Le grand méchant loup dos au mur

Publié par Clotilde Baccino & Esteban Chauvot, le 30 mars 2021   760

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Le grand méchant loup dos au mur

Souvent critiqué, souvent malmené, le loup reste tout de même une espèce très importante et surtout très mignonne !

La place des loups dans l'écosystème

Le loup (Canis lupus) est une espèce de canidés, comme les chiens, comprenant plusieurs sous-espèces qui peuvent être sauvages ou domestiques par exemple. C'est une espèce qui fonctionne en meute avec un chef (le loup alpha) et le reste de la meute. Dans son histoire, le loup, notamment le loup gris, a souvent été menacé d’extinction et est aujourd’hui protégé dans plusieurs pays d’Europe comptant la France.

Le loup est un prédateur naturel qui entre en concurrence avec les bergers souhaitant que la présence des loups dans leurs forêts et montagnes se fasse discrète. En revanche, il a été montré que le loup rentre dans un cercle de voies d'extinction avec la chasse de son territoire. C'est pourquoi plusieurs plans de réinsertion des loups dans leurs milieux ont été mis au point.

Le but de ces plans est, en premier lieu, de ne pas perdre un patrimoine génétique important car chaque extinction d'une espèce est une énorme perte pour le domaine de la science surtout que les scientifiques ne savent pas encore tout sur les loups. C'est pourquoi dans le plan national d’actions 2018-2023 sur le loup et les activités d’élevage, il a été promis de faire plus de recherche afin de mieux connaître le loup et de pouvoir créer une cohabitation entre bergers et loups.

Comme toutes les espèces, les loups jouent un rôle clé dans un écosystème. C’est par la présence de toutes les espèces que ce créer un milieu, un environnement stable. Le loup étant un carnivore, il se nourrit d’autres animaux comme l’orignal, le bison ou le bœuf ce qui permet de réguler les populations de manières naturelles. Sauf que la présence des Hommes dérègle tout (comme d’habitude) car ils prennent la place d’autres espèces : ici les loups.

Pourquoi les loups sont-ils critiqués et menacés ? 

Folklore et religions

Si dans l’opinion publique ou le folklore européen le loup est considéré de manière assez négative, s’il est souvent présenté comme un animal sanguinaire ennemi de l’homme c’est car l’Homme le craint. Mais l’Homme doit-il vraiment en avoir peur ? Dans le folklore, le loup n’a pas toujours le bon rôle. 

En réalité, c'est en partie dû aux famines de la fin du moyen-âge, les loups n'ayant plus de proie dans les forêts dépeuplés, il se rabat sur les villages pour attaquer de nouvelles proies : enfants et personnes affaiblies. Dans le "Roman de Renart", un ensemble de récits médiévaux en ancien français, Ysengrin le loup est un personnage principal bête et glouton, et bien qu'ennemi de Renart, il est représenté comme "sympathique". Ce n'est qu'à partir de la Renaissance que le loup devient un antagoniste profondément mauvais et redoutable. 

Dans les contes par exemple, il existe deux grandes représentations du loup : Le grand méchant loup et le loup-garou. Le premier est un personnage récurrent dans les contes et les récits issus du folklore. Il fait preuve de ruse, ment et dévore les humains dans "Le Petit Chaperon Rouge" (17e siècle) . Il représente l'adversité contre laquelle il faut lutter dans "Les Trois Petits Cochons" (18e siècle). Cette représentation ne fait qu'empirer la vision déjà négative qu'ont les européens du loup, du 17e au 19e siècle : un prédateur cruel. 

Le loup-garou, ou lycanthrope, quant-à lui est présent dans le folklore, la mythologie ainsi que les légendes,  un être humain capable de se transformer en loup. Ils sont quasiment toujours représentés comme des dangers, qu'il faut soit essayer de soigner, soit tuer. 

