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Mémoires du Futur

L'Homme glial - Comment s’élaborent nos pensées ?

Publié par Jean Claude Serres, le 5 août 2020   850

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 « L’homme glial » est un livre qui apporte une petite révolution dans la façon de penser le fonctionnement du cerveau. Il prend la contre partie de « l’homme neuronal » de Changeux. Ce livre très accessible et assez court est à lire assurément : 

  • Yves Agid et Pierre Magestretti  « L’homme glial » edition Odile Jacob 2018

Suivant le paradoxe du réverbère, les neurosciences ont développé les connaissances du fonctionnement cérébral à partir de ce qui était facilement mesurable : flux électriques et électromagnétiques, puis par corrélation éloignée : les flux sanguins car le cerveau consomme beaucoup d’énergie. Ce qui a donc été mesuré est le fonctionnement neuronal, les aires, les réseaux et même le fonctionnement d’un seul neurone.

Or, le cerveau est constitué de neurones, de cellules gliales (en plus grand nombre surtout pour les espèces les plus évoluées) et des vaisseaux sanguins, des plus gros aux plus fin (artères et veines) qui irriguent très finement toutes les cellules nerveuses et gliales.

Les cellules gliales sont de trois grands types : les astrocytes, les microglies (défense microbienne et immunologie) et les oligodendrocytes ( myéline qui entoure les axones accélérant la vitesse de propagation du signal électrique).  Ce sont les astrocytes qui font l’objet de l’analyse comportementale poussée par les deux auteurs.

Les astrocytes ( en forme d’étoiles) sont « connectés » à des milliers de synapses, de multiples neurones. Elles tissent un réseau quasi géométrique régulier, interconnectées entre elles comme aux synapses.

 Elles assurent différentes fonctions :

  • Usine chimique de transformation du glucose apporté par les vaisseaux capillaires en lactate pour nourrir les neurones.
  • Nettoyage des déchets produits par le neurone
  • Communication synapses – astrocyte dans les deux sens
  • Communication inter astrocytes par effet d’ondes qui se propagent à vitesse lente
  • Architecture référant pour le développement des neurones et des synapses
  • Favorise les traitements à long terme comme les apprentissages et la mémoire à long terme (alors que la mémoire court terme de type électrique est l’apanage des neurones)

A la différence des neurones la communication des astrocytes est exclusivement de type chimique et lente. Les auteurs pensent qu’il faudrait modéliser le fonctionnement cérébral de façon systémique : - Neurones – Inter neurones synchronysateurs – Astrocytes - Capillaires sanguins.  Le facteur temps est important à prendre en compte : temps court pour les neurones – temps long pour les Astrocytes.

Nous pourrions considérer que les neurones figurent les flux de communication entre les processus, par analogie les artères (boulevards, rues, ruelles d’une ville). Quant aux  astrocytes, véritable usine de transformation de l’énergie et organisation des flux (localisation et gestion des synapses), ce sont les processus cérébraux au niveau cellulaire (bâtiments et usines dans la ville).

 Les neurosciences cartographient les flux, la circulation entre processus. Les « Gliesciences » ou bien les « Astrosciences » devraient pouvoir cartographier les processus astrocytaires grâce à l’évolution des capacités de mesure des flux chimiques qui les traversent.

 Le siège de l’élaboration des pensées : inter-actions entre idées, mémorisation, apprentissages, des états de conscience par résonance électromagnétique, synchronisation électrique et chimique, restent encore de l’ordre de spéculations et de questions ouvertes (en termes de support contenant comme de contenu). La posture méta (métacognition, introspection, penser sa pensée) reste encore plus un questionnement ouvert.