Une alliance militante face aux transitions du monde: Sciences&Design, avec Olafur Eliasson

Publié par Joel Chevrier, le 24 avril 2020   1.1k

Xl little sun co founder olafur eliasson photo tomas gislason   2012 little sun

Aujourd’hui, mais hier déjà, l’énergie et les interrupteurs, le Smartphone et le designer Jony Ive. Demain, mais aujourd’hui déjà, les œuvres de Olafur Eliasson pour être ensemble face aux transitions du monde.

Image Little Sun co-founder Olafur Eliasson (2012) © Tomas Gislason

Remerciements d’un enseignant à Olafur Eliasson

Olafur Eliasson disait en 2019

 La vie sur terre repose sur la coexistence entre les personnes, les animaux non humains, les écosystèmes et l'environnement. La coexistence est source de beauté, mais aussi de chaos et de difficultés. En réalité, nous sommes tous sur le même bateau. C'est pourquoi, nous devons prendre au sérieux l'urgence climatique. Pour y faire face, nous -individus, institutions, entreprises et gouvernements- devons faire confiance à la science et mettre en commun nos connaissances, notre créativité et notre énergie.

Finalement cet article décrit comment Olafur Eliasson et ses oeuvres viennent m’inspirer. Comment accompagner les étudiants, futurs acteurs d'un monde qui vient bien trop vite, face à ses changements de grandes ampleurs (réchauffement climatique, effondrement de la biodiversité...), avec la création de nouveaux enseignements ancrés dans une très large interdisciplinarité ? Cet enseignement est expérimenté à l’UGA avec l’école d’art et de design, l'ESAD et l’école d’architecture, l’ENSAG, et accueilli dans le FabLab du CCSTI La Casemate depuis quelques années. Il est à l’image d’autres, équivalents et heureusement toujours plus nombreux dans différentes universités. Partout ces enseignements cherchent à rassembler des étudiants et des enseignants  en sciences, en humanités, en technologie, en design et en arts qui se mobilisent autour des objectifs du développement durable. 

L’abondance de l’énergie, hier et aujourd’hui. 

Global primary energy consumption, measured in terawatt-hours (TWh) per year.

Cette courbe montre une augmentation incroyable de la consommation d’énergie de l’humanité depuis un siècle. Elle est devenue comparable à l’énergie solaire captée par photosynthèse. Les plantes, les arbres, le plancton, les algues… toute la planète verte. C’est un fait majeur dans l’histoire de l’humanité.

COVID note:  J’ai écrit cet article avant la pandémie Covid. Évidemment, la grande question aujourd’hui est : où seront les points qui viendront s’ajouter à cette courbe cette année, l’année suivante et les autres… ?  Pour comparer, on peut chercher l’impact des crises passées comme la crise financière de 2008…

Les conditions de vie de l’humanité ont ainsi changé du tout au tout. Mes grands-parents nés vers 1900 n’ont vécu que les prémices de cette évolution. Dans les années 60 et 70 du XXème siècle, mes parents et bien sûr moi-même en « late baby boomer », avons été portés par cette accélération brutale du monde, et avons vécu dans un pays comme la France, dans l’idée d’un monde infini et de la dilution des pollutions dans l’air ou l’océan, des espaces inaltérables… Pourtant l’écologiste René Dumont en 1974 tirait le signal d’alarme. J’en garde le souvenir de moqueries au collège à propos de son verre d’eau potable si précieux. L’insouciance est un luxe agréable. Dans cette période, je ne me rappelle pas avoir vu évoqué au lycée cet emballement de la consommation d’énergie. C’était pourtant l’époque de la naissance du programme électro-nucléaire français. Ce manque de curiosité est certainement aussi le résultat d’une absence totale de contrainte dans la vie quotidienne. L’énergie n’était pas une question pour cet adolescent des 70’s. 

