Les musées grenoblois vous invitent à la découverte !

Publié par Guillaume Froment, le 1 juin 2022   1k

Revivez les événements du week-end "Les musées en fête".

C'est lors du week-end du 14 et 15 mai que je suis parti en vadrouille dans Grenoble à l’occasion de l'événement “Les musées en fête”. Pour cette occasion tous les musées de l'isérois proposaient de nombreuses activités et même des visites la nuit. Je vous propose donc de me suivre dans mes aventures.
Je suis d’abord allé à l’inauguration de l’espace “Minute Papillon !” au Jardin des Plantes Joséphine Baker, puis au musée dauphinois pour la visite thématique “Un pharaon face à la science”.

Pour réécouter l'émission "Les musées grenoblois vous invitent à la découverte !" diffusée le 18 mai 2022 sur les ondes de RCF Isère, c'est juste ici ⬇

Une émission réalisée par Guillaume Froment, étudiant du master CCST de l'UGA et présentée par Nicolas Boutry.

L’inauguration de l’espace “Minute Papillon !” au Jardin des Plantes Joséphine Baker.

Espace Minute-Papillon au sein du Jardin des Plantes Joséphine Baker

C'est tout d'abord, Gilles Namur, adjoint au maire de Grenoble chargé des espaces publics, qui m'a expliqué le concept de l'espace Minute-Papillon : un espace ludique et pédagogique afin de faire découvrir aux visiteurs du Jardin Botanique, la vie des papillons. Vous retrouverez dans cet espace les plantes préférées des papillons : les plantes hôtes. Les plantes hôtes sont des plantes connu depuis des millénaires par les papillons comme des sources de nourriture, mais également un endroit où pondre ces œufs. On peut y retrouver de la sauge, du persil, de l'aneth… De quoi régaler les papillons et les humains. Et c'est tout autour de ces plantes que vous pourrez retrouver de nombreux panneaux pédagogiques afin d'en apprendre plus sur les papillons de nos régions.

Christine Simoens, chargée de la biodiversité à la ville de Grenoble au service Nature, m'explique également que ces fameuses plantes hôtes poussent naturellement un peu partout dans Grenoble, que cela soit à la Bastille, ou plus curieusement, au cimetière Saint-Roch dans le quartier de l'Île Verte. On retrouve donc une grosse concentration de papillons à ces endroits contrairement aux espaces plus fréquentés. En effet, les belles fleurs présentes en ville ont beau ravir nos yeux, elles ne conviennent pas à nos papillons.

La ville de Grenoble possède toutes ces informations grâce au protocole "Propage" qui vise à observer la présence de papillon. Christophe Huan, technicien du service Nature en ville, a pu contribué à ce protocole par le passé. Il m'a même expliqué l'intérêt de recenser ces papillons comme l'Azuré de Lang par exemple. Ce papillon vivait jusque récemment dans le sud de la France et venait plus au Nord à Grenoble pour pondre ces œufs. Or, les températures augmentant en raison du réchauffement climatique, l'Azuré de Lang n'a plus besoin de migrer et peu rester désormais toute l'année dans nos régions.

Si vous désirez en apprendre plus sur les papillons, je vous conseille donc les futures animations pour les familles, les scolaires, les MJC qui auront lieu pendant tout le mois de juin, juillet, août, septembre et jusqu'en octobre. Il faudra pour cela réserver et prendre une clé au Muséum ainsi qu'un petit sac à dos, un petit kit. Vous pourrez alors venir travailler soit tout seul, soit avec un animateur. Sinon, le Jardin Botanique Joséphine Baker est accessible tous les jours de 9 h à 12 h et de 13 h 30 à 17 h 30.

La visite thématique “Un pharaon face à la science” au musée dauphinois.

C'est, dimanche 15 mai, au musée dauphinois que Laurent Cortella, ingénieur en physique nucléaire et responsable des installations à ARC-Nucléart , nous a accueilli. Nous nous sommes ensuite dirigées vers un couloir du premier étage où des affiches illustrant l'histoire d'ARC-Nucléart étaient exposées. Un cadre idéal pour que Laurent Cortella nous déroule les événements marquant de cet atelier de recherche et de conservation rayonnant à l'international.

