sont des formes symboliques universelles héritées collectivement par l'humanité. Ces archétypes, tels que l'ombre, l'anima, et l'animus, sont des composants de l'inconscient collectif, une couche de l'inconscient partagée par l'humanité.
  4. Processus d'individuation : Jung a développé la notion d'individuation, un processus de développement personnel visant à réaliser le potentiel complet de la personnalité. Cela implique l'intégration consciente des aspects inconscients de soi, conduisant à une plus grande unité et complétude.

En résumé, selon Jung, la libido est une énergie psychique plus générale et holistique que la conception stricte de Freud. Le sujet, ou le soi, est une entité plus complète qui englobe à la fois des aspects conscients et inconscients de la personnalité. L'approche de Jung met l'accent sur le développement individuel, l'intégration des polarités psychiques, et la réalisation du potentiel humain.

7 - Que signifie chez Jung les archétypes, tels que l'ombre, l'anima, et l'animus, ?

ChatGPT
Les archétypes sont des concepts clés dans la psychologie analytique de Carl Gustav Jung. Ce sont des structures psychiques universelles qui existent dans l'inconscient collectif de l'humanité. Jung croyait que ces archétypes étaient innés et qu'ils jouaient un rôle fondamental dans la manière dont les individus perçoivent et comprennent le monde. Parmi les archétypes les plus importants chez Jung, on trouve l'ombre, l'anima et l'animus. Voici ce qu'ils signifient :

  1. Ombre : L'ombre représente les aspects refoulés et inconscients de la personnalité d'un individu. Ce sont les aspects sombres et souvent indésirables que la personne ne reconnaît pas consciemment en elle-même. L'intégration de l'ombre est un processus crucial d'individuation, car cela permet à une personne de reconnaître et d'accepter les parties de soi-même qui ont été ignorées ou rejetées.
  2. Anima : L'anima est le pendant féminin de la psyché masculine, habituellement présente dans l'inconscient d'un homme. Elle représente les aspects féminins refoulés et peut apparaître dans les rêves ou les fantasmes sous forme de figures féminines. L'intégration de l'anima peut aider un homme à accéder à son côté féminin, ce qui est important pour un équilibre psychologique.
  3. Animus : L'animus est le pendant masculin de la psyché féminine, généralement présent dans l'inconscient d'une femme. Il représente les aspects masculins refoulés et peut se manifester sous forme de figures masculines dans les rêves ou les fantasmes. L'intégration de l'animus permet à une femme d'accéder à son côté masculin, contribuant ainsi à un équilibre psychologique.

Ces archétypes sont considérés comme des forces dynamiques qui influencent la manière dont nous percevons le monde, interagissons avec les autres et comprenons notre propre psyché. Le processus d'individuation chez Jung implique la reconnaissance et l'intégration consciente de ces archétypes pour parvenir à une personnalité plus complète et équilibrée. Il est important de noter que les archétypes peuvent se manifester à travers des symboles, des images ou des représentations dans les rêves et l'imagination.

8 - Que pourrait signifier l'imaginaire de l'imaginaire ?

ChatGPT

L'expression "l'imaginaire de l'imaginaire" peut être interprétée de différentes manières en fonction du contexte dans lequel elle est utilisée. Voici quelques perspectives possibles :

  1. Niveau de Créativité Profonde : On pourrait considérer que l'imaginaire de l'imaginaire représente un niveau plus profond de créativité ou d'invention. Cela pourrait signifier la capacité de créer des concepts ou des mondes encore plus abstraits, innovants et éloignés de la réalité tangible. Cela suggère une exploration au-delà des limites habituelles de l'imaginaire.
  2. Réflexivité sur le Processus Créatif : L'expression pourrait également faire référence à la réflexion sur le processus même de création imaginative. Elle pourrait signifier explorer les mécanismes internes de l'imagination, la manière dont les idées naissent, interagissent et se transforment au sein de l'esprit créatif.
  3. Double Niveau d'Abstraction : Une autre interprétation possible serait celle d'un double niveau d'abstraction. L'imaginaire représente déjà une abstraction par rapport à la réalité, et "l'imaginaire de l'imaginaire" pourrait signifier une seconde couche d'abstraction, où les concepts deviennent encore plus déconnectés de la réalité.
  4. Exploration Métaphysique : En philosophie ou en métaphysique, cela pourrait être interprété comme la recherche de concepts ou de réalités qui transcendent complètement notre compréhension habituelle de l'imaginaire. Cela pourrait impliquer des considérations plus profondes sur la nature de la création et de la réalité elle-même.

En fin de compte, le sens de cette expression peut varier en fonction du contexte dans lequel elle est utilisée. Il est possible que cela ait une signification spécifique dans un domaine particulier, comme la philosophie, l'art, la psychologie ou la littérature, où le concept d'imaginaire est exploré de manière approfondie.