 L’énergie et l’interrupteur : une première alliance Sciences&Design

L’énergie électrique en particulier a des propriétés incroyables : elle est là, partout, invisible, immédiatement disponible, sans limite apparente et très propre puisque les déchets sont loin. Magique quand on y pense. Plus fort que le génie de la lampe. 

Le vocabulaire du XXème siècle est explicite : centrales, réseaux, interrupteurs… Les lieux de production de l’énergie électrique sont les centrales thermiques. Elles sont seulement quelques dizaines en France de tout type mais surtout nucléaires. Elles sont le lieu de l’énergie hyper-concentrée. Et essentiellement invisibles pour la grande majorité des usagers. Elles nourrissent le réseau qui transporte l’énergie électrique de ses centres de production vers… tout le monde. Pratiquement sans défaillance dans un pays comme la France. Une prouesse scientifique, technologique et industrielle. 

Pour chacun, elle est mise en route par des interrupteurs, objets banals de notre quotidien. Il y a probablement des dizaines de milliards d’interrupteurs sur terre. Sans surprise, Wikipedia date son invention autour de 1860, quand la courbe de l’énergie se soulève. Comment pouvait-il en être autrement ? 

Image ci-dessus issue du site du Centre Pompidou Notes autographes pour "Inframince", "Le Grand Verre", "Projets" et "Jeux de mots". © Georges Meguerditchian - Centre Pompidou, MNAM-CCI /Dist. RMN-GP © succession Marcel Duchamp/ Adagp, Paris
Dans le texte Transformateur écrit par Marcel Duchamp et publié en 1939 dans l'anthologie de l'humour noir d'André Breton, on lit à propos de l’interrupteur : Transformateur destiné à utiliser les petites énergies gaspillées comme : l’excès de pression sur un bouton électrique.

L’interrupteur complète le dispositif de production et de distribution de l’énergie. Nous contrôlons ainsi d’un doigt des flux d’énergie énormes, bien au-delà des forces humaines, ou à l’inverse insignifiant. Cela ne fait d’ailleurs aucune différence. Mettre en route n’a plus rien à voir avec l’énergie associée à l’action démarrée. Les interrupteurs, sont à la fois évidents et discrets, aux bons endroits, et bien installés dans nos vies. Ils accompagnent « la fée électrique » qui est là, partout, invisible et immédiatement disponible sans limite. Très beau travail de design. 

La commande passée par l’entreprise Legrand en 2013 à la designer Victoria Wilmotte vient l’illustrer et en souligner la modernité.  

« Pour cette édition 2013 des D’DAYS, Victoria Wilmotte s’est vu confiée par Le Lab by Legrand le soin de traduire la thématique « Et demain… » à travers la réinterprétation des interrupteurs et prises » 

Cette alliance Sciences&Design nous a rendu l’usage de l’énergie doublement gratuit. Bien sûr, nous payons pour avoir accès à l’électricité. Mais en fait, pas toujours. Charger votre ordinateur dans un café ne rendra pas immédiatement votre boisson plus chère. D’autre part, nous utilisons, et en fait toujours aujourd’hui, cette énergie sans savoir exactement quelle quantité nous en consommons et sans vraiment y penser non plus tant son usage est banal. Mais les temps changent déjà. 

COVID note: Là encore, cette dernière remarque « Mais les temps changent déjà. » écrite dans la candeur de l’avant… on va maintenant voir ensemble comment on contribue ensemble à changer les temps .  On y pensera peut être quand on recommencera à « charger son ordinateur dans un café »...

Jony Ive et le Smartphone : une deuxième alliance Sciences&Design

La génération de mes enfants est la quatrième dans cette histoire. Comme le montre la courbe, elle a grandi, au tournant du siècle, dans un monde à l’énergie toujours plus abondante. A cette époque, avec des claviers et des écrans déjà là, le design allié à la science et la technologie va à nouveau brutalement changer le monde. Dans Le Monde du 7 octobre 2011, à la suite du décès de Steve Jobs, Milad Doueihi, historien des religions devenu un spécialiste de la culture numérique, écrivait : 

 (…) la plus grande influence de Steve Jobs aura été ce retour du corps dans notre quotidien numérique, retour qui a transformé notre habitus en modifiant l’espace du travail, l’espace publique et l’espace intime. 

