Les momies se refont une santé avec ARC-Nucléart

Publié par Marc Jary, le 30 mars 2015   2.3k

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Une première à ARC-Nucléart ! Quatre momies féminines de 2 600 et 3 000 ans, provenant du musée de Roanne ont subit un traitement aux rayons gamma pour en éliminer les insectes.

Roanne. On pense de suite à la Maison Trois Gros, trois étoiles au Guide Michelin depuis 1968, entrée dans l'histoire de la gastronomie française. On est loin de la restauration de quatre momies féminines venues à ARC-Nucléart en novembre 2014 pour une séance de traitement au rayon gamma. Elles s’appellent Nesykhonsou, Tjsieselpperet, Nesyamon. Sensiblement du même âge, 3000 ans environ, et une quatrième, sans nom, un brin plus jeune : 2600 ans.

Hormis le musée des Beaux-Arts de Lyon, seul celui de Roanne possède en région Rhône-Alpes une collection égyptienne d’une telle importance. 442 œuvres, 4 momies humaines, une dizaine de momies animales et cinq sarcophages. La plus célèbre des momies est celle de Nesyamon. C'est Joseph Déchelette, archéologue et conservateur du musée de Roanne de 1892 à 1914, qui lui-même l'a ramenée d'Egypte en 1893 avec son sarcophage peint et un ensemble d’objets : résille, sandales, chevet.

Sarcophage de Nesyamon

Cette collection fut présentée au public roannais sans interruption de 1893 à 2000 puis mise en réserve. Mais en 2012, un envol d’insectes est observé dans la vitrine principale. Les collections d’Egypte sont immédiatement fermées au public. Une campagne d’analyse menée par ARC-Nucléart identifie une attaque d’insectes kératophages, xylophages et polyphages.

Momies habitées par des insectes

Pour sauvegarder la collection, quatre étapes sont nécessaires : mettre un arrêt définitif à l’infestation, nettoyer, consolider et reprendre des conditions de conservation optimales. « Le 16 octobre, les œuvres ont été confiées à ARC -Nucléart pour une irradiation au rayonnement gamma pour désinctésitation, précise Laurent Cortella, physicien en charge des opérations. Les quatre momies et leurs sarcophages en bois polychromé – eux aussi habités par des insectes – ont été directement traités dans neuf caisses distinctes. Pour chaque caisse, l’opération a duré six heures dans la cellule d’irradiation. Deux caisses étaient placées de part et d’autre du panneau supportant les sources radioactives et retournées à mi irradiation afin d’homogénéiser la dose dans l’ensemble du volume. D’autres caisses plus petites, contenant des momies de petits animaux et d’autres petits objets en bois ou en cartonnage ont été irradiées un peu moins longtemps. ».

Camille Perez, conservateur du musée Déchelette de Roanne et Laurent Cortella examinant un sarcophage à l’issu du traitement

Au final, ce sont près de 40 pièces du musée qui ont été reçues par ARC-Nucléart, soit un volume d’environ 10 m3. Dès le retour à Roanne, la phase de restauration a débuté : dépoussiérage, refixage et nettoyage. Pour être représentée au public en 2015.

>> Crédits : Stéfan (Flickr, licence cc), Musée Roanne et ARC-Nucléart