Et si on cousait entre copains ? Un récit de faiseurs de masques

Publié par Tristan Hamel, le 24 avril 2020   1.4k

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" - Allo Thibaut ? Oui ça va, merci et toi ? Comment s’est passé cette première journée de confinement ?  Ouais grave, ce serait super chouette si on arrivait à filer un coup de main au personnel soignant et paramédical. On pourrait travailler tous ensemble et faire des choses sympas. On a testé de coudre des masques d’après différents modèles tissus cet après-midi avec un copain. C’est pas super simple hein … Tu as vu que Mr Bidouille à lancer un Discord pour les makers français ? Je suis dessus, y’a déjà des groupes de travail pour différents matériels. Y’a vraiment du monde qui est motivé et prêt à filer un coup de main au niveau du prototypage. Des Italiens ont partagé un modèle de valve pour les respirateurs des hôpitaux à côté de chez eux parce qu’ils n’avaient plus le modèle vendu par leur fournisseur américain, tu as vu ?"

Bon, est-ce que c’est bien comme ça que tout a commencé ? Je ne suis plus sûr, mais cette discussion téléphonique me semble un bon point de départ. Parce que oui, ça fait déjà plus d’un mois que le confinement a commencé et que la communauté des makers, Fab Labs, hackerspace et/ou makerspace en tout genre s’est attelé à mettre à disposition ses compétences aussi diverses que variées. Comme tout mouvement citoyen (ou populaire), il a fallu un peu de temps pour que celui-ci se structure. D'ailleurs il continue actuellement de le faire. Comme Mr Bidouille l’a rappelé dans cette vidéo, un bon nombre de personnes et de lieux se sont mobilisés pour aider à combattre l’épidémie, dans une vraie démarche essai-erreur. Seulement, dans un cas comme celui-ci, on ne peut pas tout faire et bien que plein de bonne volonté, cet élan solidaire ne doit pas devenir contre-productif. On avance à tâtons sauf que pour du matériel relevant du médical, la question n’est pas de savoir si du matériel bricolé est toujours mieux que rien, mais plutôt de savoir si ce que l’on fabrique ne va pas nuire, voire devenir un vecteur de l’épidémie.

Il est donc l’heure de faire le point sur ce que nous avons pu faire et mettre en place, de prendre un peu de recul en faisant notre retour d’expérience.

Le 16 mars 2020, lors de son allocution aux Français, le président annonce le début du confinement. Le même jour, un collectif d’entraide de makers se monte via la plate-forme Discord de façon à partager des infos, des bonnes pratiques, des retours d’expérience pour aider ceux qui en ont besoin et en font la demande, et être sûr que ce qui est produit soit effectivement intéressant et surtout ne soit pas dangereux. Le but étant de profiter des compétences, des savoirs et des savoirs-faire d’une communauté qui soit la plus large possible. Depuis mon ordinateur, je découvre ce Discord alors que je suis en train de bidouiller mon imprimante 3D (et d’apprendre à faire de la bière). Je découvre pas mal de modèles ouverts de pièces pour du bricolage de fortune, allant de valves pour respirateurs à des premiers modèles de visières de protection, en passant par des tutoriels de couture de masques et de production de solution hydroalcoolique.

Un copain m’appelle :  " Tristan, tu es chez toi ? Ça te dit qu’on se confine ensemble ? "
Ni une ni deux, on s’organise et on se prépare à passer les semaines qui viennent ensemble. On a de quoi bricoler, pas mal de choses à réparer, bref de quoi s’occuper pour les journées qui arrivent. Ah et aussi, j’ai pu emprunter la machine à coudre du Fab Lab de La Casemate pour m’entraîner à coudre et l’entretenir. A ce moment-là, je ne savais pas encore que cela allait devenir l'activité principale de ce confinement…

Nous sommes le 17 mars. Après avoir passé quelques temps à concevoir des pièces en 3D et lancer quelques impressions, on découvre un modèle de masque en tissu qui a l’air assez simple à réaliser.

