« Piafs de ma rue » : quand les professeurs deviennent explorateurs de la biodiversité avec la Maison pour la science

Publié par Maison pour la science en Alpes-Dauphiné, le 6 janvier 2026   83

Et si la clé pour sensibiliser les collégiens à l’érosion de la biodiversité passait par l’observation des oiseaux de leur quartier ? C’est le pari du projet « Piafs de ma rue », inspiré des sciences participatives et porté par la Fondation La main à la pâte, sur une idée de Mathieu Farina.

La Maison pour la science Alpes-Dauphiné, a organisé les 11 et 12 décembre 2025 une formation destinée aux professeurs de collège de l’Isère afin de les accompagner dans la mise en œuvre du projet « Piafs de ma rue » dans leur établissement.

Julien Bazin enseignant de SVT au collège de Saint-Jean-de-Soudain, a piloté ce projet avec ses élèves et en a présenté les retours d’expérience. Il était tout naturellement le formateur pédagogique chargé de cette action de formation.

Une immersion scientifique sur le terrain

La première journée, au Muséum d’histoire naturelle, a plongé les professeurs dans la peau de leurs élèves : munis de fiches et de clés de détermination, ils ont tenté de recenser les espèces d’oiseaux du jardin du Museum. Un exercice plus complexe qu’il n’y paraît ! Comment distinguer une mésange charbonnière d’une mésange bleue ? Comment éviter les biais dans l’observation ? Autant de questions qui ont souligné l’importance d’un protocole rigoureux et d’outils adaptés.

L’association « Poids Plume » représentée par Cécile Coléou a également partagé son expertise : grâce à des mangeoires équipées de balances et de pièges photos, les citoyens produisent des données précieuses pour la recherche. Une belle illustration de la puissance des sciences participatives !

Enfin, pour clore cette première journée, Pascal Decorps du museum nous a permis de visiter l’exposition temporaire « Rouge comme neige » consacrée à Sanguina nivaloides, un organisme captivant dont certains secrets échappent encore à la science.

Analyser, questionner, comprendre

La deuxième journée, au Laboratoire d’écologie alpine, a permis d’analyser les données récoltées par le piège photo, installé pour l’occasion dans l’arboretum du campus. Mésanges, sittelles, geais, écureuils… : la richesse de la faune locale a servi de support pour aborder des notions clés avec les scientifiques :

  • Comment évaluer, mesurer la biodiversité ? (Wilfried Thuiller)
  • Quel est l’impact de la connectivité des paysages sur la biodiversité ? (Caterina Penone)
  • Pourquoi la taxonomie reste-t-elle essentielle au XXIe siècle ? (Florian Boucher)
  • Comment suivre la grande faune grâce aux pièges photos ? (Marie-Sarah Richez, Nathan Daumergue)
  • Un exemple d’observatoire de la biodiversité avec « Orchamp » (observatoire des écosystèmes de montagne) (Stéphane Bec)

Des échanges passionnants, qui ont aussi permis de discuter fiabilité des données, biais méthodologiques et quantité d’observations nécessaires pour tirer des conclusions robustes.

Devenir ambassadeurs de la biodiversité

À l’issue de la formation, les enseignants repartent avec un piège photo prêt à être utilisé avec leurs élèves dès janvier. L’objectif ? Former une nouvelle génération d’ambassadeurs de la biodiversité, capables d’observer, de questionner et d’agir pour préserver leur environnement.

Un grand merci à la MAIF pour son soutien financier, et à tous les partenaires qui rendent ce projet possible : Fondation La main à la pâte, Muséum d’histoire naturelle de Grenoble, Laboratoire d’écologie alpine, association Poids Plume…

Nathalie Vuillod