Une tisane et au lit... ou pas !

Publié par Association Infusciences, le 15 novembre 2021   280

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Vues comme des remèdes de grands-mères, des boissons chaudes moins gourmandes que le chocolat chaud, les tisanes sont associées dans nos esprits à un mode de vie ennuyeux : une soupe, une tisane et au lit à 21 heures. Et si je vous disais qu’il n’en était rien ? Et oui, ennemies numéro un de la goutte au nez, les tisanes sont en fait les parfaites alliées pour l’hiver et peuvent nous donner la pêche !

Simples depuis toujours

Pour préparer les tisanes, on utilise des plantes médicinales, c’est-à-dire des plantes qui ont une action bénéfique notable sur le corps. Ces plantes étaient appelées des simples au Moyen-Âge en France. Mais les tisanes seraient même consommées depuis -5000 av. JC en Chine et on trouve des traces de leur utilisation dans différentes régions du monde depuis cette époque [1].

L’avantage de la tisane, c’est que pour la plupart, les plantes médicinales n’ont pas besoin d’être cultivées : elles poussent spontanément. Elles représentaient donc un moyen accessible et “simple” de se soigner pour les petites gens en l’absence de médecins. 

Aujourd’hui, elles sont vues comme un traitement de fond, mais pas comme de réels médicaments. On connaît tous la fameuse verveine, qui permet de se relaxer, mais il existe au total 148 plantes ayant des propriétés médicinales autorisées à la culture en France [2]. Attention cependant aux plantes sauvages, qui sont difficiles à reconnaître et parmi lesquelles certaines sont toxiques.

Fabriquer sa propre tisane

Trois étapes suffisent pour faire soi-même de la tisane une fois que l’on sait quelles plantes on veut utiliser [3].

La récolte

Il faut commencer par récolter les fleurs, les feuilles ou une autre partie d’une plante qui nous intéresse. Pour récolter la mauve que vous voyez sur ces photos, on saisit le dessous de la fleur avec deux doigts et on coupe en pinçant, de manière à ne pas garder le pédoncule.

Une fois cueillie, on touche le moins possible la fleur pour ne pas l’abîmer ni la salir. On conserve le panier le plus à l’ombre possible pour ne pas que les fleurs ternissent avant le passage à l’étape suivante. 

Le séchage

Le but est maintenant de faire sécher la fleur, ce qui lui permet de garder ses propriétés sans moisir ni s'abîmer. Pour cela, les personnes les plus équipées ont des séchoirs. Ce sont des meubles en bois qui peuvent accueillir de nombreuses claies de séchage, c’est-à-dire des cadres en bois avec un filet au maillage très fin sur lequel on dépose les plantes.

Comptez entre trois et cinq jours de séchage en fonction de la plante qui sèche, de la météo et de votre installation. Il est bien évidemment possible de faire sécher ses plantes à l’ancienne, en les attachant en bouquets et en les pendant la tête en bas dans une pièce chaude. Vous pouvez aussi les chauffer au four, mais pas trop fort, les propriétés des plantes disparaîtraient sinon.

Le mélange et le stockage

Une fois vos plantes séchées, le plus dur est fait, mais vous n’êtes pas encore au bout de vos peines ! Reprise d’humidité, attaques de mites voraces… Les plantes séchées sont très fragiles. On les conserve à l'abri de la lumière, dans des boîtes, sachets ou pots.

Une fois que tout cela est fait, il ne vous reste plus qu'à faire chauffer de l'eau, sortir votre plus beau plaid et à profiter des saisons froides

[1] https://fr.wikipedia.org/wiki/..

[2] https://www.franceagrimer.fr/F...

[3] Document associé