 Finalement un Smartphone, c’est d’abord un système de capteurs qui engrangent de l’information sur le monde qui lui est extérieur. Le gyroscope bien sûr mais aussi le micro et bien sûr le clavier. L’intelligence embarquée, toujours plus artificielle, traite cette information en temps réel en utilisant beaucoup d’énergie électrique. Elle nourrit alors les « displays » : écran, haut-parleur, vibreur, etc. Ces « displays » s’adressent à différents canaux sensoriels de la perception humaine qui les fusionne. 

Grâce au design, cette adaptation du Smartphone à notre perception, à notre corps, à notre relation aux autres, à notre vie en fait, est simplement extraordinaire. Qui se soucie de la technologie et de la science ainsi massivement à l’œuvre en temps réel dans notre quotidien ? Même pas les scientifiques branchés sur leur messagerie et écouteurs dans les oreilles comme tout le monde. 

L’histoire de la collaboration basée sur le design entre Steve Jobs et Jony Ive est devenue une légende. Son symbole est le Smartphone. Ils ont contribué à inonder le monde de Smartphones en une décade, et ainsi à le changer en profondeur. Évidence quotidienne. 

C’est une alliance Sciences&Design construite au XXème siècle avec l’obsolescence programmée comme vision d’avenir. Toujours présente. Ainsi le Smartphone que l’on doit changer rapidement, est fondamentalement un objet du XXème siècle. On croyait encore à l’abondance quasi gratuite de l’énergie, des matériaux et des ressources. Les déchets toujours au loin. Il apparait que nous sommes à peu près tous en phase de réveil face à la réalité qui ne négocie pas. Ce réveil est bien difficile tant nous revenons de loin, mais le mouvement semble s’intensifier autour de ces questions cruciales pour notre avenir sur cette planète. 

COVID note: Là encore, le Covid va probablement accélérer violemment notre réveil ! Nous sommes appelés à travailler à notre métamorphose ! Temps de la chrysalide ? Pas vraiment le choix en fait ! 

Olafur Eliasson: une troisième alliance Sciences&Design

Cette alliance Science&Design se constitue en militante face aux transitions du monde, ancrée dans le développement durable.     

 A l’époque de la naissance de mes petits-enfants, suivant cette courbe ci-dessus, la consommation mondiale de charbon et de pétrole semble avoir passé son maximum. Depuis très peu, et nous savons que cette consommation ne diminue pas assez vite. Nous devrions tout faire pour que la consommation des combustibles fossiles diminue brutalement dans les dix ans qui viennent. Déjà l’Australie brûle. Le sud de l’Afrique alterne inondations et sécheresses comme jamais vu. Liste non exhaustive. De loin. Et, nous savons cela aussi, ce n’est qu’un avant-goût. On parle de 3°C, 4°C, voire 5°C d’augmentation de la température de la Terre à la fin de ce siècle. Quand va-ton se souhaiter « bonne chance à tous » ? 

Olafur Eliasson et de nouvelles générations d’artistes et de designers par leurs expositions, leurs événements et leurs actions sont non seulement des témoins mais aussi des militants sur ce terrain. Ils viennent nous aider à être au monde ensemble aujourd’hui et demain. Les œuvres comme Ice Watch sont explicitement là pour cela. 

Ice Watch, réalisé par Olafur Eliasson en collaboration avec le géologue Minik Rosing. Décembre 2015 pendant la COP 21 à Paris.
Ice Watch, réalisé par Olafur Eliasson en collaboration avec le géologue Minik Rosing. Décembre 2015 pendant la COP 21 à Paris.