C'est en 1970 que le Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) engage le programme "Nucléart" en vue d'appliquer, dans le domaine de la conservation du patrimoine culturel, certaines des propriétés spécifiques du rayonnement gamma. Mais avant de développer sur les méthodes de conservation utilisées à ARC-Nucléart, expliquons brièvement à quoi ça correspond des rayons gamma.

Spectre électromagnétique de la lumière

Les rayons gamma sont très similaires aux rayons de la lumière visible qui nous permet d'admirer notre patrimoine par exemple. En effet, la lumière visible est caractérisée par sa longueur d'onde, entre 400 et 750 nanomètres. Au-dessus de ces 750 nanomètres, l'œil humain n'est plus capable de traduire cette lumière en image. Ce sont ces longueurs d'onde qui sont utilisées pour détecter des objets dans la nuit produisant de la chaleur (les infra-rouges), pour réchauffer nos plats (les micro-ondes) ou alors pour écouter RCF Isère à la fréquence 103.7 (les ondes radios). En dessous de 400 nanomètres, cette lumière devient également invisible à l'œil humain. Les ultra-violets entrainants des coups de soleil en font partie. En effet, plus cette lumière sera de faible énergie plus elle sera énergétique. Les rayons gamma (rayons γ) correspondent à la lumière possédant la plus haute énergie (un million de fois plus que la lumière visible). Le CEA a donc trouvé plusieurs applications à cette lumière à haute énergie.

Piscine contenant les sources de rayon gamma

La première méthode de conservation ayant été développée par ARC-Nucléart consiste à se servir des rayons gamma pour accélérer des processus de polymérisation. C'est ainsi que des objets du patrimoine sont imprégnés de résine puis irradiés au rayon gamma afin de faire durcir la résine et consolider l'objet. Cette technique unique au monde porte le nom de l'atelier de recherche : c'est la méthode Nucléart.

La manipulation de source de rayon gamma ne se fait pas n'importe comment. Ces sources sont déplacées d'une piscine (empêchant la propagation des rayons gamma) à une chambre possédant des murs d'1m50 d'épaisseur. En effet, les rayons gamma sont hautement dangereux pour les organismes vivant en raison de leur haute énergie.

ARC-Nucléart a décidé d'utiliser cette énergie en développant une méthode de destruction des organismes vivants nuisibles par irradiation à dose appropriée. En effet, les objets du patrimoine sont souvent menacés par les organismes vivants responsables de la biodégradation, les ravageurs. Il y en existe 2 sortes, ce sont les insectes et les champignons. C'est cette même technique qui a été utilisée sur la fameuse momie de Ramsès II, un des plus pharaons égyptiens. Le procédé de momification utilisé par les Égyptiens consiste à éviter tout risque de biodégradation du corps du défunt en retirant les viscères, en retirant l'eau du corps grâce à du sel essentiel au développement des champignons. Une fois un maximum d'eau retiré, la momie est placée dans un lieu sec, son tombeau. Or, lorsque la momie a été découverte, elle s'est retrouvée dans des conditions propices au développement de champignons.

Momie de Ramsès II

C'est donc à l'initiative de Christiane Desroche-Noblecourt, alors conservateur en chef du département des antiquités égyptiennes au musée du Louvre, qu'est né le projet d'intervention sur la momie de Ramsès II. Après une phase de diagnostic, il est apparu indispensable de traiter la momie pour éradiquer insectes et espèces fongiques, responsables de la dégradation en cours. Après de nombreux tests d'irradiation d'échantillon de momie fait à Grenoble afin de s'assurer de l'inoffensivité de cette technique sur les restes de la momie, la momie fût irradiée, au centre CEA de Saclay le 10 mai 1977.

Vous pourrez retrouver les affiches résumant les 50 ans d’ARC-Nucléart dans un couloir du premier étage du Musée Dauphinois.

Les musées gardent leurs portes ouvertes malgré la fin de l'événement alors n’hésitez pas à vous y rendre.

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Un article rédigé par Guillaume Froment, stagiaire en communication scientifique chez RCF Isère.