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Sat & Light

Du spatial et des aurores

Publié par Mathieu Barthelemy, le 2 mars 2017   1.6k

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Bonsoir ! Cette mission en Norvège est particulière. Nous sommes là pour un objectif double. Faire des mesures de polarisation avec Premier cru comme l'année dernière et tester le concept de l'instrument ATISE sur des aurores. L'enjeu est important, ce concept instrumental volera à 650 km d'altitude d'ici 2020. Il faut que tout soit validé.

Pour cela il faut voir des aurores. Comme toujours ce n'est pas gagné : nuages, absence d'activité solaire... Mais la chance est avec nous.

Dès hier soir, mardi, le ciel est clair et c'est parti pour une belle danse nocturne. Ce mercredi soir rebelote en plus fort. Kp atteint 5 ce qui signifie qu'une grosse quantité de particules entrent dans l'atmosphère autour des pôles. On peut espérer de belles aurores. Vers 19h c'est parti, le ciel encore un peu nuageux verdit rapidement. Les trous de ciel clairs laissent entrevoir de beaux arcs auroraux.

Au cours de la soirée, le ciel se dégage et devient très clair. Et par deux fois, tout s'illumine très fortement, des flashs violets apparaissent de manière intermittente. L'aurore est vraiment très forte. C'est toujours aussi magique.

Crédit photo : Cécile Sequies

C'est cependant le stress : les instruments marchent-ils ?

Depuis l'année dernière on maîtrise mieux Premier Cru, le spectropolarimètre. Les choses devraient bien se passer. Quelques améliorations dans le logiciel d'acquisition, une meilleure optimisation de l'optique, tout va bien.

L'histoire n'est pas la même pour ATISE. C'est tout nouveau, nous n'avons jamais testé ce concept d'instrument sur le ciel. Va-t-on avoir les résultats escomptés ? La sensibilité de l'appareil sera-t-elle suffisante ? Va-t-on même réussir à acquérir des données ?

ATISE Sol lors de son montage à Grenoble - Crédit : CSUG, Etienne Le Coarer

ATISE Sol lors de son montage à Skibotn - Crédit : CSUG, Mathieu Barthélemy

Mardi est consacré au montage et à la calibration de l'instrument ATISE. C'est long et minutieux, mais on y arrive et ça marche. Les premiers spectres tombent, on se jette dessus pour les décortiquer. L'interprétation n'est pas simple mais l'essentiel est acquis : le concept marche !!! On peut donc continuer à le spatialiser.

7 heures de données plus tard à raison d'un spectre toute les quatre secondes. Il y a du boulot.

Crédit : CSUG, Etienne Le Coarer

Mercredi soir, nous avons réussi à optimiser ATISE. On ne pose plus que 2 secondes. Et la chance est avec nous, il y a des passages très sombres, des intensités très fortes. Il ne reste plus qu'à travailler ces spectres et à préparer l'interprétation des données spatiales.

Encore plusieurs jours de données sont prévus mais c'est déjà un succès. Nous avons prouvé que le concept de ATISE marche. Nous avons déjà pas mal de données Premier Cru avec de l'activité... et nous avons déjà vu de magnifiques aurores. Cependant, en géophysique, acquérir des données sur des temps longs est important, très important. Plus on aura de données mieux ce sera et plus on sera préparés pour tirer des choses intéressantes des futures données spatiales issues de ATISE et AMICal Sat son petit frère qui sera lancé fin 2018.

La caméra plein ciel est à 50m de l'observatoire, c'est donc très proche de ce que l'on voit. D'ailleurs c'est assez fort en ce moment. Je sors voir comment cela se passe. Kp est monté à 6 sur une échelle de 9.

Si vous voulez jeter un œil aux aurores que l'on voit, rendez vous sur cette page.

ATISE n'aurait pas été possible sans les partenaires du CSUG, Air Liquide, E2V et ST Micro. Merci à eux pour leur soutien dans cette belle aventure.

Par ailleurs la version sol d'ATISE a été en partie financée par l'UFR PHITEM sur des crédits de la région Auvergne Rhône Alpes (Crédits CEDES). Merci.