Une évidence à mes yeux : pour être ensemble dans l’action face aux menaces terribles qui montent, il lançait là une alliance Sciences, Technologies, Design, Arts. 

D’abord, être ensemble par le mouvement des corps

J’ai visité l’exposition récente de Olafur Eliasson, « In real life » à la Tate Modern de Londres. Titre très clair…

Deux aspects m’ont particulièrement ému. 

COVID note: Il faut alors rêver de notre prochain "être ensemble" dans une exposition d’Olafur...

 « Your uncertain shadow » à la Tate Modern de Londres   dans l’exposition « In real life » 2019-2020
« Your uncertain shadow » à la Tate Modern de Londres dans l’exposition « In real life » 2019-2020

Si on vous offre une visite privée, pour vous tout seul, refusez tout net. Voir une exposition de Olafur Eliasson seul n’a pas de sens. Elle n’existe pas sans un public nombreux. 

« How do we live together ? ».
« How do we live together ? ».

Dans ce « How do we live together ? », “Comment vivons nous ensemble ?”, il y a simplement un grand miroir au plafond. Résultat garanti : les visiteurs couchés par terre, ou dansant, se regardant, jouant ensemble, rendent cette œuvre vivante à chaque instant dans des rencontres inattendues. Toutes les postures sont possibles. Si simple. 

COVID note: Souvenirs et soupirs... C’est clair, il est aujourd’hui un peu compliqué d’écrire en plein confinement « être ensemble par le mouvement des corps », et de décrire les gens debout ensemble , assis ou couchés dans « How do we live together ? ».  Mais revenir sur ce texte pour le publier aujourd’hui sur Echosciences interroge ce « être ensemble par le mouvement des corps »Ainsi le travail de la designer Claire Eliot avec Soft Mirror vient précisément là. Comment je fais un signe de la main avec Soft Mirror de confiné à confiné distants, comment les mouvements de mon corps deviennent-ils au loin un témoignage de ma présence, un signe de ma connivence muette voire de « ma simple présence pour toi », présence transportée hors de toute parole ? Soft Mirror, une oeuvre d’art post-COVID ?

Le designer documente son exposition dans l’exposition

Finalement une immense frise montre la documentation détaillée de l’exposition « In real life » . Des dizaines de mètres carrés de textes, de notes manuscrites, de références, de photos du monde entier. Montrer ainsi la fabrication de l’exposition est une technique chère aux designers qui documentent tout. Et ils ont bien raison, parole de prof et de chercheur... On retrouve donc cette passion de la documentation bien sûr dans les écoles de Design mais aussi chez d’autres artistes-designers militants comme par exemple Tomas Saraceno. Son exposition "On Air" au Palais de Tokyo 2019 se terminait aussi par une grande frise. Magnifique. Et bien sûr un même discours militant. Il est d’ailleurs bien cité par Olafur Eliasson dans « In Real Life ». Les mêmes causes...

I am conscious of the world by means of my Body
"I am conscious of the world by means by my Body » - Extrait de la frise finale dans « In real life » 

Ensuite, « Nous devons faire confiance à la science. »

Olafur Eliasson a déclaré quand il a été nommé Ambassadeur de bonne volonté pour l'action climat et les Objectifs de développement durable par les Nations Unies en septembre 2019: 

 La vie sur terre repose sur la coexistence entre les personnes, les animaux non humains, les écosystèmes et l'environnement. La coexistence est source de beauté, mais aussi de chaos et de difficultés. En réalité, nous sommes tous sur le même bateau. C'est pourquoi, nous devons prendre au sérieux l'urgence climatique. Pour y faire face, nous -individus, institutions, entreprises et gouvernements- devons faire confiance à la science et mettre en commun nos connaissances, notre créativité et notre énergie. 