Néanmoins, le loup n'a pas toujours souffert d'un tel dénigrement. Selon les mythologies l'image est ambivalente : dans la Rome antique la louve est un symbole de fécondité et de protection, croyance incarnée par la incarnée par la légende de Romulus et Remus. En comparaison dans la mythologie nordique, le loup Fenrir est une bête gigantesque vouée à détruire le monde lors du Ragnarök, la fin des temps. 

Loups et bergers

C’est à partir du 19e siècle que la courbe de population des loups commence à diminuer. L’espèce est constituée de 5000 représentant au début du 19è siècle, avant de diminuer drastiquement avec l’apparition des fusils à percussion et autres armes à feu particulièrement accessibles et performantes. Passant à près de 500 spécimens en 1900, les loups sont finalement éradiqués en France dans les années 1930.

Il faut attendre le 5 novembre 1992 pour apercevoir de loups s’installer dans les Alpes-Maritimes et former la meute “Vésubie-Tinée”, soit la meute historique du retour des loups en France. Des analyses ADN effectuées sur ces loups et ceux italiens ont prouvé qu’ils appartiennent à la même sous-espèce ; les loups ont progressivement effectué leur retour dans le nord de l’Italie avant de s’étendre dans le sud de la France. 

Le nombre de loups présents dans les Alpes n'a cessé d'augmenter depuis : une trentaine de loups est présente dans les Alpes françaises en 2000, contre un peu moins de 200 en 2009. En 2020, lOffice Français de la Biodiversité (OFB) dénombre 90 Zone de Présence Permanente (ZPP) pour 82 meutes. Les ZPP sont des lieux où la présence de loups y a été remarquée deux hivers consécutifs. De plus l’OFB fait mention de la première “reproduction identifiée hors du massif alpin, dans le massif jurassien”.

Toutefois la réapparition de l’espèce dans les Alpes est loin de faire des heureux, en particulier chez les bergers. Ceux-ci se plaignent des attaques des loups sur leurs troupeaux, en particulier ovins, si bien que des actions de dérogations au statut d’espèce protégé des loups peuvent être mises en place en cas d’attaques répétées contre un troupeau. Elles apparaissent dans le "Plan national d’action 2018-2020 sur le loup et les activités d'élevage”. Plan d’action qui a pour volonté d’accompagner la réimplantation des loups en France, mais également de donner droits aux bergers et éleveurs quand leurs troupeaux sont attaqués.Cela va de l’effarouchement (sonore ou lumineux) au tir de défense ou de prélèvement. 


Conclusion 

On ne peut se passer des loups, ne serait-ce que pour leur patrimoine naturel qui apporte de nombreuses réponses à la science. Mais les loups sont bien plus que de simples données, ce sont des animaux intelligents qu’on essaye de ramener chez eux , dans leur milieu naturel. De nos jours on voit beaucoup de plans de réinsertion afin de recréer des milieux "autosuffisants" ou plutôt naturellement suffisants. Aujourd’hui l’Homme s’est installé partout et a déréglé de nombreux environnements différents. C’est pourquoi il est important de créer des plans de réinsertion comme celui sur les loups qui en plus est une espèce menacée (principalement par l’Homme). De plus, le folklore autour du loup n’aide pas à permettre une réinsertion rapide et efficace, car le loup est depuis longtemps considéré comme l’ennemi de l’Homme, ennemi qui aujourd’hui n’a plus aucun moyen de se défendre et qui n’a aucune haine envers les Hommes. Pour terminer on peut noter que de plus en plus d’association créer autour de la protection des loups se sont ouvertes et permettent d’accéder à une chaîne d’information autour des loups comme par exemple le Wolf Conservation Center basé aux USA (Twitter : @nywolforg - https://twitter.com/nywolforg?...) dont le but est de protéger les loups et de modifier la mauvaise image qu’on a d’eux.

Sources : 


Rédigé par Baccino Clotilde et Chauvot Esteban, étudiant·es en Information-Communication option Métiers du Livre et du Patrimoine à l'IUT 2 de Grenoble.