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Le Master CCST

À la découverte d’Inria et du numérique de demain !

Publié par Amandine Kuhn, le 16 janvier 2022   3k

      Le jeudi 02 décembre 2021, nous -la classe de Master 1 CCST- nous sommes rendus à Inria, l’Institut National de Recherche en Informatique et Automatique, à Montbonnot. Ce nom reflète leur domaine de recherche historique, Inria étant dorénavant plus tourné vers la recherche en sciences et technologies du numérique.

      Une fois rentrés dans un grand bâtiment moderne aux allures de vaisseau spatial, nous avons été accueillis par Pauline Tardy-Galliard, responsable communication. Elle nous a fait une présentation d'Inria dans un petit amphithéâtre aux sièges particulièrement confortables.


Un peu d’histoire…

      C’est en 1967 que le président Charles de Gaulles initie le programme de recherche suite au lancement du plan gouvernemental “Plan Calcul” qui avait pour objectif d’assurer l'autonomie du pays dans les techniques d’information et développer une informatique européenne, nous explique Pauline. Inria (alors appelé IRIA) est dans un premier temps assez secret, caché dans les anciens locaux de l’OTAN dans une forêt à Rocquencourt. Le but étant de permettre à la France d’avoir une indépendance numérique. Une de leur premières innovations fut une mission de développement des outils de DAO et CAO (Dessin et Conception Assistée par Ordinateur). Puis très rapidement, Inria a participé au programme international de développement de l’internet grâce à leur programme “Cyclades” qui contribue à la création du transfert de données par communication de paquets.

      Dans les années 1980, les antennes de Nice et de Nancy ouvrent puis celle de Grenoble en 1992. Le but de l'institut est alors d’attirer les jeunes chercheurs·euses et de favoriser la collaboration avec le monde académique et industriel.

>> Pour en savoir plus, découvrez l'histoire d'Inria


… jusqu’à aujourd’hui

      Pauline Tardy-Galliard précise que les temps de recherche sont des temps longs avec des applications grand public qui arrivent entre dix et quinze ans après le début des recherches. 

      Comme c’est le cas, par exemple, du système de protection des données de l'application “Tous Anti-Covid“. Une équipe de chercheurs·euses travaillait sur ce sujet depuis des années, lorsque la pandémie a frappé la France. Leurs travaux ont permis en deux mois de développer une application qui n’utilise pas les données des utilisateurs·trices, car elle se sert du Bluetooth, donc des ondes radio qui ne récupèrent pas les données. Les travaux de deux de ces chercheurs leur ont valu une Médaille de l'Ordre National du Mérite. Selon Pauline, cette application fait de la France un des seuls pays en Europe à ne pas utiliser les données des utilisateurs·trices, en se passant des services des géants du numérique, les GAFAMs (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft). Pour elle, c'est ce genre de réussites qui démontre l’importance d'Inria qui, grâce à son innovation, permet à la France de garder une certaine indépendance numérique.

>> Pour en savoir plus, lire les articles sur le projet Tous Anti-Covid (initialement StopCovid)

      Il existe aujourd’hui neuf centres de recherches Inria en France : Bordeaux, Grenoble, Lille, Nancy, Paris, Rennes, Saclay et Nice, le dernier créé a été inauguré le 01 décembre 2021 à Lyon, se séparant ainsi de celui de Grenoble.


Un besoin de communication auprès du public

      Le numérique faisant pleinement partie de nos vies depuis des années maintenant, les chercheur·euses d'Inria se sont rendus compte qu’il y avait un vrai besoin de communication et de médiation dans le domaine du numérique et de l’informatique. Les enjeux actuels, comme avec l’exemple de l’application “Tous Anti-Covid”, nécessitent des explications des chercheur·euses sur leur recherches. Ce n’est pas toujours évident à mettre en place surtout dans les centres de recherches. Il s’agit d’un travail collaboratif entre les chercheur·euses, les communicant·e·s et les dirigeant·e·s. 

      "Les gens doivent être des citoyen·ne·s éclairé·e·s par rapport au numérique et pas que dans un usage consumériste de téléphone et de l'ordinateur"

Pauline Tardy-Galliard, responsable communication au centre Inria de Grenoble

      Nous avons pu découvrir deux moyens de médiation mis en place par Inria Grenoble pour rendre le numérique accessible au public, tout d’abord avec les enfants. Grâce au journal Le Dauphiné Libéré des enfants”, distribué dans les écoles, le centre a pu obtenir un dossier où ils présentent le numérique aux enfants de manière ludique et concrète.

Par exemple : les technologies numériques utilisées dans les films ou les jeux vidéo.


     Un lieu pour découvrir par soi-même

      Par la suite, nous avons visité LOGIN, un espace qui pourrait faire penser à un showroom. L’objectif de ce lieu est de « faire vivre une expérience » selon les mots de notre guide. C’est un endroit rêvé pour les jeunes : on touche, on voit des images, le lieu est très coloré, on y comprend des choses et on s’y imprègne du numérique. 

      C’est une grande pièce, très graphique avec peu de texte, mais de nombreux écrans proposant des vidéos ou des activités liées à des technologies Inria. Le concepteur de l’espace nous explique son choix : ni une exposition, ni un showroom.

« L’idée est de promouvoir, agir et découvrir en manipulant ».

      Selon eux, cet espace reste trop peu exploité, c’est une des raisons de notre visite, Inria et leurs recherches innovantes et prometteuses a besoin de visibilité et de se faire entendre dans le paysage public local.

Nous avons pu tester les activités numériques proposées dans l'espace LOGIN.


En attendant les prochaines innovations numériques ou projets de renommé d'Inria, vous pouvez suivre ses actualités ou vous rendre dans l’espace LOGIN qui est accessible au public. 


Article rédigé par Arthur Vial et Amandine Kuhn dans le cadre du cours "Découvrir les métiers et les environnements professionnels" encadré par Marion Sabourdy, au sein du Master de Communication et Culture scientifiques et techniques de l'Université Grenoble Alpes.

Crédits photos : Amandine Kuhn