Les 1ers masques avec des bouts de t-shirts, de draps, et quelques lacets ...

Quelques essais plus tard, j’appelle Damien (du Biolab de Grenoble, Nemeton, dont je fais parti) pour lui faire part de nos premiers essais. On se dit que cela pourrait être sympa de voir ce qui se dit sur le Discord à ce niveau-là. Par la même occasion, j’appelle un ami couturier : il est tout de suite emballé et son côté stakhanoviste prend le dessus.

Avec les informations que l’on trouvera sur le net et après avoir réalisé un prototype qui tient la route, on découpera les tâches de production pour être le plus efficient possible. Par la même occasion, il ramènera son matériel de couture pour que l’on puisse s’organiser et comme nous avions prévu d’être 4 pendant ce confinement, cela tombe à pic. Le lendemain, basé sur le modèle que l’on voit pas mal tourner sur le net, nous produisons notre premier modèle calqué sur celui du CHU de Grenoble (lui-même réalisé à partir d'un autre modèle). Celui-ci soulève déjà quelques questions, mais n’a pas encore été relégué aux oubliettes par l’AFNOR (Association Française de Normalisation) : nous partons sur ce modèle. Une personne à la découpe, une au point simple sur la machine à coudre, une sur la surjeteuse et une aux finitions. Chacun son rôle, et on tourne pour ne pas s’ennuyer. Une organisation millimétrée. Sauf que…

Après avoir découpé le peu de draps que j’ai et les quelques bouts de tissus qui traînent, nous n’avons plus de matériaux à nous mettre sous l’aiguille. Premier problème de taille que l’on a du mal à résoudre, et qui sera le problème principal par la suite. Heureusement, nous apprenons que la maison de la couture fournit de quoi coudre des masques ! Le 19 mars au matin, nous avons notre premier kit. Il est l’heure de s’y mettre.

Entre temps, les discussions sur le Discord vont bon train. Comment s’organiser ? Que faire, et pour qui ? Deux jours plus tôt, Damien et moi faisions le constat que les professionnels n’ont pas de besoin particuliers. Surtout, avec les moyens que nous avons, nous ne sommes pas à même de produire des dispositifs relevant du domaine directement médical. Une typologie des publics, ne valant pas grand chose, se met en place : les professionnels de santé, le « paramédical » ( EHPAD, etc.), les professionnels au contact du public et encore en activité, et les citoyens. En même temps, des demandes émergent de la part des travailleurs et travailleuses dans les supermarchés et supérettes, de même que du personnel d’EHPAD. Très bien, nous ferons ce que l’on peut pour les aider à notre échelle. Par ailleurs, les masques en tissu que nous testons ont la particularité de pouvoir être désinfecté voire stérilisé, puis réutilisés ! En avant pour la création d’une notice d’utilisation et de « kits » pour ces professionnels, afin qu’ils aient les infos pour pouvoir réutiliser ces masques. Merci Victor pour la notice !

Les premiers modèles

A peu près au même moment, nous apprenons que nous ne pourrons pas utiliser le Fab Lab de La Casemate pour l'instant pour des raisons administratives et de sécurité. Exit donc la production d’autres dispositifs. Nous nous concentrerons sur les masques en tissu.

Le 20 mars à 17h12, nous publions un premier appel aux dons de matériaux. Parce que ce que nous fournit la maison de la couture, c’est un début, mais nous fournissons déjà l’EHPAD de Saint-Bruno, et il va nous en falloir plus pour les commerçants ! Le lendemain, des mètres de tissus nous attendent dans les points relais et pourtant, nous ne pourrons pas continuer cette action : les risques sanitaires sont trop importants et les matériaux ne sont pas forcément adaptés. Le même jour, nous transmettons au RAFU (Réseau des Ateliers de Fabrication Universitaires, mis en place par Germain LEMASSON du Fab M’Stic) un modèle de visière produit avec une découpeuse laser par le 8 FabLab dans la belle ville de Crest. Alors même que nous avons du mal à nous fournir en matériaux, nous découvrons de multiples associations caritatives via le site  commentaider.fr et nous leur proposons de leur offrir gratuitement des kits de masques barrières, dès que ceux-ci auront été testés !

