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Ei Wada à Expérimenta : des rayures aux tablatures !

Publié par Arthur Larpent, le 19 février 2018   1.4k

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L’édition 2018 du salon Expérimenta s’est déroulée du 8 au 10 février, hébergeant de nombreuses performances insolites. L’artiste Ei Wada a saisi cette occasion pour importer, tout droit du Japon, son expérience musicale décalée : Striped Shirtsizer.

C’est dans une pièce obscure du complexe Minatec, à Grenoble, que s’est déroulé un spectacle peu ordinaire. Les visiteurs du salon d’art et sciences ont en effet pu assister, entre deux ateliers tout aussi extravagants, à une démonstration artistique peu commune (vidéo ci-dessous).

Cet « instrument », baptisé Striped Shirtsizer, permet de jouer de la musique avec son propre corps, grâce à l’association ingénieuse d’une caméra et d’un T-shirt rayé. Pour en comprendre le fonctionnement, une remise en contexte s’impose.

A l’origine, une petite erreur…

Le dispositif s’inscrit dans la continuité des travaux de son concepteur Ei Wada, un artiste japonais plein d’énergie. En effet, à travers un grand projet dénommé Electronicos Fantasticos, il s’applique à transformer de vieux appareils électroniques en instruments de musique. C’est suite à une erreur lors de la manipulation d’un tel appareil que ce projet s’est retrouvé complété par un nouvel instrument. En effet, l’artiste a inversé par inadvertance les branchements audio et vidéo d’un téléviseur cathodique, ce qui a abouti, au lieu de l’émission du son attendu, à un écran rayé de noir et de blanc. L’anecdote aurait pu s’arrêter là si une idée n’avait pas germé dans l’esprit du japonais : si un son produit une image caractéristique, peut-être qu’une image peut générer un son !

Un dispositif analogique

C’est ainsi que Ei Wada a branché une caméra à une enceinte, afin que le signal vidéo perçu par la première se traduise en signal sonore au niveau de la seconde. Pour que la réciproque soit totale, la caméra doit bien évidemment filmer une image semblable à celle qu’affichait initialement le téléviseur, c’est-à-dire des rayures noires et blanches. De fait, lors que les conditions sont réunies, une note est jouée par l’enceinte, note déterminée par le nombre de rayures perçues par la caméra. L’artiste a donc enfilé un T-shirt à rayures pour tester les possibilités offertes par son installation, et s’est rapidement rendu compte que la distance entre la caméra et l’image lui permet de varier la note produite : la caméra percevant un nombre plus petit de bandes lorsque la distance se réduit, la note jouée est plus grave, et vice-versa ! Le dispositif s’apparente finalement à un piano géant sur lequel il faut marcher pour jouer, le tout étant entièrement analogique, c’est-à-dire sans intermédiaire numérique ou informatique.

Une performance interactive

Depuis cette invention, Ei Wada a pu perfectionner non seulement son instrument, en y ajoutant une boite à rythme ainsi que des pédales à effet pour dynamiser la performance, mais aussi sa maîtrise, comme le public a pu le constater en le voyant reproduire l’Hymne à la joie en live. En outre, non content d’offrir une performance étonnante, l’artiste met également un point d’honneur à inviter les spectateurs à se joindre à lui, dans une improvisation musicale de groupe sous le rire et les applaudissements de tous.


Pour aller plus loin : https://eiwada.com/ (Site officiel de l'artiste)
Crédit photo : Ei Wada (https://twitter.com/crab_feet?...)