Des femmes et des jeux vidéos

Publié par Anna-Marie Reytier, le 17 mars 2019   380

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La journée du 8 mars, les jeux vidéos et la ludo-éducation.  Ces trois sujets peuvent paraître éloignés, mais le sont-ils finalement tant que ça ?


Il y a très peu de chances que vous soyez passé.e.s à côté la semaine précédente : vendredi dernier, nous étions le 8 mars. Qui dit, 8 mars, dit « Journée Internationale de Lutte pour les Droits des Femmes » et ce, depuis 1977.  Alors, cette journée fait beaucoup parler, son nom est d’ailleurs bien souvent écorché ou même raccourci mais pour la petite information, sachez que cette journée c’est l’occasion de faire un bilan annuel sur les conditions des femmes partout dans le monde.

Alors pourquoi parler des femmes pour une émission consacrée aux jeux et aux sciences ?

Et bien, premièrement parce que, une journée dans l’année pour souligner cette démarche, c’est bien mais pour beaucoup de femmes maintenant, c’est tous les jours le 8 mars.

Et secondement, parce que, comme encore beaucoup de secteurs, celui du jeu vidéo n’est pas exempt d’inégalités entre les hommes et les femmes.

Alors c’est encore plus étonnant quand les dernières statistiques démontrent aujourd'hui, que pratiquement une personne sur deux jouant aux jeux vidéos en France, est une femme. Malheureusement, la parité est bien loin d'être acquise dans  l’industrie du développement du jeu vidéo, étant donné qu’on compte environ 15 % de femmes. Cette disparité s’explique par plusieurs facteurs : le manque de visibilité des femmes qui sont présentes dans l’industrie ; le manque de promotion des métiers du jeu vidéo auprès des filles ; et l’absence de sensibilisation à l’intérêt de la mixité, puisque que d’après les dernières études menées, la diversité entraîne non seulement une meilleure productivité mais surtout une création plus riche.

Il existe en France une association professionnelle, Women In Games France, qui milite déjà pour la mixité et l’augmentation de la présence des femmes dans l’industrie. Fondée par deux femmes de l’industrie du jeu vidéo en 2017 avec un but : changer l’industrie de l’intérieur en faisant prendre conscience des stéréotypes.

Ne serait-il donc pas possible de réduire ces inégalités grâce aux jeux justement ?

Cela pourrait être une piste à étudier. Cela fait maintenant plusieurs années que l’idée d’apprendre grâce au jeu a émergé. On appelle ça la ludo-éducation et elle est en constante évolution. D’ailleurs, cette approche de transmission est http://www.womeningames.org/largement utilisée par les médias, dont la radio !

Plus récemment encore, des réflexions autour de la transmission de connaissances via les jeux vidéos sont réalisées. Car, jouer à un jeu vidéo demande l'intégration de règles précises.  Quand on joue, on doit apprendre et comprendre les règles du jeu. On doit savoir faire preuve de capacités d’anticipation, de créativité, de stratégie, d’esprit d’ équipe et de concentration intense. Toutes ces capacités démontrent l’intégration d’un apprentissage et de comportements afin de pouvoir jouer correctement . Qu’est-ce-qui nous empêche donc d’ajouter des connaissances scientifiques ou adresser des problèmes complexes, par exemple, dans le jeu ?

Il n’y a qu’une seule règle à respecter pour apprendre avec le jeu : ne pas avoir la sensation de travailler, sinon le contrat avec le joueur est brisé.

En définitive, s’il est possible d’adresser des problèmes complexes, rien ne nous empêche de traiter les inégalités entre les hommes et les femmes. Peut-être qu’une équipe de jammers de la Scientific Game Jam de Grenoble tentera de s’y atteler ce weekend, qui sait ?



Crédit image : http://www.womeningames.org/