C’est le 22 mars, aux alentours de midi, que Damien livre nos premiers kits pour qu’ils soient testés. 

Premiers tests

Nous sommes assez fiers de ces petits kits et nous avons surtout hâte d’avoir les retours des utilisateurs et utilisatrices. Ils n’ont pas grand chose de plus que ceux qu'on voit tourner sur Internet, seulement, ceux-là, nous les avons produit avec ce qu'on avait sous la main. Nous les avons produits ensemble, grâce aux dons de citoyens et citoyennes, après avoir mis en commun au niveau national des savoirs , des savoirs-faire, des outils, des machines, ici,  à Grenoble. Un peu partout, des copains-copines. Et ça, c’était chouette à mettre en place.

Vite arrivés à bout de matériaux, la production devait alors stopper. Pour un temps seulement puisque le 23 mars, le magasin Petit Shirt nous a donnés des t-shirts « ratés » à l’impression, ou qui ont servis de test par le passé. Parfait pour réaliser les sacoches de nos kits ! Même si, n’étant pas de grands couturiers, le jersey nous posera quelques soucis à la couture…

La journée de couture allait bon train quand Damien m’appela pour nous prévenir de notre première commande : Un toit pour tous avait besoin de 10 kits, le plus rapidement possible, pour assurer à ses bénévoles un minimum de protection. Avant de se lancer, nous devions attendre le retour des salariés du Carrefour Market de Championnet, qui devait se faire en fin de journée. Quand il arriva, tout semblait bon ! D’après leur estimation, les masques ont été agréables à porter, la notice pas trop complexe à comprendre. Bref, quelques modifications mais rien de crucial.

La V1 des kits avec les premiers modèles de masques en tissu

OK, le proto était validé, c’était un premier pas mais il allait nous falloir rapidement du tissu, beaucoup de tissus, surtout que nous étions bientôt à court du matériau utilisé pour jouer le rôle de filtre. Une fois de plus, nous passions par les réseaux sociaux pour faire un appel aux dons. Ce deuxième appel aux dons fonctionna superbement bien ! Les chiffres des réseaux sociaux nous donnaient 6 000 personnes atteintes, 900 interactions. Après notre petite dose de dopamine, ce qui nous importait vraiment était que beaucoup de personnes avaient répondu à notre demande : nous avions du coton pour les masques, de l’élasthanne pour les brides, du jersey pour les sacoches, et du voile d’hivernage pour le filtre. Les donateurs n'étaient pas les seuls à rentrer en contact avec nous, puisque ADAMS ADFE nous contactait en demandant des masques. Nous sentions déjà que le milieu associatif était en peine côté masque et c’est tout naturellement que l’on ferait ce que l’on peut pour les aider.

L'équipe, à ses débuts

Le 25 mars, après avoir livré les kits de masques barrières à Un Toit pour Tous, ces derniers relayaient notre recherche de matériaux aux ateliers Marianne à Pont de Claix. Wouah ! On était désormais parti pour un autre niveau de production, puisque les ateliers peuvent nous fournir trois grands rouleaux de coton gratté, et des bandes élasthanne pour les brides! Le temps de s’organiser pour aller chercher tout ça et parce qu’une petite remorque à vélo ne sera pas suffisante. En attendant, on allait faire avec le stock qu'on avait sauf que nous étions toujours limite au niveau du filtre, et la plupart du voile d’hivernage que l’on nous proposait avait une densité trop faible pour assurer une filtration suffisante.