Je lis « …devons faire confiance à la science… » et je vois les références explicites aux travaux scientifiques dans cette exposition et dans la frise. C’est ma seconde émotion. Comme scientifique, je me sens doublement accueilli dans les expositions de ces artistes-designers. Leur prise en compte des résultats scientifiques est explicite et sérieuse. Elle montre d’ailleurs une confiance qui nous oblige.  Mais aussi, ils invitent les scientifiques à rentrer dans la danse avec tous, à participer pleinement à ce rassemblement de l’humanité pour lequel ils militent, et peut être à sortir du dilemme que souligne Naomi Oreskes, historienne des sciences à l’université Harvard: 

Les scientifiques associent souvent la rationalité avec l’absence d’émotion, et nous avons une tradition culturelle d’opposer les émotions à la raison. Donc, quand ils prennent connaissance d’un résultat qui déclenche une réponse émotionnelle, cela les rend mal à l’aise. C’est quelque chose que nous avons vu et documenté.

#ConnectedByTheSun: avec Little Sun Lamp, chacun s’augmente de sa petite « photosynthèse artificielle » 


Dessin issu du site Little Sun Lamp : https://littlesun.com/about/
Dessin issu du site Little Sun Lamp : https://littlesun.com/about/

Un milliard de personnes sur terre n’utilisent pas d’interrupteurs. Pas d’électricité, pas d’interrupteur. Pas de lumière artificielle non plus alors que c’est souvent le soir que l’on étudie. Alors on s’éclaire en brûlant des dérivées du pétrole. Cher, polluant, mauvais pour la santé. 

Little Sun Lamp vient éclairer proprement toutes les nuits studieuses. Sans aucun plein de carburant. Sans relâche. Ce n’est qu’un morceau de panneau solaire, une petite LED blanche, une batterie rechargeable, un bout d’électronique assez sommaire et un interrupteur. Le tout est inséré dans un boitier plastique. Cette lampe représente une jolie fleur jaune qu’on peut rapidement produire avec une imprimante 3D. Techniquement, rien de difficile, d’original ou de nouveau. On trouve l’équivalent ailleurs en fait. Et franchement, c’est du niveau de projets d’étudiants comme j’en encadre à Grenoble. 

Photo de Little Sun Lamp Vladimir Hermant @CRI Paris
Photo de Little Sun Lamp Vladimir Hermant @CRI Paris

Et c’est là que Little Sun Lamp est génial. Aujourd’hui une communauté de plus d’un million de personnes s’éclaire la nuit avec la lumière du soleil récoltée le jour. Le réseau Little Sun Lamp n’est pas celui, seulement matériel et déshumanisé, de la distribution électrique centralisée mais une communauté humaine horizontale et internationale symbolisée par le hashtag #ConnectedByTheSun. Symbole à nouveau de cette alliance Sciences&Design au XXIème siécle. La force du projet est on ne peut mieux décrite par Jacques Attali dans son Histoire de la Modernité. Il écrit à propos de Little Sun Lamp: 

 Une œuvre d’art sera un acte, un objet, une situation, une création donnant envie d’être altruiste et d’apprécier l’altruisme. 

Et donc encore merci à Olafur Eliasson

Merci à Olafur Eliasson de venir m'inspirer dans la création de nouveaux enseignements ancrés dans une très large interdisciplinarité. 

 Il s’agit  bien de savoir comment accompagner les étudiants, futurs acteurs d'un monde qui vient bien trop vite, face à ses changements de grandes ampleurs (réchauffement climatique, effondrement de la biodiversité...), avec la création de nouveaux enseignements ancrés dans une très large interdisciplinarité. Cet enseignement est expérimenté à l’UGA avec l’école d’art et de design, l'ESAD et l’école d’architecture, l’ENSAG, et accueilli dans le FabLab du CCSTI La Casemate depuis quelques années. Il est à l’image d’autres, équivalents et heureusement toujours plus nombreux dans différentes universités. Partout ces enseignements cherchent à rassembler des étudiants et des enseignants  en sciences, en humanités, en technologie, en design et en arts qui se mobilisent autour des objectifs du développement durable.