B - À partir de ce panoramique quel est le positionnement  de mes spéculations : 

1 - L’imaginaire de l’imaginaire

Ce questionnement positionne clairement l’imaginaire non comme un processus créatif  mais comme la ressource fondamentale  des représentations mentales mémorisées dans le cerveau de la personne en intégrant aussi le domaine des idées : l’imaginaire - noosphère. Chaque personne est dotée d’un imaginaire-noosphère singulier, nourri des imaginaires- noosphères collectifs. Les imaginaires-noosphères collectifs se sont construits  dans le champ culturel comme dans le champ génétique et épigénétique propre à l’espèce humaine.

L’ imaginaire-noosphère individuel majoritairement inscrit  dans les processus cérébraux non conscients, mais aussi apparents dans les états de consciences  demeure la source informationnelle de survie, de développement, de créativité et d'adaptation aux différents contextes de la vie.

L'imaginaire de l’imaginaire est la ressource méta qui permet de représenter et de comparer les différentes façons de conceptualiser “l’imaginaire” particulièrement en français car ce terme n’est guère employé dans les autres langues. 

2 - la nature de l'inconscient 

Les processus cérébraux travaillent de manière massivement en parallèle  et non conscientisés. Multiples noyaux réduisent le nombre d'informations partielles pour les combiner et obtenir un “objet” de décision qui peut, suivant le cas aboutir à un état de conscience de cet objet. Par exemple, le processus global de reconnaissance d’un visage résulte d’un ensemble de noyaux processus élémentaires qui traitent de millions de dimensions (vecteurs). Ces processus produisent par synchronisation un vecteur de 50 dimensions qui caractérise un visage qui va aboutir à cet état de conscience de reconnaissance.  

3 - la nature de la libido 

On peut laisser le terme de libido dans la signification donnée par Freud de pulsion sexuelle. Allant dans le sens de Jung je préfère utiliser l’expression “d'appétit de vie”  ou du mystère du vivant, ce qui anime ou donne vie, envie et désirs. Dans ce sens, l'âme caractérise ce qui anime ou procure l'appétit de vie. C’est la part non conscientisable qui nous pousse à vivre, survivre, se développer, s’adapter, etc.

A la différence de Freud et dans le sens de Jung, la sexualité est un moteur parmi d’autres, de source génétique qui alimente cet appétit de vie. Il peut être suractivé ou sur alimenté par ‘l'impact culturel  collectif (exemples  : influence de la littérature romanesque, romantique et de la production cinématographique qui nourrit l’imaginaire du rapport entre  hommes et femmes        

4 - la nature de la conscience 

Il n’existe pas une conscience mais une succession d’images, d’états de conscience qui émergent de la synchronisation des processus cérébraux non conscients. Ces états de conscience se manifestent dans un espace global conscient  du cerveau ( localisé ou non localisé - deux théories). Les processus de fonctionnement conscients sont majoritairement séquentiels et prennent simultanément peu de paramètres. Les langages internes et externes utilisant la “logique” du récit ou de l'argumentation diffèrent profondément des logiques de “pensée paysage”. Ces dernières favorisent la prise en compte de nombreux paramètres non conscientisés qui conduisent à des décisions intuitives pertinentes en situation complexe. 

L’expression en son “âme et conscience” caractérise pour moi la part du “non conscient” et du “conscient” dans un engagement, un témoignage, etc.     

5 - la nature du sujet

La question du sujet présuppose de clarifier sa nature ou encore la nature de la personne : 

  1. Monisme matérialiste : le corps et l'esprit font un
  2. Monisme idéaliste : la conscience règne en maître et caractérise la réalité perceptible
  3. Dualisme athée : sans transcendance, le corps et l’esprit ne sont pas de même nature
  4. Dualisme confessionnel : l'esprit relève d’une transcendance divine.

Pour moi, l'esprit relève d’une transcendance matérialiste. La perception biologique du corps, le fonctionnement neuronal et glial, sont support de l’information et traitent des flux informationnels. La transcendance est d’ordre méthodologique. L’information dont une partie constitue la noosphère- imaginaire est d’un niveau de complexité supérieur à la dimension biologique et dispose de sa propre capacité d'auto-organisation. Les idées, images et représentations mentales ont leur vie propre. Cette distinction méthodologique permet d’aborder le fonctionnement cérébral informationnel “l’esprit” avec les outils de la théorie de l’information. De manière métaphorique, en informatique, la machine (le hard) supporte et traite le codage des applications (soft) qui lui-même supporte le projet mental du concepteur ou de l’utilisateur.  L’informatique présente plusieurs niveaux de transcendance méthodologique. ChatGPT transcende le codage logiciel qui transcende le PC que j’utilise pour élaborer un contenu.    L’imaginaire-noosphère individuel transcende les processus de mémorisation et de remémoration qui le soutiennent. De même une partie de  l’imaginaire-noosphère transcende les livres et les films qui les donne à contempler 

L’objet de pensée ”le sujet”  est connecté avec nombre de termes proches : âme, conscience, esprit, mental, imaginaire, personne, personnalité, intelligence, imagination, attention, désir, intentions, libre arbitre, fantasmes, etc., qui  gravitent ou sont produits par les processus cérébraux non conscients. 