Le 25 mars, Philippe Marin, via la chaîne de mail du RAFU, évoquait pour la première fois une commande groupée de SMS, à savoir un tissu synthétique utilisé pour fabriquer les masques chirurgicaux (en Polypropylène), ce que l’on utiliserait par la suite, dès que nous l’aurions reçu.

Pendant ce temps-là, nous avions toujours de quoi nous occuper. La deuxième semaine du confinement touchait à sa fin, et après une citation dans un article de l’ Usine nouvelle, Gremag parlait de nos actions. Nous livrons un deuxième carrefour Express, celui de la rue de Strasbourg à Grenoble, afin de munir leur équipe, quand Un Toit pour Tous nous a commandé 50 nouveaux kits, et le SAMU social 35 kits… Ça faisait quelques dizaines d’heures de couture et il allait nous falloir du tissu. Une fois encore, ce sont les ateliers Marianne via Magda, qui nous venaient en aide en nous offrant une bonne quantité de coton gratté, ainsi que Petit Shirt qui nous délivrait en jersey.

Le 31 mars, Simon publiait un article ici-même  évoquant les actions que l’on menait, après ce qu’avait pu écrire ENCORE Grenoble  la veille. A ce stade, nous avions fabriqué et distribué un peu plus de 250 masques !

Après quelques blagues, Fanny Barme nous présentait un nouveau modèle de masque le 1er avril, portant le doux nom de « Petit Plus », lors d’une réunion quotidienne du groupe de travail sur les masques en tissu du Discord. Celui-ci prend en compte les problèmes liés au modèle précédent et supprime la couture centrale entre le menton et le nez, via un système de pliage lors de la découpe suivant le patron. Il allait falloir revoir notre chaîne de production ! Les matériaux étaient identiques, pas de soucis à ce niveau-là. Seule notre organisation du travail devait évoluer. Il nous fallait un temps de réflexion d’autant plus que les forces vives de l’atelier (aka. mes camarades de fabrication) s'étaient faites rappeler par le travail et devaient rentrer chez eux. 

EXIT le surjet de jonction au milieu du masque pour la version de Fanny !

Le lendemain, nous nous rendions compte (un peu tard) qu’une bonne partie des gens à qui l’on avait fourni des masques ne les portaient pas correctement… Mince, il allait falloir expliquer d’avantage comment porter correctement un masque puisque notre notice n’en parlait même pas. Elle mentionnait le temps de port des masques, comment les désinfecter correctement, mais aucune mention de comment les porter. OK, il nous faudra une illustration et un protocole d’explication lors de la livraison ! Ça tombe bien puisque la production s’était arrêté le temps d’en mettre une nouvelle en place et que j'étais maintenant seul dans mon appartement à parler à une machine à coudre. Il était temps d’être un peu créatif et inventif.

Voilà ce que donne la petite photo pour l'illustration du bon port de masque

Comment allait-on pouvoir continuer à fabriquer des masques alors que le carnet de commandes s’allongeait et que nous n’avions plus assez de tissu ?

Eurêka ! Vu l’élan de solidarité pour les matériaux, des gens seraient intéressés pour coudre avec nous et aller chercher du tissu à Pont-de-Claix, ce n’est pas non plus le bout du monde. Un coup de fil à un ami plus tard et j’avais une voiture de disponible, quand Damien passait un nouvel appel cette fois-ci concernant les couturier.ères.

Entre cet appel le 4 dans l’après-midi et le 9 avril lors de notre premier briefing en visioconférence (pour l’instant sur Zoom… Ouais, jitsimeet, c’est open source et bien mieux ! → https://jitsi.org/jitsi-meet/), il avait fallu repenser entièrement notre organisation au niveau de la production. Maintenant que l’on disposait de coton gratté fourni en bonne quantité par les ateliers Marianne, de SMS fourni via le RAFU, et encore un peu d'élasthanne, comment transformer tout ça ? En mettant en place une « fabrication distribuée » bien sûr !

