Culture scientifique et dissémination locale, l’exemple de la ville de Voiron

Publié par Loïc Bommersbach, le 10 septembre 2012   1.7k

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Suite à un précédent article où il présentait le festival « La science prend l’air », Loïc nous propose de revenir sur les activités de la Ville de Voiron dans le domaine de la culture scientifique. 

En Isère, on connaît bien entendu la Casemate. Le CCSTI grenoblois, créé en 1979 était le premier en France (1). Cette réalisation s’est faite en phase avec le de développement du le bassin techno-scientifique de Grenoble. Mais les zones de diffusion de la culture scientifique ne sont pas forcément au plus près des centres de recherches, pour preuve, la ville de Voiron, située à une trentaine de kilomètres. Celle-ci défend, depuis quelques années maintenant, un modèle d’implantation locale de la culture scientifique et technique en utilisant sa bonne connaissance des publics et ce, sans lieu dédié.

Voiron est particulièrement connu au niveau régional et national avec le Grand Angle, salle de spectacle accueillant chaque année de nombreux artistes. La ville avec plus de 20 000 habitants, possède aussi une médiathèque, un Musée et un festival du livre et du cinéma italien. Tous ces lieux et évènements drainent des publics divers parfois éloignés des pratiques culturels classiques. C’est en se basant sur ces multiples champs d’expérimentation, que la municipalité a, depuis 2011, décidée de développer la culture scientifique.

Partant du principe que « la culture scientifique c’est de la culture avant tout », Marie-Lys Courel, Directrice des Affaires Culturelles de la ville s’inspire des différentes expériences culturelles pour construire une véritable offre de culture scientifique et technique.

Pour organiser et développer cette thématique, une chargée de mission a été recrutée. Mariarosa Quintero est engagée pour trois ans. C’est la plus grosse partie du budget alloué au développement de la culture scientifique. Si le service culturel se compose d’une cinquantaine de personnes, Mariarosa est seule sur cette mission où tout est à faire, ce qui ne l’empêche pas d’être « extrêmement motivée et prête à développer plein de projets ». « Ce qui est amusant », relève Mariarosa ancienne jeune chercheuse, « c’est que l’on se rapproche de mon précédent travail, il faut sans cesse innover et expérimenter ».

Même si la culture scientifique et technique n’est encore qu’une goutte d’eau dans le budget global de la culture, Marie-Lys Courel déploie un « fort soutien municipal qui veut construire non pas que des événements one-shoot mais une programmation sur toute l’année ». Pour preuve, la création du Labo des sciences, qui accueille différentes sessions scientifiques tout au long de l’année : vacances créatives (ateliers scientifiques durant les vacances scolaires), midis récréatifs ou encore science en famille.

Cette dernière opération est vraiment intéressante. Elle convie les enfants et les parents (ou grands-parents) à des après-midis de découverte scientifique autour, par exemple, de la réalisation du beurre. Comment un produit de consommation quotidien peut-il être au cœur d’un atelier scientifique ? On touche ici à l’essence même de la culture scientifique, à savoir connaître mieux le monde qui nous entoure et partager nos connaissances dans un schéma intergénérationnel et interculturel, chacun ayant quelque chose à apporter à l’autre.

Au-delà ces ateliers, l’année est ponctuée par deux évènements, le festival la Science prend l’air [ndlr : lire le précédent article de Loïc à ce sujet] et, bien entendu, par la Fête de la Science. La ville de Voiron participe depuis plusieurs années maintenant à l’événement annuel de la culture scientifique et technique. Cette année, la Fête de la Science à Voiron aura pour thématique le cerveau. Coïncidence ? Mariarosa bouillonne déjà d’idées pour de futurs projets de culture scientifique…

>> Notes :

  1. On pourra relire à ce sujet l’ouvrage de L. Chicoineau et de N. Farouki La science en public, regards croisés à partir de l’expérience du CCSTI de Grenoble, PUG, 2010

>> Pour aller plus loin :

>> Illustrations : Cochonou (Flickr, licence cc), Loïc Bommersbach