Eulalie vous dit tout sur les météorites

Publié par Eulalie L'éléphante, le 22 juin 2019   330

Xl mhngr.mi.8443 photo de la m t orite  fond noir  du mus um de la ville de grenoble

Depuis mon voyage dans l’espace (voir mon article à ce sujet), j’ai bien du mal à m’en remettre ! Cette exploration a vraiment piqué ma curiosité, notamment sur un sujet qui me passionne : les météorites.

Depuis que j’ai vu celle de 18 kg du Muséum, je ne pense qu’à cela.

Je suis donc retournée la nuit dernière pour discuter avec le capitaine de l’Osugus et avoir des précisions sur les météorites.

Voilà tout ce qu’il m’a révélé…

 

Connaître les bases

Un corps céleste devient une météorite lorsqu’il rentre en contact avec la surface terrestre. Dans 99% des cas, il s’agit d’un fragment d’astéroïde après une collision, dans d’autres cas, il s’agit d’éléments de la nébuleuse primitive, à l’origine du système solaire.

En moyenne, 150 tonnes de matière extraterrestre frappent la terre chaque jour (c’est comme si 150 Eulalie tombaient chaque jour !). Pour la grande majorité, il s’agit de micrométéorites (moins d’1 mm). Une grande proportion est vaporisée entre 100 et 20 km d’altitude. Sur les quelques tonnes restantes qui atteignent le sol, les 2/3 plongent dans les océans et le reste est le plus souvent perdu.

La « faute » à Jupiter

Plusieurs milliers de petites planètes gravitent dans une zone située entre Mars et Jupiter appelée la ceinture d’astéroïdes. A cause des fortes perturbations gravitationnelles induites par Jupiter (plus grosse planète du système solaire oblige !), les astéroïdes n’ont jamais pu s’agglomérer pour former une planète. Lors de leur révolution autour du soleil, ces corps entrent fréquemment en collision. Ces fragments peuvent être déviés et leur nouvelle trajectoire peut croiser celle de la Terre.

Objet Volants Identifiés

En entrant dans l’atmosphère terrestre, les fragments d’astéroïdes subissent des forces de frottement portant leur température superficielle à plusieurs milliers de degrés. C’est à l’aspect qu’engendre cette fusion partielle de la croûte que l’on peut reconnaître une météorite. Les angles sont arrondis et l’aspect général est relativement lisse.

Photo astéroïde Eros, wikimédia

En arrivant à près de 63 000km/h, il reste souvent peu de chose de la météorite. Ce sont surtout les indices qui permettent de reconstituer les événements. Evidemment un cratère de 1200 m de diamètre ne passe pas inaperçu. Mais tous les « trous » circulaires ne sont pas des cratères fossiles (ou astroblèmes). D’autre part, les processus géologiques (mouvements lithosphériques, érosion) effacent la partie visible des cratères. L’observation de la roche au point de chute est indispensable. Sous la violence du choc, le substrat rocheux est en partie transformé en verre. Les quartzites et les calcaires sont modifiés dans leur structure et présentent des déformations lamellaires visibles sous microscope.

Les météorites sont classées en 3 principaux groupes

Certaines météorites restent en dehors de cette classification. Il s’agit de fragments provenant de Mars et de la lune.

 La plus grosse météorite retrouvée pèse près de 60 tonnes. Toujours en place, cette sidérite fut découverte en 1920, enfoncées de 2 mètres dans un champ à Hoba (Namibie, sud de l’Afrique).

Que nous apprend l’étude des météorites ?

  • Un scénario de la naissance de notre planète

Grâce à l’étude des météorites et à leurs observations en astronomie, les scientifiques ont reconstitué le scénario probable de la naissance de notre planète. Dans les premiers 100 millions d’années après la naissance de notre étoile (le soleil, 4,568 milliards d’années), la matière formant la nébuleuse primitive autour de cette étoile s’est condensée, en grains de plus en plus gros, puis en planètes par gravitation.

  • Des connaissances sur la composition de la planète Terre

On estime que les chondrites sont des corps célestes dont la composition est la plus proche de celle de la planète Terre dans sa globalité. On arrive donc, connaissant la composition des roches de surface, à calculer la composition en éléments présent dans le noyau terrestre : elle se rapproche de celle des sidérites.

  • Une hypothèse sur l’origine de la vie

Les météorites contiennent toutes du carbone, en particulier, dans les chondrites carbonées, sous forme de molécules organiques. On estime à 500 tonnes de carbone par an la quantité de carbone qui arrive sur la planète par les météorites ou les micrométéorites. Ce flux a été encore bien plus important dans le premier milliard d’années d’existence de la planète et on estime que la Terre a alors reçu l’équivalent de 150 fois la masse actuelle de carbone biologique recyclable. Il n’est donc pas exclu que ces premières molécules carbonées d’origine extraterrestre soient une origine probable des premières réactions chimiques à l’origine de la vie !

  • Une des causes possibles d’extinctions

Les dinosaures et ammonites, ainsi que bien d’autres espèces disparues à la fin du crétacé (-65 millions d’années) auraient été victimes de la chute d’un astéroïde dont on a trouvé l’impact dans le golfe du Mexique. On a trouvé d’autres impacts de la même époque qui seraient dues à une collision entre astéroïdes 95 millions d’années auparavant. En fait, d’autres phénomènes sont aussi largement en cause notamment des éruptions volcaniques majeures ayant eu un impact sur le climat. Mais d’autres extinctions seraient peut-être aussi liées en partie à des chutes de météorites.

 Je remercie encore le capitaine pour toutes ces explications et n’oubliez pas, il vous reste encore un mois, (jusqu’au 28 juillet 2019) pour venir admirer la météorite du Muséum dans l’exposition et en savoir plus sur Les Mondes Inconnus.

Eléphantesquement vôtre, 

Eulalie.