Vidéo : Quels refuges pour les plantes pendant les glaciations ? La théorie des nunataks.

Publié par Muséum De Grenoble, le 9 janvier 2018   500

Xl capture  cran nunataks

L'hypothèse des Nunataks, refuges de plantes pendant les glaciations : explication simplifiée du mécanisme dans les Alpes.

Texte rédigé par le Muséum de Grenoble avec le concours de Sébastien Lavergne du Laboratoire d’Ecologie Alpine de l’Université Grenoble Alpes - Octobre 2017

Il y a environ 2,5 millions d’années débute l’ère quaternaire. Des périodes froides (glaciations) et des périodes plus chaudes (périodes interglaciaires) se succèdent.

Entre deux glaciations, sur un massif montagneux, vivent et se reproduisent différentes espèces de plantes

Puis progressivement, les températures s’abaissent : une période glaciaire commence et des glaciers immenses recouvrent la région alpine.

Dans les Alpes, certaines espèces migrent  plus au Sud dans des régions non englacées. Pendant longtemps, a été admise la théorie des refuges glaciaires méridionaux (Sud des Alpes, Sud de l’Europe). Plus récemment, il a été proposé sur la base de données génétiques que certaines espèces, probablement déjà plus adaptées au froid, se seraient maintenues sur les hauts sommets sans glace, par exemple sur les versants les plus ensoleillés. Ces sommets immergés des glaces sont appelés « nunataks », qui signifie montagne en inuit, par référence aux sommets arctiques émergeants des glaces (paysage similaire aux maximums glaciaires en Europe).

Elles se maintiennent ainsi des centaines de milliers d’années en situation d’isolement géographique, au rythme des glaciations qui se succèdent, et certaines acquièrent de nouvelles caractéristiques génétiques ou morphologiques au fil des générations. Ceci pouvant aboutir à la formation de nouvelles espèces.

Il y a environ 15 000 ans, la période glaciaire s’achève. Les températures se radoucissent, les massifs sont progressivement  libérés des glaciers.

Les espèces recolonisent les versants depuis le Sud de l’Europe. Les espèces refugiées sur les nunataks recolonisent les versants depuis les hauts sommets. Cette recolonisation, au fil des générations  s’accompagne d’une diminution de la diversité génétique (par dérive génétique) : on a tendance à retrouver plus de diversité génétique parmi les individus d’une même espèce en haut des sommets que plus bas sur les versants. Ceci serait donc une ‘signature’ des phénomènes de refuges glaciaires à l’intérieur des Alpes (nunataks), et c’est que cherchent à démontrer les chercheurs.

Des espèces nouvelles se sont formées lors de cette succession d’épisodes glaciaires. Ce qui a concerné les plantes, mais aussi des animaux, comme des insectes par exemple.