Jour 7 // Dernier jour de la mission

Publié par Muséum De Grenoble, le 13 novembre 2018   120

Xl jour 7

Nous découvrons que la planète sur laquelle nous nous sommes posée s’appelle la Terre (la fameuse GIA2b) dont l’atmosphère particulière, la nature géologique et la température au sol ont rendu la vie possible.

Comme nous l’avons vu dans ce voyage extraordinaire à travers l’univers, la Terre est la seule planète habitable à des milliards de milliards de kilomètres à la ronde… Espérons que ces habitants en ont conscience car l’Osugus ne repassera pas avant longtemps !

Pour finir, un dernier membre de l’équipage souhaiterait nous présenter ses recherches qui nous aident tant à mieux comprendre les fonctionnement de notre bonne vieille terre !


Les ingénieurs du Gipsa-lab analysent les signaux des satellites radar pour mesurer les déplacements des objets en mouvement comme les glaciers mais aussi pour essayer de calculer le stock d’eau du monde entier.

Quand les satellites nous informent sur …

… Le mouvement des glaciers

À 800 kilomètres au-dessus de nos têtes, les radars des satellites en « orbite basse » émettent et reçoivent des ondes pour observer les phénomènes naturels. De jour comme de nuit, quelles que soient les conditions météorologiques, ces « images » révèlent le mouvement centimétrique du glacier d’Argentière ou de nombreux autres phénomènes… A condition qu’elles soient savamment traitées par des spécialistes…


Venez voir au Muséum à quoi ressemble des jalons-balises, une antenne, une horloge et une centrale GPS et un coin réflecteur de signal radar fabriqué au GIPSA-lab.

Vous aimez les « wrapp » ?

Les images radar ressemblent à des « wrapp » : enroulées sur elles-mêmes, les images radar doivent être « décodées » par des spécialistes du traitement du signal qui traduisent une image en une autre image en récupérant deux paramètres : l'amplitude et la variation de phase. A partir des données brutes, les radaristes appliquent des formules mathématiques et utilisent des outils informatiques complexes.

Photo ©GIPSA-lab. Comparaison d’une image radar brute (à gauche) et d’une image radar traitée (à droite) par les ingénieurs de traitement du signal. Cette image radar du lac Léman a été enregistrée par le satellite ERS-1. Chaque pixel correspond à des valeurs d’amplitude et de phase. Les ingénieurs recoupent les données similaires pour « traduire » les images radar.

Michel Gay et ses collaborateurs du GIPSA-LAB, soustraient les images les unes des autres et obtiennent des interférogrammes différentiels. Ces images sont des « cartes » en noir et blanc qui matérialisent par exemple la vitesse de déplacement de la surface d’un glacier, et au centimètre près ! 

Photo ©Michel Gay, 2007, GIPSA-lab. Premier interférogramme de la Mer de Glace généré en 2007 par Michel Gay : plus les franges de l’interférogramme sont rapprochées, plus le déplacement est rapide. Depuis, la résolution spatiale est passée de 20 mètres à… 1 mètre !

Toujours plus de données à traiter

Les données produites par les 2 630 satellites du monde entier sont aujourd’hui « ouvertes » autant pour un usage civil que pour les besoins militaires. Et depuis que la technologie radar est passée à la très haute résolution spatiale en 2007, une quantité très importante d’images reste à traiter… Car avant, on ne traduisait pas les images radar : elles étaient seulement stockées (au tout début par le premier satellite du CNES, Diapason aussi appelé D1A). Le code utilisé était développé par le Jet Propulsion Laboratory (NASA).  Par exemple, Michel Gay a travaillé à partir d'images enregistrées en 1996 et exploitées pour des travaux sur la vallée de Chamonix. L'idée étant de réaliser un interférogramme des Alpes.

… La quantité d’eau dans le monde

Michel Gay et ses collègues travaillent actuellement à créer des méthodes pour évaluer l’équivalent en eau de la neige au niveau mondial. Ils ont récupéré les signaux émis durant trois ans par le SNOWCAT, un radar au sol imitant parfaitement la « langue » des satellites en orbite.

Couplées à celles des instruments de mesure de l’eau contenue dans la neige, les données du SNOWCAT sont « déroulées » via un algorithme en cours de finalisation.

Si leur méthode se confirme, il sera alors possible d’évaluer et donc de mieux gérer les ressources en eau dans le monde…

Une information fondamentale alors que le changement de climat bouleverse l’accès à l’eau potable pour l’ensemble de l’humanité.


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