Quelques “figures de l’ombre” de l’histoire de l’informatique - Echosciences chez RCF Isère

Publié par Echosciences Grenoble, le 19 décembre 2019   1.3k

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Depuis la rentrée 2019, RCF Isère offre du temps d'antenne à Echosciences Grenoble, tous les jeudis à 12h05, dans "l'Echo des médias" des "Midis RCF" présenté par Nicolas Boutry.  L'occasion de vous parler des derniers contenus intéressants partagés par les membres d'Echosciences. Retrouvez toutes les chroniques dans ce dossier !

Retrouvez la chronique du 19 décembre, par Marion Sabourdy, en son et en texte ci-dessous :


Sur RCF Isère, c’est l’heure de retrouver l’Echo des médias. Aujourd’hui, Marion Sabourdy nous présente les dernières nouvelles d’Echosciences Grenoble. Bonjour Marion.

Bonjour Nicolas !

Aujourd’hui Marion, vous allez mettre un coup de projecteur sur quelques “figures de l’ombre” de l’histoire de l’informatique...

Oui Nicolas. Vous le savez peut-être, je m’intéresse beaucoup à la thématique “Femmes & Sciences”, au point d’avoir créé une communauté dédiée sur Echosciences, qui s’appelle “Marie, Rosalind, Jane… et les sciences”. Et, par ailleurs, depuis quelques temps, je voulais vous partager un des articles de l’ACONIT, l’Association pour un Conservatoire de l’Informatique et de la Télématique. Par chance, Xavier Hiron, Chargé de mission collections à l’ACONIT a récemment publié l’article intitulé “Machines et personnalités : de la place de la femme du calcul à l’informatique” !

En effet, ça tombe bien ! Alors Marion, à quand remonte l’apport des femmes dans l’histoire du calcul et de l’informatique ?

Sûrement à très très longtemps Nicolas. Mais l’article, lui, remonte à la fin du 17ème siècle et au début du 18ème, avec le terme de “calculatrice”. A l’époque, il ne désignait pas la machine à calculer qu’on connaît, mais plutôt les femmes, souvent des nobles, qui étaient mises à contribution pour effectuer de grandes séries de calculs afin d’établir par exemple des tables astronomiques ou des éphémérides.

Comme souvent, ces travaux de patience, de rigueur et de méthode sont confiés aux femmes par des hommes qui jugeaient ces calculs ennuyeux et fastidieux… L’auteur donne l’exemple de l’astronome Joseph Jérôme Lefrançois de Lalande qui prédit au mois près la périodicité du passage de la comète de Halley grâce aux calculs de Nicole Reine Lepaute. D’ailleurs, je passe également rapidement sur l’apport remarquable d’Ada Lovelace dans les années 1830-1840, dont les intuitions ont préfiguré la notion d’ordinateur. Vous pourrez retrouver l’histoire de cette femme remarquable dans un autre article de l’ACONIT ainsi que dans le récent livre de Catherine Dufour chez Fayard.

Et alors, que se passe-t-il plus récemment, à partir du 20ème siècle ?

L’article souligne un fait intéressant Nicolas. Dans les années 1950-60, les femmes étaient présentes à parité dans les métiers innovants du calcul, y compris pour des tâches de techniciennes et de programmeuses. Mais 60 ans plus tard, les femmes ne sont plus que 20% dans ces domaines. Il faut dire que leur apport a été continuellement invisibilisé. 

L’auteur prend notamment deux exemples : celui d’Alan Turing et d’Albert Einstein. Derrière ces savants connus et reconnus, il y avait deux femmes brillantes, qu’on ne connaît en général pas du tout. Dans le premier cas, Joan Clarke, mathématicienne qui a grandement contribué à décrypter le code de la machine Enigma et dans le deuxième cas, Mileva Maric, mathématicienne, physicienne et première femme d’Einstein dont les calculs ont permi de confirmer la recevabilité de la théorie de la relativité.

Et apparemment, les femmes se heurtent souvent à des barrières dès leurs études...

Oui Nicolas ! Joan Clarke par exemple, s’est vue refuser une partie de son diplôme de mathématique en 1937 car le règlement de son école interdisait alors qu’il soit accordé à une femme. Quant à Mileva Maric, elle a dû aller étudier à l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich car c’était à l’époque la seule en Europe à délivrer son diplôme aux femmes.

Et même si la situation s’est améliorée depuis, j’ai été frappée par un autre exemple bien plus récent, celui de Rose Dieng-Kuntz, qui était dans les années 1980 la première femme africaine, en l'occurrence Sénégalaise, à intégrer l’Ecole Polytechnique de Paris. On lui doit notamment le pilotage d’un programme sur le web sémantique, ce qui fait d’elle l’une des toutes premières femmes spécialistes d'intelligence artificielle.

En bref, je vous conseille vivement la lecture de cet article, de celui sur Ada Lovelace et plus largement de tous ceux que vous retrouverez sur le compte de l’ACONIT sur Echosciences !

Merci Marion pour la présentation de cet article. Et du côté de l’agenda, avez-vous un événement à nous proposer pendant les Fêtes ?

Oui Nicolas. Pour une sortie familiale ces prochains jours, je vous propose l’exposition “Fascinants Félins” au Muséum de Grenoble. Saviez-vous que la famille des Félidés compte 38 espèces, Nicolas ? Vous en connaissez quelques-unes ?

Oui : le chat, le tigre, la panthère, le lion, le léopard, le jaguar, le puma, le guépard...

Pas mal du tout ! On peut y ajouter le lynx, qu’on retrouve dans notre région mais aussi d’autres espèces moins connues comme le Jaguarondi, l’Ocelot ou le Margay. Les félins ont conquis toute la planète mais de nombreuses menaces pèsent sur eux. Et comme souvent, l'étude et la connaissance de ces espèces et de leurs milieux restent les meilleures méthodes pour apporter des solutions durables. Pour découvrir ces gros matous, RDV à l’Orangerie du Muséum. Attention, l’exposition sera fermée les 25 décembre et 1er janvier ! Et si vous n’êtes pas dans les parages ces prochains jours, pas de panique, elle restera accessible jusqu’au 20 septembre 2020 ! 

Bonnes fêtes Nicolas !

>> Photo : Christopher Fausten (@christopher_rcf)