Les plantes de haute montagne portées à l’écran

Publié par Angélique Carrara, le 13 novembre 2017   140

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Partons ensemble à la découverte du documentaire « Sur les îles du ciel » et de son réalisateur Olivier Alexandre. Une immersion totale en compagnie de deux chercheurs en quête de fleurs sur les plus hauts sommets du massif des écrins, proposé en accompagnement d’une exposition au Muséum d’Histoire naturelle de Grenoble jusqu’au 26 Août 2018.



Saviez-vous que, pour survivre, les plantes adoptent des stratégies particulières en altitude comme une formation en coussin ? Face aux conditions extrêmes, les fleurs s’adaptent et les scientifiques sont encore fascinés par cette capacité de survie et ont encore beaucoup à découvrir… C’est cette quête que retrace le documentaire, avec deux alpinistes naturalistes au cœur des sommets du massif des Écrins. Nous découvrons de nombreuses plantes souvent méconnues, telle que la saxifrage à feuilles opposées présente à 4070 mètres d'altitude.  

Leur objectif ? Montrer l’importance de l’exploration dans les recherches scientifiques et rappeler le perpétuel mouvement des connaissances scientifiques.  

Un sujet aux allures abruptes, et pourtant… Ce documentaire n’a pas pour objectif principal de transmettre des propos scientifiques, mais d’immerger le spectateur et le plonger dans la beauté des hautes montagnes et de la vie florale à travers la quête de nos deux spécialistes.

Le challenge de la réalisation

Pour notre réalisateur Olivier Alexandre, la création de ce documentaire a été un réel défi. Habitué à des petits formats, le film, lui, requiert un travail beaucoup plus soutenu sur le contenu. « Je voulais faire un film sur les montagnes, mais surtout quelque chose de complet et pas de vide. C’est pour ça que la durée représentait une difficulté pour moi ». Olivier prend donc 2 ans et demi pour remplir ses objectifs et nous livrer un documentaire fabuleux. Malgré le premier challenge de la durée, notre réalisateur ne s’arrête pas là. Il décide également de filmer les deux scientifiques en excursion sur des pans de montagnes aux allures si hostiles. De quoi donner des frissons aux spectateurs !

Focus sur le tournage : une escalade à embûches

Tourner un film à 3500 mètres d’altitude à des températures extrêmement basses n’est pas de tout repos. C’est pourquoi le tournage n’a eu lieu que lorsque les conditions météorologiques le permettaient. De plus, il faut s’assurer que la saison corresponde à la période de floraison des plantes que les scientifiques souhaitent observer. L’été a donc été, bien entendu, la saison de prédilection pour les tournages.
Outre ces obstacles, Olivier souhaite montrer une progression, même si cela doit requérir beaucoup plus de temps. Ces contraintes de réalisation obligent notre réalisateur à tourner durant 2 ans, soit 80% du temps de réalisation. Malgré ces embûches, notre équipe vit une incroyable expérience en haut des montagnes. Elle n’en retient pas un unique moment fort, mais bien tout un voyage incroyable se faisant sur la durée.  « Dans une expédition en montagne, il n’y a pas de moment marquant, puisque chaque moment est fort ». 

Ce documentaire s’inscrit dans des recherches anciennes, mais apporte un point de vue rajeuni sur le sujet. « Aujourd’hui en science il n’y a pas d’instant crucial, c’est sur le long terme ». Cette phrase d’Olivier nous amène à nous demander si la science vivra de nouveau une révolution, comme l’humanité a connu à l’époque de Galilée, Einstein ou encore Darwin ?