Des légendes sous les étoiles - Retour sur le projet « Astronomie : entre science et imaginaire » à Cosmocité
Publié par Centre de sciences Cosmocité, le 1 juillet 2026
C’est une aventure pédagogique et humaine exceptionnelle qui vient de s’achever sous la voûte étoilée de Cosmocité. Lors de l'année scolaire 2025-2026, le projet « Astronomie : entre science et imaginaire » a fait le pari audacieux de lier la rigueur de l'astronomie à la poésie des mythes en laissant le champ libre aux élèves de 5 collèges du département pour inventer une nouvelle carte du ciel. Une expérience inoubliable pour plus d’une centaine de collégiens de la métropole, qui ont pu devenir, l'espace d'une journée, les créateurs et les conteurs de leurs propres constellations.
Le projet isérois, une synergie inédite entre enseignants, médiateurs et élèves
Développé par l’association Sirius (Moselle), puis impulsé par Nicolas Alexandre, enseignant au collège le Massegu (Vif) et professeur relais à Territoire de sciences, et l’équipe de médiation de Cosmocité, ce projet repose sur une démarche résolument interdisciplinaire. Dès l'automne, 17 enseignants venus de 5 collèges du bassin (Allevard, Vif, Varces, Échirolles et Le Pont-de-Claix) se sont réunis pour une journée de formation immersive. Des professeurs de sciences physiques et de SVT, mais aussi de français, d'arts plastiques, de langues vivantes et des documentalistes se sont prêtés au jeu, épaulés par Saidou Pacotogo dit Pacos, conteur professionnel.

L’objectif pédagogique était ambitieux : articuler la découverte scientifique de l'astronomie (les étoiles, le système solaire, les galaxies) et l'étude des mythes gréco-romains avec un véritable travail de création artistique et littéraire pour aboutir à des histoires destinées à peupler la voûte céleste
De la feuille de papier à la voûte du planétarium
De retour en classe, les enseignants ont proposé à leurs élèves de la 6ème à la 4ème de laisser libre cours à leur créativité. Ils ont imaginé de nouvelles constellations, dessinant au trait noir les personnages et éléments destinés à alimenter de nouvelles histoires du ciel. Ces créations ont ensuite fait l'objet d'un travail d'écriture pour inventer les récits épiques qui les accompagnent.

Le défi technique relevé par l'équipe de Cosmocité fut non moins épique : il a fallu numériser et intégrer minutieusement ces œuvres dans le logiciel du planétarium pour pouvoir les projeter en 360 degrés sous le dôme.

Mais pourquoi inventer une nouvelle carte du ciel ?
Depuis longtemps, l’être humain s’est “amusé” à relier les étoiles entre elles. Il a ainsi projeté sur la voûte céleste, les récits mythologiques, les faits, les objets marquants de son époque. Démarche mêlant fascination pour les points lumineux brillant la nuit au-dessus de nos têtes, tradition orale, passion pour les histoires et démarche minutieuse de repérage et de cartographie qui a ouvert la voie à l'exploration maritime et à notre compréhension de l’Univers.
Si aujourd’hui, domine la représentation de la voûte céleste européenne, très largement influencée par la mythologie grecque puis par les avancées scientifiques et l’exploration maritime des XVème et XVIème siècles, toutes les cultures ont construit leur propre représentation du ciel, leurs cosmogonies. De l’homme qui tourne Navajo à la grande ourse des grecs. Des mondes stratifiés et des univers stellaires infinis des Dogons au concept moderne de “Big Bang” et d’un univers observable fini.

La Grande Ourse. Carte astronomique. Gravure coloriée à la main. Sidney Hall (1825)
Aujourd’hui, laisser libre court à l’imagination des enfants permet de mettre en avant leurs représentations du monde, leurs préoccupations, les faits marquants de notre époque vus à hauteur d’enfant. Cela révèle les questionnements qui “naïvement” (ou pas) les animent, l’environnement culturel dans lequel il gravite. Cela peut aussi éclairer ce qu’ils perçoivent de ce que nous leur disons de l’Univers que nous habitons, de sa structure, de son histoire.
C’est aussi l’occasion de travailler sur l’écriture, la narration et l’oralité, la représentation graphique. Autant d’éléments nécessaires à construire collectivement une nouvelle carte du ciel.
Une journée de restitution la tête dans les étoiles
Le point d'orgue de cette aventure s'est tenu au mois de juin, lors d'une grande journée de restitution à Cosmocité. L'effervescence et la richesse des échanges étaient palpables : 140 collégiens (sur les 220 impliqués tout au long de l'année) se sont succédé sous le dôme du planétarium. Le bilan de cette journée donne le vertige : 130 dessins ont été projetés pour illustrer pas moins de 36 histoires originales.

Plongés dans l'obscurité et les étoiles, les élèves ont pris la parole devant un public attentif pour présenter leurs œuvres. Avec assurance, ils ont raconté, et parfois même théâtralisé, leurs mythes, allant jusqu'à proposer des interprétations en anglais et en espagnol. Cette journée a mis en lumière une équipe soudée et l'impact puissant de ce dispositif, qui permet de donner corps à l'imaginaire adolescent tout en s'appropriant des concepts scientifiques.
Revivez le projet en vidéo !
Ce projet illustre la volonté de Cosmocité de créer des ponts entre les savoirs et d'offrir une tribune d'expression à la jeunesse. La magie de ces instants, où la fierté des élèves rayonnait sous les étoiles artificielles, restera un grand moment de partage.
Pour revivre cette aventure cosmique, découvrir les constellations inventées par les élèves et ressentir l'énergie de cette restitution, nous vous invitons à visionner le reportage vidéo réalisé par Elyse Lopes de Pina, qui clôture magnifiquement cette édition. Bon voyage vers ces nouvelles galaxies !