Récapitulons. Nous aurions besoin d’une gestion logistique pas trop complexe à mettre en place, devant répertorier les fournisseurs, les demandeurs, les lieux de production et qui puisse être réutilisable par d’autres. Car si Damien ou moi tombons malade ou autre, il ne faut pas que l’on soit indispensable. Il faut que les autres puissent s’organiser sans nous. Tant qu’à faire, essayons de faire quelque chose de résilient. A l’heure actuelle, nous n’y sommes pas encore …

Damien bosse sur la gestion informatique quand je m’occupe de l’organisation de la fabrication. Je délivrerai des sacs « prêts à coudre » aux couturiers à vélo, qui ne pourront donc pas être trop loin de chez moi, sacs que je préparerai chez moi, puis nous ferons des points 1 à 2 fois par semaine en visioconférence afin d’être sûr que tout le monde soit sur la même longueur d’onde. Parallèlement le carnet de commande se remplit et Damien fait un test de stérilisation des nouveaux masques triple couche à l’autocuiseur qui est concluant ! Aucune dénaturation observée au microscope, pas comme le test de stérilisation au micro-onde que je n’évoquerai que pour signifier que mettre de l'élasthanne dans un micro-onde à fond pendant 10 minutes, ça prend un peu… feu. L’emploi du SMS et sa stérilisation sont définitivement validés, on peut transmettre l’info et le protocole de test, qui n’est pas complet, qui va avec.

Le 9 avril à 17h, nous sommes 16 en ligne pour discuter de la couture des kits. Ce briefing se reproduit une à deux fois par semaine et il est assez simple. Tout d’abord nous faisons un point sur ce que contient un sac : de quoi produire 10 masques, 5 pochettes, et du tissu en plus pour s’entraîner à coudre un masque de A à Z en suivant le tutoriel de Fanny. Par ailleurs, les coupons ont été prédécoupés pour gagner du temps et éviter aux couturiers d’avoir à le faire. On regarde ensemble, et en vidéo, comment on assemble et coud le masque, comment on coud la pochette (qui a aussi son petit tutoriel), puis on fait un point sur le lavage et le passage à la machine, avant d’expliquer que c’est Damien qui se chargera de la stérilisation.

Désormais, je m'occupe de briefer le réseau de couturiers quand ils en ont besoin, de découper les coupons et les pièces à assembler, de préparer les sacs de couture qui sont livrés aux couturier.ères. Nous sommes une bonne vingtaine dans cette histoire, composés d'une majorité de couturiers, de livreurs, bref, de gens.

Un kit  : 2 masques (une pochette de transport & lavage), et une 1 notice.

A ce jour et depuis le 8 avril, nous avons distribué de quoi assembler et coudre plus de 200 (bientôt 300!) kits, soit un peu plus de 400 masques et si l’on a atteint ce nombre, c’est avant tout grâce aux dons de matériaux et au temps fourni par les couturiers et couturières (d'ailleurs, une immense majorité des couturièr.es sont des femmes... Je vous renvoie à cette vidéo pour poursuivre la réflexion autour de ce thème). Nous ne faisons qu’organiser tout ça. Nous ne sommes pas indispensables, elles et eux, si. Tout comme nos livreurs Manon, Antoine & Pablo ! Par ailleurs, pour pré-découper les coupons, nous avons maintenant accès au Fab Lab de La Casemate à Grenoble ce qui nous a permis de démultiplier notre capacité à produire ces coupons ; mais aussi de m'offrir la possibilité d’utiliser une partie de mon temps de travail pour continuer à mener ces actions!

En pleine découpe des tissus au Fab Lab de La Casemate

Si vous voulez d'avantage d'informations, des exemplaires de la notice, les plans, les patrons, etc. Ou de belles illustrations qui devraient arriver prochainement, vous pouvez contacter Damien (contact@nemeton.bio), ou Tristan (tristan.hamel@lacasemate.fr). Merci de votre lecture ! 

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