A la différence de Freud, pour qui le sujet est principalement associé au “moi” et de Jung pour qui le sujet s’incarne  dans le soi, principe directeur qui cherche à réaliser le potentiel complet de la personne, je considère que le sujet est constitué de l’histoire, de l'itinéraire de vie de la personne.  Il s'inscrit dans le passé et assujettit  la personne pour le meilleur comme le pire. Il contient l'entièreté de l’imaginaire individuel, majoritairement situé dans le non conscientisable.

La personne est celle qui s’exprime en je, qui pense en je, qui décide et agit dans chaque instant présent. Elle est construite par le sujet, son histoire mais peut en prendre distance grâce au libre arbitre qu’elle élabore au fil du temps. Elle est aussi construite et activée par les différents rôles qu'elle assume.  Elle est enfin gouvernée par une instance méta, la “personne méta” qui ouvre dans le temps long, qui organise son développement. La “personne méta”  élabore et  dirige son système de valeurs  (esthétique, morale, justice et éthique de la joie de vivre).La “personne méta ”se rapprocherait du Surmoi freudien. Le cœur de ce qui anime la personne méta est la pratique de l’introspection, du questionnement philosophique et spirituel, quand la personne se donne le temps de dialoguer avec elle-même. 

La personne est donc perçue comme multipolaire, dotée d’une personnalité contextuelle et évolutive. Le “je” qui parle en elle, je devrais dire les “je” qui parlent en elle sont issus et produits par les processus non conscients. Le “je” unique est strictement conscient reste pour moi une grande illusion. Le rôle des états de conscience produit par le cerveau est en particulier de créer  une réentrance informationnelle quand il se trouve en difficulté de décider. Un “je” réflexif peut prendre conscience de “soi” et se distancier du “je” qui produit des pensées noires, d’un flux mental inapproprié voire nocif, grâce à l’usage de méthodes comme la pratique méditative ou la relaxation. D’autres chemins d’exploration de soi existent, dans le champ de la psychologie ou de la thérapie.

6 - Le paradoxe du changement 

Le changement comme la conduite du changement sont confrontés au paradoxe suivant : L’objet du changement que ce soit une pensée, une personne, la feuille d’une branche ou encore notre planète terre impose un lien, une continuité entre ce qui change et ce qui reste invariant. Par exemple, une feuille verte attachée à une branche d’arbre du bourgeon deviendra verte puis prendra les couleurs d’automne, avant de quitter la branche et voler vers sa disparition. Cette feuille change, ses cellules se transforment mais pourtant  il s’agit d’elle, l’invariant du processus de transformation, mais ce n’est pas l'une des autres feuilles des branches.

Pour chaque personne humaine qui naît, se développe et meurt, il y a un invariant de nature : il s’agit de la même personne, de son histoire et de son impermanence structurelle. Quelle est la nature de son invariant et celle de son impermanence ? Cette personne a une identité, une morphologie, son empreinte digitale etc. Toutefois au cours de son développement nous avons plusieurs façons d’identifier cette singularité.

Une première source de l’invariance est la signature génétique qui caractérisait sa nature  profonde, le déterminisme de sa personnalité, de la chaîne des causalités intrinsèques qui assure son tempérament, les possibles de son développement. L’une des causalités serait le déterminisme des signes astrologiques de sa date de naissance. Il y a aussi le déterminisme freudien des façons de passer les différents stades de croissance de la petite enfance. Tout cela représente la croyance en une nature profonde attribuée, repérable à chaque personne.

Une seconde perception de l’invariance de la personne, le fait que l’on parle toujours de la même personne, du même “moi” suivant Freud ou du même “soi” suivant Jung  a été très clairement formulée par le philosophe  Charles Pépin dans son livre: “ Vivre avec son passé”. Tout varie dans la personne, l'ensemble de ses cellules se renouvellent au bout de 7 ans, tout est impermanent exceptée la signature génétique. Cette dernière ouvre un ensemble de potentialités qui seront plus ou moins exprimées tout au cours de la vie. Charles Pépin suggère de visiter son passé et d’identifier la petite mélodie qui émerge de son histoire, de l’histoire de ses rencontres successives qui ont construit la personne : “le sujet” de la personne. Cette mélodie n’est pas une nature profonde statufiée, mais un cheminement singulier toujours en construction qui donne du sens au vécu et oriente possiblement son futur.      

Voir les propos de Charles Pépin sur la thématique “vivre avec son passé”  https://www.youtube.com/watch?v=RDMoO2srfr0&t=14s

 et sur la thématique de “la rencontre”
https://www.youtube.com/watch?v=91wu1qSamBc